Avis client

ZeuJC FRANCE
Actif depuis le 12 août 2010
Dernier avis le 23 novembre 2014
129 avis rédigés
4.5/5 évaluation moyenne
218 notes utiles

Note générale
Super !
"C'est joli, Lucie..." Lulu, femme timorée, mère au foyer, saisit l'opportunité d'un entretien d'embauche sur la Côte de Lumière pour s'émanciper d'un quotidien qu'on devine pesant, voire écrasant. Là, plusieurs rencontres marquantes l'aident à faire le point sur sa vie, à la réévaluer de façon déterminante, et à envisager le renouveau qu'elle pourrait lui insuffler. D'abord, ces trois frères aux pieds nickelés, désarmants de maladresse, irrésistibles, qui ravivent sa jovialité... Puis cette quasi-grabataire aux ressources inattendues, qui la prend en affection, et réciproquement... Cette jeune serveuse ensuite, qui lui renvoie un troublant reflet... Et cette soeur, et cette fille, qui n'en reviennent pas de voir partir l'ancienne Lulu en vrille... Dès lors, un doux vent de subversion souffle sur la côte vendéenne et trois générations. Une fois de plus, Solveig Anspach me ravit; je l'avais laissée avec le revigorant Back Soon, je la retrouve toujours aussi humaine, attachée au palpitement intime des êtres, en donnant de la chair aux personnages du roman graphique d'Etienne Davodeau avec un Casting admirable. VOUS DEVRIEZ VOIR CE FILM, IL NE VOUS VEUT QUE DU BIEN !!
Note générale
Super !
Sable fin, soleil blanc & Armée Rouge Diffusé la nuit dernière sur ARTE, ce film de 1969 m'a révélé un cinéaste incontournable dont je voudrais voir éditée rapidement une intégrale; Vladimir MOTYL offrait avec ce petit joyau ( de seulement 80 minutes, hélas ) une alternative redoutable au western américain, qu'on appela red western ou eastern. Sur une trame limpide, originale et subversive, d'une piquante actualité, aventure rythmée et comédie trépidante marchent main dans la main sans s'enliser dans ce désert au bord de la Mer Caspienne. Chaque plan d'une splendeur picturale digne des grands peintres russes porte une idée de mise en scène, avec une légèreté contagieuse, une finesse infinie dans l'observation du moindre détail et de la nature humaine. Vous n'oublierez pas Soukhov, Saïd, Abdullah, Gulchataï, Petro' ni les autres...
Note générale
Super !
La caméra explore le temps C'est bien gentil les gros durs, les indiens et les cowboys, les soldats et les détectives privés, mais les femmes,... c'est pire ! Deux ans après "...BabyJane", RobertAldrich retrouve BetteDavis, sans JoanCrawford mais face à OliviaDeHavilland, et une fois de plus, perfidies et révélations ne manquent pas à l\'appel. En vieille poupée détraquée qui se débat dans un décor baroque autrefois théâtre d'un crime, Davis en impose et mène cette danse macabre, cette enquête au coeur d'un trauma. Climat psychotique, grinçant; belles surprises aussi du côté masculin : on peut parler de CHEF-D'OEUVRE.
Somewhere
Somewhere Bien
Note générale
Bien
...under the Rainbow... A chaque humeur son instant, et le film correspondant... Après la frénésie pharaonique Marie-Antoinette, SofiaC. se recentre (encore) sur son nombril via un sujet minimaliste et filme l'ennui, les moments creux entre deux projets, avec la pudeur polie de désaxer son propos sur ceux d'un acteur qui prend conscience de la vacuité de son existence, luttant vaille que vaille contre l'engourdissement des à-côtés du métier et le spleen lancinant qui l'accompagne. Ainsi le dernier plan du film répond au premier, et délimite sans équivoque le cheminement de cet alter-ego masculin, spectateur de sa vie en mal de reconnexion, qui pourrait se mettre du baume au coeur mutuellement avec sa fille s'il se forçait un peu... Alors oui, on retrouve un duo à la Lost in Translation, déjà écho au Life without Zoë du Père Francis, oui Sofia se répète un peu... Bien sûr, on imagine ce qu'un tel sujet aurait donné avec un auteur plus virulent, un scénario plus réactif, et un casting moins éthéré, mais on ne peut reprocher à S.C. de faire oeuvre personnelle ni de dresser par cet opus radical un archétype qui permet à chacun de se positionner face au questionnement métaphysique, même si, dans le même genre, on peut préférer l'onirisme fellinien d'un Otto e Mezzo, l'indolence wendersienne de LisbonStory, ou l'alambic hellmanien de Road to Nowhere... A chaque humeur son instant...
L'Assassinat
L'Assassinat Super !
Note générale
Super !
-- Biographie d'une Girouette -- Que ce titre soit une lanterne pour ceux qui auraient peur de se perdre dans ce dédale filmique parsemé d'alliances et de mésalliances; derrière sa structure éclatée, faisant la navette entre Présent et Passés, tissée de témoignages croisés, derrière son intrigue plus élaborée que celle d'un "Rashomon" ou d'un "Yojimbo", "Asantsu" ne fait rien d'autre que le portrait de Kiyokawa Hachiro, personnage complexe que le Réalisateur définit comme un Lawrence d'Arabie de la Restauration Meiji. D'ailleurs je vous conseillerai de visionner ce bonus d'un petit 1/4 h avant de vous attaquer au long-métrage pour bénéficier de la pleine clarté ; autre avantage du dvd : regarder ce film deux fois, en lecture normale et avec l'arrêt-pause afin de noter circonstances, noms et enjeux de cette période historique charnière. Shinoda ne cache pas avoir voulu signer un jedai-geki moins puéril que ceux qu'il voyait à l'époque ; résultat de tout premier ordre, mais touffu. Encore une fois, le parcours de Kiyokawa en déroutera plus d'un et c'est précisément cette attitude qui impliqua la persistante volonté de l'assassiner et la difficulté de mettre ce projet à exécution. Comment tuer une anguille ? Entre les passes de sabres résident de subtils enjeux politiques. Manipulateur trahissant toutes les confiances, Kiyokawa déconcerta ses contemporains et se perdit lui-même... D'origine paysanne, il étudia autant l'art du discours que celui du sabre. Télescopage de l'Histoire, l'arrivée des bâteaux américains tira le Japon de son long isolement et Kiyokawa synthétisa cet extrême questionnement identitaire en louvoyant entre nationalisme extrêmiste, pro-impérialisme et shogunat... Film exigeant, d'action et cérébral, "Asantsu" finit par mettre à nu le mécanisme intime de son sujet, abyssal mais pas insondable, celui d'un habile opportuniste semant la confusion pour mieux régner... Brillant.
Note générale
Bien
Spirale du Mensonge... Pour une fois, Preston Sturges n'aura que frôlé le chef-d'oeuvre. Peut-être parce que l'histoire repose sur une seule grande idée : un malentendu qui fait boule de neige... mais que PS choisit de faire éclater au dernier acte, optant pour le raisonnable, son couplet moralisateur et son respect légitime pour l'Armée... L'honnêteté finit par triompher... au détriment de la folle comédie que ce conquering hero aurait pû devenir en poussant le jeu absurde à son maximum. Au lieu de ça, PS préfère recouvrir ses personnages d'un tendre vernis de bienveillance... Ma foi... cette touche d'amertume résonne assez prophétiquement sur la suite de sa carrière et de sa vie... En Bonus, on en apprend davantage sur l'Auteur, fidèle à sa troupe... et assez coureur en privé... sur ses capacités d'inventeur aussi... et sa trajectoire sinueuse...
Note générale
Super !
"On peut être honnête une fois dans sa vie" Avec ce "Grand McGinty", arriviste de premier ordre, PrestonSturges, déjà scénariste de renom, entre par la grande porte dans le monde des réalisateurs côtés. Oscar du Meilleur Scénario 1941, le film n'est pas à la traîne côté réalisation non plus, glissant d'un flashback à un autre avec punch, enchaînant les notations acerbes sur le fonctionnement du système électoral américain pour finalement retracer la trajectoire d'un homme qui a traversé le miroir. Le fade BrianDonlevy fait le boulot, rehaussé par l'épatant AkimTamiroff en "Boss" intraitable, secondé par la troupe de seconds rôles auxquels Sturges restera fidèle... En bonus, révélations sur sa vie étonnante qui éclairent son oeuvre. Un cinéaste inventif, qui inspira même OrsonWelles. Un génial touche-à-tout qui ne se limita pas à la sphère du Cinéma. Un personnage haut en couleurs qui mérite qu'on se souvienne de lui malgré ses revers...
Note générale
Bien
Benji sur ses terres Atypique, ce western, dernier film américain d'un acteur suédois passé à la réalisation sur sa terre natale, sorte de chaînon manquant entre le FlamingStar de DonSiegel et le DjangoUnchained de Tarantino pour aborder frontalement les questions ethniques du melting-pot. Un scénario qui ne cède pas à la facilité et emploie des chemins peu fréquentés, avec des méchants bien méchants et les incursions de violence qui en découlent. BrockPeters en affranchi tourmenté, JackPalance dans un rôle de sudiste raciste qui préfigure celui des "Collines de la Terreur" deux ans plus tard, L.Q.Jones incontournable transfuge de Peckinpah déjà présent dans le Siegel précité, R.G.Armstrong autre trogne marquante, DavidCarradine en indien nonchalant, son père John en second rôle, NancyKwan en désirable squaw, sans oublier BurlIves en MacMasters... Tout ce beau monde investi d'une grande conviction au service d'une histoire poignante, bien dirigée, dans des décors superbes noyés de soleil. Certes pas un chef-d'oeuvre absolu du genre mais un excellent western qui sonne juste. Très recommandable, donc.
Dredd DVD
Dredd DVD Bien
Note générale
Bien
Red Raid plutôt raide Autrement plus inspirée que celle de Cannon avec Stallone, cette adaptation du comic culte de Wagner préserve son ton radical, comparable au Punisher de Lexi Alexander : carré et racé. Avec AlexGarland au scénario, PeteTravis réussit son pari, entre ralentis arty et fulgurances ultraviolentes, répliques qui font mouche et décors grandiosement glauques, et livre ce polar hi-tech, actioner sobre et efficace à l'image de son héros à peine plus vulnérable que Robocop et plus psychorigide qu'HarryCallahan, qui investit le quartier de PeachTrees avec son monolithisme coutumier, tempéré par la craquante OliviaThirlby et la craquée LenaHeadey... Sous le casque, KarlUrban, à la trogne idéale et au physique affûté. Cette mission va à l'essentiel en posant le décor de MegaCityOne, sa problématique... et fait espérer une suite voire une franchise inépuisable. Divertissement spectaculaire recommandable. En prime, quelques bonus qui n'ont pas le temps de lasser.
Note générale
Bien
The Wizard of Hell Le Cinéma Fantastique regorge d'histoires de porte ouvrant sur une dimension démoniaque. De prime abord, ce film ne semble pas sortir du lot et puis... monte en puissance, grâce à des effets saisissants, très convaincants, et la mise en scène appliquée de Takacs qui tire le meilleur parti de moyens réduits, des décors claustros aux créatures improbables, créant un croisement intéressant entre Wizard of Oz, EvilDead et les Goonies. L'occasion aussi de découvrir les débuts du jeune StephenDorff (Nowhere). Une bonne surprise, à voir.
Note générale
Bien
On purge, Baby, dans la Zona... Le concept, très fort, porte tout : sur un argument de politique-fiction d'anticipation, il pose les bases d'un couvre-feu annuel, soupape aux tensions sociétales, déferlement de violence impossible à endiguer car autorisé. L'arène transportée au foyer. Et bien moins inoffensif qu'Halloween. Plus subtil que BattleRoyale, ce vigilante-movie d'un nouveau genre fait réfléchir avant de nous prendre aux tripes, avec son délire sécuritaire déclinable à l'infini, ses trajectoires croisées d'individus en proie à la rage, à la peur, au ressentiment, à la fureur de vivre...JamesDeMonaco & EthanHawke se retrouvent après le déjà brillant StatenIsland et visiblement le réalisateur a donné naissance à une franchise qui risque de durer, pour le pire ou le meilleur... Cet opus fondateur tient en tout cas ses promesses.
Note générale
Super !
Enquête sur une Comédienne au-dessus de tout soupçon Enfin vu l'ultime Wilder qui me manquait ( Merci Ciné+Classic !!) et déjà envie de le posséder pour le revoir. Avant de tirer sa révérence avec un remake de Veber, Little Billy nous offrait cet ultime Chef-d'Oeuvre. FEDORA reprend la thématique de son mythique SunsetBoulevard - la perdition des vedettes de cinéma - , convoque à nouveau WilliamHolden dans le rôle d'un scénariste qui cette fois se fait enquêteur, et y injecte la couleur & la mélancolie d'Avanti. Et une fois de plus, la folie n'est jamais loin : Detweiler/Holden fonde ses derniers espoirs professionnels sur Fedora, star retirée dans une île grecque, qu'il a connue à ses débuts. Entre tourisme et harcèlement, l'homme espère un come-back ... il volera de révélation en révélation ... Comédie dramatique mais surtout grinçante, pleine de fiel, FEDORA règle magistralement son compte à Hollywood par le sarcasme et l'émotion ( tout comme le génial S.O.B. de BlakeEdwards 3 ans plus tard, encore avec Holden ). MartheKeller éblouissante, entre autres surprises de casting...
Note générale
Super !
1969, année érotique ?... Du PaulMazursky réalisateur, je connaissais deux remakes brillants et fort recommandables, l'un de notre Boudu, l'autre du Prisonnier de Zenda. TOUR de FORCE : son tout premier long-métrage, coscénarisé par lui-même, se révèle Comédie de Moeurs d'une grande subtilité qui synthétise l'esprit libertaire de son époque et la tourne en dérision. Pas à posteriori, non, sur le vif ! Il fallait beaucoup de lucidité pour réussir une telle oeuvre... Avec l'acuité et la finesse d'entomologistes, les auteurs épinglent les petits travers et les péchés mignons de leurs contemporains, servis par un quatuor-vedette [RobertCulp-NatalieWood-ElliottGould-DyanCannon] au diapason. L'expérience vous laissera sans nul doute le même sourire mi-figue mi-raisin qu'à eux. Un sans-faute, sans fausse note, qui évite le scabreux, sans édulcorer la question sexuelle. Un Grand Huit émotionnel impérissable.
Note générale
Bien
La Légende de l'Île de la Chauve-Souris Inhabituel dans la longue liste de productions ShawBrothers, cet opus mystérieux et sombre de 1978 se distingue d'emblée par les choix de son auteur atypique; outre les traditionnels combats, bien présents selon le cahier des charges mais de surcroît plus majestueux et dépourvus du matraquage sonore usité, il fait souffler l'Aventure dans des décors baroques aux éclairages très travaillés. Ce cachet visuel unique, la grande densité de l'intrigue, les personnages plus fouillés, la durée supérieure à la normale, l'affrontement final ingénieux, en somme l'approche novatrice du wu xia pian, tout concourt à faire de cette Île... un fleuron du genre (Dans mon coeur, ex-aequo avec LaVengeanceDeL'Aigle)En prime, 2 Bonus d'entretiens plus copieux ( comprendre : instructifs ) qu'à l'accoutumée, bref une excellente surprise qui donne envie de découvrir toute l'oeuvre de ce réalisateur : C-H-U Y-A-N !!
Note générale
Bien
Tchad Romance L'aspect documentaire du Tchad d'aujourd'hui offre un cadre passionnant à cette histoire à priori banale de tourtereaux épris contre l'adversité; en effet la personnalité atypique des protagonistes, conditionnée par leur survie en milieu hostile, dépasse les schémas et les rend irrémédiablement attachants, lui, Souleymane Démé, handicapé en résistance, danseur malgré tout, apprenti photographe qui croit en sa chance (Grigri est son surnom), elle, Mimi, aspirante mannequin, sublime poupée imperméable à la souillure de la prostitution. Quand la maladie de son beau-père le pousse vers l'illégalité, plus fructueuse, pour payer les soins, pour vivre mieux aussi, et en couple, le boîteux va de l'avant, volontaire, porté par sa dulcinée... au mépris des risques... Seul vrai bémol : la fin, un peu trop expédiée et un peu trop naïve, qui toutefois ne balaie pas les bonnes impressions d'un cinéaste à suivre...
Note générale
Super !
The Glueman of Chillingbourne Rencontre fortuite, à l'arrêt d'un train omnibus, de trois jeunes gens en route pour Canterbury : deux sergents - l'un anglais , l'autre américain - et une fraîche ouvrière agricole. Nous sommes dans l'Angleterre de 1944 qui se relève des bombardements, et la vie reprend déjà ses droits dans l'histoire qui va nous être contée, car il sera avant tout question d'amitié, d'amour et d'une enquête insolite, incriminant un... colleur de cheveux féminins (?!), nos trois enquêteurs mettant à contribution les gamins du village. Une comédie tendre, donc, fourmillant de détails pittoresques et d'instants savoureux. L'année précédente, Powell&Pressburger nous avaient donné un époustouflant Colonel Blimp, ici ils reviennent au Noir&Blanc, toujours très graphique, une merveille de finesse, chaque plan étant d'un raffinement charmant. Deux Heures de bonheur et encore un Chef-d'Oeuvre pour le duo, le Cinéma et l'Humanité. MUST !
Note générale
Moyen
Diptyque sur Wong Fei-hung, héros chinois Il y a 10 ans, le succès de KillBill força le public à réévaluer les productions de la ShawBrothers, et je fais partie des fans de Tarantino qui suivirent le mouvement... Dans cette pléthore de titres, certains opus se distinguent (mon préféré jusqu'à présent : LaVengeanceDeL'Aigle...), d'autres me semblent surévalués, ou en tout cas réservés aux inconditionnels dont je ne ferai jamais partie, mais je respecte avant tout l'énergie des athlètes qui repoussent à chaque fois leurs limites dans des chorégraphies martiales renouvelant continuellement la marque de fabrique RunRun : le scénario souvent simpliste et manichéen, aux valeurs moralisatrices, le surjeu des acteurs, la colle de leurs postiches, les sons suramplifiés, les décors ultracolorés, souvent en faux extérieurs.... tout cela concourt au charme si particulier de cet univers. Et si l'on oublie vite, à mon avis, les intrigues, les duels lance/sabre, lance/bâton, pieds et poings...etc etc bousculent l'ennui. Aussi ce diptyque consacré au héros chinois légendaire Wong Fei-hung, incarné ici par GordonLiu, mérite largement la moyenne... Je laisse aux aficionados le soin d'être plus généreux...