Avis client

voyou
Actif depuis le 27 octobre 2012
Dernier avis le 14 novembre 2016
176 avis rédigés
4/5 évaluation moyenne
323 notes utiles

Petit pays
Petit pays Bien
Note générale
Bien
un roman sincère Gabriel, Gaby, vit son enfance au Burundi, entouré de son père français, de sa mère rwandaise et de sa soeur Ana. Le roman débute par l'insouciance de l'enfance dans un pays décrit comme un paradis de la nature. Gaby y fait les 400 coups avec sa bande d'amis. Très vite, la situation se dégrade, d'abord à l'intérieur de la famille avec la séparation des parents puis les coups d'Etat, les guerres et les massacres se succèdent. Le roman est très bien écrit. Le lecteur passe de la poésie délicate de la description de l'enfance au ton plus sombre et plus grave des horreurs de la guerre. Le livre reste à hauteur d'enfant ce qui en fait sa force. On ressent la nostalgie d'un monde disparu dans la haine ethnique, l'engrenage de la vengeance et les guerres sans fin. Un beau roman
Note générale
Super !
une magnifique fresque foisonnante Annie Oh, plasticienne, va bientôt se marier avec la galeriste qui a lancé sa carrière, Viveca. La noce doit se dérouler là où Annie a vécu avec Orion, son ex-mari et ses trois enfants. Le lecteur va suivre les pensées d'Annie, d'Orion, des trois enfants ainsi que d'autres personnages dont je vous laisse découvrir l'existence. C'est une fresque familiale ample et foisonnante qui brasse de nombreux thèmes comme le couple, l'amour, le mariage gay, le racisme, les blessures de l'enfance... Le roman évoque l'Amérique d'aujourd'hui ; il est ancré dans son époque. Bref, un roman américain comme je les aime qui nous emporte jusqu'au bout de ses 900 pages.
Note générale
Moyen
Tout quitter. Une femme de 40 ans a l'existence heureuse en apparence, décide soudainement de partir, de quitter sa famille (mari, enfants, soeurs...) et se retrouve dans une autre ville, dans une autre vie, avec rien d'autre que ses vêtements de plage et 500 dollars. Le point positif de ce roman est son style très fluide, très agréable, malgré la lenteur du déroulement de l'histoire. Le roman est aussi une belle réflexion sur le désir de fuite, le mal-être, sur la place que l'on occupe face aux autres. Les personnages ne sont pas fait d'un bloc, ils sont nuancés, ils évoluent au fil de l'histoire. Mais la conclusion m'a ennuyé, voire déconcerté par rapport au reste du roman : le bonheur ne serait-il possible qu'au sein de sa famille d'origine ? Je n'ai absolument pas adhéré au retournement final. Un agréable moment de lecture tout de même.
Note générale
Déçu
un livre un peu trop optimiste Alex, jeune femme au look androgyne, s'est installée, le temps de son CDD chez Marlène et Bernard, couple de beaufs. Là, vit aussi le frère de Bernard, Gérard, très lourdement handicapé. Et puis, il y a aussi Cédric qui fait le désespoir de son père et le Mérou dont le seul hobby est de jeter des canettes de bière dans un canal. Au fur et à mesure des rencontres, l'horizon des personnages s'élargit et chacun va trouver sa place et un avenir. Si les personnages sont tous attachants et le propos généreux, le style oral ne m'a pas emballé. Du coup, j'ai trouvé que l'auteur faisait "vibrer la corde sensible avec de trop gros sabots" , particulièrement à la fin du roman. Reste un livre optimiste, un peu doudou, vite lu.
Note générale
Super !
un roman plein d'empathie et de tendresse Tout commence par une rencontre improbable entre Aurore, parisienne chic, femme d'affaire, mariée à un américain à qui tout réussit et Ludovic, carrure de rugbyman, ancien agriculteur reconverti en tant qu'agent de recouvrement de dettes. A partir de cette intrigue en apparence banale, tout l'art de l'auteur est de séduire le lecteur. Le style de Joncour fait des merveilles : les chapitres sont courts, alternant les deux personnages, les phrases longues, mélodiques nous émeuvent. Plus le lecteur avance dans sa lecture, plus il a envie de dévorer ce roman. C'est aussi un livre plongé dans le monde contemporain décrivant les difficultés financières des "petits" ou les travers du monde des affaires. Et comme certains grand romans, celui-ci nous pousse à nous interroger sur notre monde et à se poser des questions sur nos propres vies.
Note générale
Super !
Une belle histoire d'amants Les vaisseaux du coeur est le roman des amants. Il conte une passion sexuelle et amoureuse sur 40 ans entretenue par quelques séjours ensemble, des souvenirs et le plaisir des retrouvailles. Ces deux amants sont à l'opposé, l'un marin breton, l'autre une intellectuelle parisienne. Pourtant ce que les lie ; le désir, le sexe et finalement un sentiment profond d'amour. Le roman est parfois cru, subtilement érotique, jamais vulgaire car toujours sincère. C'est aussi une réflexion sur le désir féminin, l'émancipation et la liberté de la femme.
Note générale
Bien
le manque d'une mère Alexandre prend la route, appelé par sa mère gravement malade qu'il n'a jamais connue. Pendant le trajet, il invente un passé à cette mère et se souvient de son enfance marquée par le manque. Que de rage, voire de haine pour cette mère absente. Quelle douleur ressentie par le manque d'amour maternel. Un livre comme un cri, dans un style sec. Un roman dur et parfois déchirant
Note générale
Bien
un joli moment de lecture Un gendarme, malmené par la vie, rencontre une agricultrice au coeur cabossé. Agnès Ledig signe un roman plein d'humanité et de tendresse. les personnages sont très attachants et j'apprécie que l'auteur ne tombe pas dans la sur-enchère du sentimentalisme et de la mièvrerie. Le style est vif, agréable à lire. l'auteur alterne les moments cocasses aux moments tragiques et émouvants. La fin est belle et pertinente malgré la fatalité. Un très joli roman pour les lecteurs un peu fleur bleue comme je peux l'être parfois.
Note générale
Moyen
petite déception J'avais beaucoup aimé le précédent roman de Karen Viggers "la mémoire des embruns", mais je dois avouer que ce nouveau roman ne m'a guère emballé. Après un drame familial, Lex, journaliste radio à Sydney, trouve refuge dans une maison au bord de l'océan, dans un coin perdu de l'Australie. Il noie son chagrin dans l'alcool et dans l'observation de la nature et plus particulièrement celle des baleines. Il croise sur son chemin Callista, artiste peintre marginale, et des relations pour le moins houleuses vont se nouer entre ces deux là. Le meilleur du roman se trouve dans la description de la nature sauvage où Lex vient se régénérer, mais la trame ne s'élève jamais au-dessus du niveau d'une bluette. Je ne me suis jamais attaché aux personnages, même si la lecture est plutôt plaisante. Une déception.
Note générale
Super !
bouleversant, troublant, traumatisant A 12 ans, David, le narrateur, a été violé par un inconnu. Celui-ci a pointé une arme sur lui et l'a obligé à s'asseoir dans le véhicule à côté du conducteur, la place du mort. Dans un récit chaotique, mêlant les trois heures d'horreur d'un enlèvement et d'un viol et l'évocation de nombreux épisodes de la vie de David, l'auteur livre un récit troublant et traumatisant, dans un style précis et distant. Le narrateur ne se décrit pas comme une victime, mot qu'il refuse, il dessine un parcourt où il passe du traumatisme à la vie. Un mensonge acceptable lui permet de cacher sa honte et de construire sa vie ; une vie construite à l'inverse de ces trois heures vécues. Un récit fort et perturbant.
Note générale
Moyen
poursuite de la visite d'un monument de la littérature Je poursuis mon exploration d'"A la recherche du temps perdu" avec ce troisième volumineux tome. Le narrateur, désormais jeune homme, déménage avec ses parents à côté de la résidence de la Duchesse de Guermantes. D'abord attiré par la Duchesse, autant par l'aura de son nom que par celui de sa personne, le narrateur, en étant convié chez elle, se trouve désillusionner, l'image idéalisée ne correspondant pas avec ce qu'il découvre. Certes les deux dîners, l'un chez Madame de Villeparisis et l'autre chez Guermantes, traînent en longueur (ces deux passages font tout de même 200 pages chacun). Proust photographie l'instant, le dilate, le dissèque à l'infini, affine toujours l'analyse. Et le lecteur, en étant patient, découvre toujours des pages remarquables sur le sentiments amoureux, l'amitié, l'hypocrisie, le snobisme... Et puis deux scènes admirables : la mort de la grand mère et les vingt dernières pages de ce tome.
Note générale
Super !
Exigeant mais époustouflant Voici un très grand roman presque impossible à résumer. Adria Ardevol est le narrateur du livre. Il livre une confession à son amour disparu. Le lecteur va suivre l'histoire de cet homme enchevêtrée à celle de sa famille mais aussi à celle de l'Inquisition, à celle du XVII siècle ou à celle de l'Allemagne Nazie... Adria, jeune garçon brillant de Barcelone, doit supporter les exigences familiales ainsi que de lourds secrets (par exemple, l'importance dans la narration d'un violon d'exception acheté par le père d'Adria). Ce roman a une construction extraordinaire : la narration peut passer de la première personne du singulier à la troisième personne, on virevolte, parfois dans une même phrase, de la Barcelone des années 50 au XVII siècle. Et pourtant, rien n'est gratuit, rien n'est laissé au hasard. C'est pourquoi, le lecteur s'accroche, il est chahuté, souvent bouleversé. De plus, les thèmes abordés sont légions mêlant philosophie et éthique ; on y trouve l'amour, l'amitié la trahison l'appât du gain, l'art et la connaissance... et surtout ce qui est, à mon sens le thème central, celui du Mal qui s'infiltre, se propage partout (par exemple l'idéologie nazie est mise en parallèle avec la période de l'Inquisition) . Bref un roman certes difficile mais brillant, émouvant et intelligent ; un roman que l'on ne regrette pas d'avoir lu.
Féroces
Féroces Super !
Note générale
Super !
Effroi et douleur Difficile de commenter un tel livre ; mettre des étoiles semble futile. Difficile également de découvrir et de partager cette souffrances-là. Une telle sincérité ne peut être qu'un cri de survie. Tout le long du récit, désordonné, chaotique, le malaise est présent ; présent dans cette tendresse refusée, dans ces bouteilles de bourbon vidées, dans cette lame de rasoir au fond de la poche. Et puis, à la fin du récit, tout est dit ; on touche le fond de l'abomination. C'est effrayant ; ça vous arrache le coeur. Nausée et colère. Horreur et chagrin. Un très grand livre.
Note générale
Bien
un livre qui se lit d'une traite Milo, 12 ans, est dans le coma suite à une chute de vélo, sur une route de campagne, où il était accompagné par sa tante Marguerite. Le roman est choral et est composé en 5 parties qui va de la colère au pardon. Le lecteur suit les pensées de quatre personnages : Céleste et Lino, les parents, Jeanne la grand-mère, et la tante Marguerite. Le livre se lit d'une traite, emporté par des personnages très bien caractérisés et nuancés. Il y a de belles pages d'introspection ; c'est souvent émouvant. Mais, il y a un hic : la fin du roman. Un cumul de révélations un "poil" indigeste et le côté "tout est pardonné" ; or, pour moi, certaines fautes ne sont pas pardonnables. En tous les cas un très agréable moment de lecture.
Note générale
Moyen
Un sentiment mitigé Le roman nous fait découvrir Reno, jeune femme aimant la vitesse et la moto, aspirant à devenir artiste, dans le New York des années 70 et l'Italie des "années de plomb". Le gros point négatif du roman est tout d'abord ces longues conversations dans le milieu artistique de NY et également ces digressions multiples qui sont comme un coup d'arrêt à la lecture. Dommage car dans ces meilleurs moments (la course de moto sur la Grand Lac Salé, la coupure d'électricité à NY ou la description d'une manifestation en Italie), le roman décolle vraiment. De plus, ces scènes sont soutenues par une belle qualité d'écriture et une grande originalité dans la construction narrative. D'où un sentiment mitigé.
Note générale
Bien
Les tourments de l'amour Félix Quinn, libraire de livres anciens, est marié à Marisa dont il est follement épris. Mais Félix n'a qu'une crainte : la perdre. Il va alors orchestrer une liaison adultérine entre Marisa et un dandy, Marius. Félix, masochiste dans l'âme, va prendre du plaisir à sa souffrance en essayant d'être le témoin de toutes les étapes de la relation amoureuse entre Marisa et Marius. Voici un "sacré" roman sur les affres de l'amour, la crainte de la perte et le plaisir que procure les tourments de l'amour. Jamais graveleux, mais au contraire dans un style très soutenu, l'auteur nous ouvre les portes de l'esprit d'un masochiste (mais qui pourrait être chacun d'entre nous, en tout cas sur certains points). C'est intrigant, dérangeant, très sombre en définitive et toujours très intelligent et finement observé.
Note générale
Bien
Beaucoup de plaisir dans cette avenue John Irving est de retour avec, de nouveau, le plaisir de retrouver tous les thèmes de l'auteur (sexe, religion, mort..) dans un récit totalement débridé. Comme dans ses autres romans, les personnages sont hors-normes, les événements sont invraisemblables mais le lecteur s'en fiche et avale les 500 pages de ce roman touffu en passant du loufoque au tragique, de l'enchantement à une douce mélancolie. Il faut ajouter que l'auteur maîtrise sa narration de bout en bout dans ce roman composé de souvenirs, de semi-hallucinations, de présent et de passé. John Irving est un conteur hors-pair.
Note générale
Moyen
évocation d'une vie de femme Jessica, étudiante en anthropologie, se retrouve enceinte de son amant, un homme marié. Rapidement, il s'avère que l'enfant est maladroite dans ses gestes et qu"elle souffre d'un retard mental. Et si Jessica renonce alors à une vie de voyage pour se consacrer à sa fille, elle ne renonce pas à sa vie de femme et à son émancipation. L'auteur décrit le Londres des années 60/70 dans lequel évoluent Jessica et ses ami(e)s. Ce roman est un morceau de vie, sans début, ni fin, avec de nombreuses digressions plus ou moins intéressantes, soutenues par un style toujours vif et une écriture fine et émouvante.
Nous
Nous Moyen
Note générale
Moyen
entre ironie et gravité Le jour où Connie annonce à son mari Douglas qu'elle croit vouloir le quitter après que leur fils, Albie, 17 ans, soit parti pour l'université, Douglas va tout tenter pour sauver son couple en organisant un "grand tour" des villes européennes et de leurs musées. Rien ne se passera comme prévu. Douglas est le narrateur du roman, il est rabat-joie, maladroit, assez pontifiant mais use de l'auto-dérision dans son récit ce qui le rend touchant. A l'opposée, sa femme est artiste, vive, solaire et leur fils est en révolte contre son père. La lecture est plaisante et le style navigue entre l'ironie et la gravité.
Charlotte
Charlotte Super !
Note générale
Super !
Une oeuvre forte L'auteur nous fait découvrir Charlotte Salomon, peintre dont la famille est hantée par les suicides, et qui fut dénoncée, arrêtée et déportée à 26 ans alors qu'elle était enceinte. Par sa prose, ses phrases courtes et en allant à la ligne à chaque point, l'auteur nous livre un récit pudique et délicat. L'évocation de ce destin tragique est traitée sans pathos. L'émotion n'en est que plus forte. J'ai également apprécié que David Foenkinos nous raconte la maturation du texte, ses doutes et son empathie pour Charlotte. Il nous fait partager les étapes de la création de son livre et le tourbillon cruel dans lequel Charlotte a été emportée.