Léon de Mattis (Auteur) Paru en février 2007 Essai (broché) en français

Mort à la démocratie

Mort à la démocratie - 1
Résumé
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L'AUTEUR, AUTREFOIS CANDIDAT D'UN GRAND PARTI À UNE ÉLECTION, AURA TIRÉ DE CETTE EXPÉRIENCE LES LEÇONS QUI S'IMPOSENT : IL NE PRENDRA PLUS JAMAIS PART À AUCUN SCRUTIN, DE QUELQUE NATURE QU'IL SOIT.
DANS CE BREF ESSAI, IL NOUS EXPLIQUE POURQUOI.

«Mort à la démocratie» : ce slogan, tagué sur les murs de l'École des hautes études en sciences sociales de Paris (EHESSI durant le mouvement contre le CPE. a été pris par la majorité des médias comme la preuve de la folie irresponsable de ceux qui occupaient les lieux. C'était...
Caractéristiques
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Date de parution

février 2007

Editeur

L'Altiplano

Nombre de pages

128

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Résumé

L'AUTEUR, AUTREFOIS CANDIDAT D'UN GRAND PARTI À UNE ÉLECTION, AURA TIRÉ DE CETTE EXPÉRIENCE LES LEÇONS QUI S'IMPOSENT : IL NE PRENDRA PLUS JAMAIS PART À AUCUN SCRUTIN, DE QUELQUE NATURE QU'IL SOIT.
DANS CE BREF ESSAI, IL NOUS EXPLIQUE POURQUOI.

«Mort à la démocratie» : ce slogan, tagué sur les murs de l'École des hautes études en sciences sociales de Paris (EHESSI durant le mouvement contre le CPE. a été pris par la majorité des médias comme la preuve de la folie irresponsable de ceux qui occupaient les lieux. C'était tou­cher là à un tabou. La démocratie, comme le capitalisme d'ailleurs, est devenue l'horizon indépassable de notre époque. Tout discours qui tendrait à la remettre en cause est disqualifié d'avance : on ne veut tout simplement même plus l'entendre.
La démocratie, pourtant, a surtout fait jusqu'à présent la preuve de son échec. Le monde qu'elle domine est toujours un monde de soumission, de privations et de pauvreté. Le droit de vote est censé assumer à lui seul l'expression de la volonté populaire : mais croit-on encore que quoi que ce soit puisse changer grâce à des élections ?

Léon de Mattis

Extrait du livre :
«Les enfants croient au Père Noël. Les adultes votent.»
Pierre Desproges

«Demain se joue sur un seul tour.» Partout, c'est la même tête bronzée sur fond bleu et le même slogan. «Demain se joue sur un seul tour» : ça, c'est parce que les «socialo-communissstes» ont introduit une dose de proportionnelle lors de ces élections législatives. Il y a longtemps que les communistes ne sont plus au gouvernement, mais on parle encore des «socialo-communissstes» en appuyant sur le s final. Le président, c'est «Mittrrand» sans prononcer le é. Tous les sondages promettent la victoire à la droite et celle-ci n'a pas l'intention de laisser s'échapper ce qui lui est dû. C'est pour cela que les murs se sont couverts de la tête bronzée qui sourit en murmurant «ouistiti sexe». Chaque mur, chaque feu rouge, chaque abribus, répète à l'envie, sur tous les tons, à toutes les heures, la formule magique du sourire publicitaire. «Ouistiti sexe.» «Ouistiti sexe.» «Ouistiti sexe.»

Un coup de bombe, et la tête de Chirac disparaît der­rière un petit cercle de peinture noire. Je ne prends pas la peine de masquer le sigle du parti ou les slogans qui barrent les affiches. C'est Chirac que je veux effacer : ses promesses qui n'engagent que ceux qui veulent y croire, sa gueule de politicien sûr de son succès, son sourire de faux-cul. Effacer Chirac. Depuis que j'ai des souvenirs, j'ai toujours entendu parler de Jacques Chirac. Jacques Chirac chef du gouvernement. Jacques Chirac fondateur du RPR. Jacques Chirac maire de Paris. Jacques Chirac leader de l'opposition.

En vérité, des affiches, il y en a vraiment beaucoup. J'ai commencé en bas de chez moi : ce sont celles qui me gênent le plus puisque je passe devant tous les jours. Puis je me suis éloigné mais, en une demi-heure, je n'ai pas dû parcourir plus de deux cents mètres en faisant le tour d'une grande place parisienne. C'est l'heure du déjeuner, il y a beaucoup de monde dans la rue mais la plupart des passants sont indifférents à ce que je fais. Juste, à un moment, je me fais invectiver par un petit vieux mais je n'y prête pas attention. «Tu n'as rien d'autre à foutre ? Tu ne pourrais pas trouver quelque chose de plus utile à faire ?»

Et même quand la voiture s'arrête à côté de moi en fai­sant crisser ses pneus, je ne réalise pas. Je ne fais même pas un geste pour échapper aux trois fonctionnaires qui en sortent. Deux me font monter dans la voiture pendant que le troisième s'attache à relever le numéro du meuble urbain (une sorte d'armoire électrique ?) sur lequel est col­lée l'affiche que j'étais en train de recouvrir. Je ne savais même pas que ces trucs avaient une immatriculation.

Avis de la Fnac

L'objet de ce livre : partir d'une expérience concrète de la comédie du pouvoir à l'intérieur d'un parti politique pour remonter, plus analytiquement, à une remise en cause de la démocratie en tant que telle. Le tabou suprême ici/maintenant en Occident ? Assurément, les auteurs s'en prenant frontalement à la démocratie capitalo-parlementariste, autrement dit à l'Etat comme "mise en forme de la domination" et outil de promotion du capitalisme n'étant aujourd'hui pas légion dans nos contrées (au sein de l'institution française, chez les intellectuels autorisés, citons quand même Alain Badiou).
Démonstration pratique et intellectuelle en trois points par Léon de Mattis, obscur inconnu au prénom de prolétaire, au nom à particule et à l'esprit assez logique :

1) Le militantisme politique est d'une nullité crasse et d'une inutilité absolue : à la fin des années 80, l'auteur se retrouve militant de base au sein d'une section parisienne du Parti socialiste (du moins croit-on deviner qu'il s'agit du PS). Il n'y croise que des minables, de petits arrivistes semi idiots et bavards. Ironie du sort, en tant que "jeune" - il a 22 ans à l'époque -, il se voit même inscrit sur une liste électorale pour les élections municipales de 1989 ! Vérité, fiction ? Tout cela est si drôle, si lent, si laid... Seul point positif de cette " expérience ", le jeune homme est enfin politiquement complètement déniaisé : la médiocrité gouverne la démocratie, quant aux élections...

2) ... elles sont un piège à cons, et Léon de Mattis ne votera plus jamais. Passé le temps de la confession autobiographique, voici venu le moment de l'analyse et de l'argumentation. Les élections, donc, sont une somme de problèmes et à chaque fois le constat d'un échec : échec de la représentation politique, échec de la désignation par le nombre (Bush élu face à Al Gore avec moins de voix que lui et un peu de trucage sous le soleil de Floride...), échec du recrutement social des votants (qui vote ? quid des émigrés et des pauvres qui ne se déplacent pas ?), échec de la notion même de choix du candidat (le non-choix d'un candidat pour se préserver de l'horreur d'un autre est-il un choix ou un chantage ?), etc. Et l'abstentionnisme dans tout ça ? Cohérence de la démarche mais refus de reconnaissance civique des abstentionnistes par la démocratie elle-même, pas de chance (pour ce qui n'est d'ailleurs pas une revendication spécifique de l'auteur).
D'où l'affirmation d'un tabou...

3) ... " Mort à la démocratie "
Signe des temps, cette peine capitale, dans sa formulation liminaire, est un tag fixé sur les murs de l'Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris à l'occasion des manifestations anti-CPE. Léon de Mattis la reprend à son compte pour pointer le tabou politique suprême et liquider par l'analyse l'idée de démocratie : la démocratie ne va pas mal parce qu'elle est malade mais parce qu'il est de sa nature d'aller mal. Sa nature ? Une oligarchie qui s'autoproduit en perpétuant les hiérarchies sociales (ce depuis l'école, fût-elle "pour tous") et en se nourrissant de "l'organisation sociale de la passivité". Sa forme ? L'Etat, qui n'est pas le mal nécessaire pour calmer la violence humaine comme le pensait Hobbes, mais la puissance se servant de la loi pour reproduire le capital et les injustices sociales. Les avatars d'une démocratie toujours plus démocratique et éventuellement "participative" ? La "dictature de l'opinion", comme disent les constitutionnalistes (c'est-à-dire finalement "l'excès" logique de l'idée même démocratie, voire son singulier aboutissement - songeons en ce moment au marketing politique des grands partis et à une offre électorale qui évolue au jour le jour pour séduire l'électeur-roi...). Le paradoxe de cette vie artificielle de la démocratie telle que nous la connaissons ? Il réside "dans le fait que tout le monde se rend bien compte que tout ceci est vain".

Le lecteur jugera sur pièce, mais dans la critique volontairement "externe" au système qu'il propose, l'ouvrage de Léon de Mattis pose problème. Et n'est-ce pas le propre des bons livres que de poser problème et de résister à l'évidence de la doxa ? A quelques semaines du premier tour des élections présidentielles 2007, chacun pourra donc réfléchir à l'état de la démocratie aujourd'hui, à la démocratie elle-même et à la "haine" que certains lui portent (ou dénoncent, comme Jacques Rancière dans son ouvrage éponyme, La Haine de la démocratie - auteur qui a d'ailleurs une conception an-archique de la démocratie fondée, en son essence antique scandaleuse, sur le principe du tirage au sort des attributions politiques - les dieux du hasard contre tous les pouvoirs de la naissance et de la richesse)...

D'accord, pas d'accord ? Ça se discute ? Tout le monde en parle ? Le Big deal ? C'est mon choix ? Le droit de savoir ? En attendant, vive l'érotisme et les bouilleurs de cru.

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Mort à la démocratie

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Caractéristiques

Auteur

Léon de Mattis

Editeur

L'Altiplano

Date de parution

février 2007

EAN

9782353460021

Poids

0,1150kg

ISBN

235346002X

Illustration

Pas d'illustrations

Nombre de pages

128

Format

12,00 x 18,00 x 0,00 cm

SKU

10960147

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