Avis client

Valmyvoyou lit
Actif depuis le 20 novembre 2017
Dernier avis le 12 septembre 2019
176 avis rédigés
4.5/5 évaluation moyenne
121 notes utiles

Note générale
Super !
Cette merveille est mon plus gros coup de ❤️ 2019 Mon plus gros coup de cœur 2019 1912, Rosetta, Rocco et Raechel prennent le bateau pour l’Argentine. Ils ne se connaissent pas, mais rêvent tous les trois d’un nouveau monde et de liberté. Or, ils vont retrouver ce qu’ils fuient : la misère, la mafia, la prostitution, les viols, la corruption, etc. C’est dur, très dur. Dans ce roman, de nombreux personnages se retrouvent liés pour le meilleur et pour le pire. Je vous aime tous, je n’ai pas de personnage préféré, hormis peut-être un faible pour un petit avorton. Et toi, Queridad, si courageuse, je te chéris. Toi aussi, la Mairesse des Femmes, qui se bat pour les autres femmes. Et toi, cher jeune homme qui fuit ton héritage. Je ne vais pas tous vous citer pour que les lecteurs vous découvrent, mais vous êtes à jamais dans mon cœur. Impossible d’oublier La fille sans nom, celle « qui est les yeux de ceux qui n’en ont pas. Celle qui regarde ce dont les autres détournent les yeux. » Et toi, Luca (Di Fulvio) qui es nos yeux, je t’aime pour toutes les émotions que tu nous donnes, ces regards que tu éclaires et que tu aides à ne pas se détourner. La meilleure armée est celle du cœur. Luca Di Fulvio n’épargne aucun personnage. Certains destins sont cruels. J’ai lu le cœur étreint et la peur au ventre. Contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre dans un roman dans lequel les valeurs humaines transpirent de la plume de l’auteur, les bons ne s’en sortent pas toujours et il y a des morts qui font plus mal que d’autres. J’ai lu Les Prisonniers de la liberté avec mon cœur et avec mes tripes, sans jamais savoir si j’allais pleurer ou être soulagée. La seule chose que je peux vous dire, c’est que les larmes étaient là à la fin. La raison en est que j’avais terminé cette merveille, ce que je ne voulais pas. Comment retranscrire des émotions si fortes ? Elles sont tellement profondes, elles s’insèrent dans tous les sens, tous les organes, qu’il n’y a pas de mots. Seuls ceux qui le liront comprendront. C’est un magnifique pas de deux entre des scènes cruelles et dures et des scènes brillantes de lumière et d’espoir, et entre des personnages abjects et des êtres admirables. C’est un tango pour la liberté : la sienne et celle des autres. N’ayez pas peur du nombre de pages, ce sera toujours trop court. Au-delà du coup de cœur, Les prisonniers de la liberté rejoint Le gang des rêves dans mon panthéon littéraire. Vive les Bocas.
Note générale
Bien
J’ai adoré être embobinée Un jeu d’enfants tourne au drame. Une écrivaine vit recluse. Un voisin dangereux. Et Gilda Piersanti, l’auteure, tire les ficelles. Je n’en dirai pas plus, à vous de démêler les nœuds. Après la lecture d’Illusion tragique, je ne vois plus les auteurs de thrillers de la même façon. Qui se cache derrière eux ? Est-ce leur expérience qui leur permet d’écrire ? De quelle manière utilisent-ils leurs recherches ? Dans ce suspense, la réalité se mêle à la fiction et inversement. Comme des poupées russes, les éléments s’imbriquent et se rajoutent aux autres en transformant l’histoire. Le lecteur ne sait plus qui croire ni comment relier ces histoires. La méfiance s’éveille, les nœuds au cerveau se forment et la sensation d’être manipulé se fait de plus en plus sentir. Le psychisme des personnages est très travaillé. La manipulation est aussi présente en certains d’entre eux. Gilda Piersanti montre le besoin de domination des esprits pervers, leur envie de soumettre. Elle retranscrit les pensées d’un psychopathe. Elle décrit également le sentiment de culpabilité et cette impossibilité de s’en échapper lorsqu’il est mêlé à la peur, surtout lorsque l’on est fragile. Elle montre le danger d’une parole non libérée. Elle donne aussi une vision du métier d’écrivain. L’auteure m’a emmenée dans un labyrinthe, sans jamais me lâcher la main. J’ai arpenté les dédales de ces histoires sans deviner la sortie, mais sans me sentir perdue. J’ai suivi, chaque fois, le chemin indiqué, je me suis cognée à des illusions, mais Gilda Piersanti m’a indiqué une autre voie à chaque fausse route. J’ai été embobinée et j’ai adoré cela.
Les refuges
Les refuges Super !
Note générale
Super !
Un thriller grandiose Au décès de sa grand-mère, qu’elle ne connaît pas, Sandrine doit se rendre sur l’île sur laquelle elle vivait. Les voisins qui l’accueillent décrivent son aïeule comme une femme adorable, à l’opposé du portrait que la jeune femme imaginait. Très vite, elle comprend que l’île cache de lourds secrets qui terrorisent ceux qui y habitent. Cette peur semble avoir un lien avec le camp de vacances pour enfants dans lequel ils ont tous travaillé en 1949. Une femme dite folle, des enfants traumatisés par la guerre, une victime mystérieuse, un inspecteur qui porte son fardeau, une jeune psychiatre, que se cache derrière ces personnages ? Que se cache derrière un sourire ? Je ne compte plus les claques que j’ai prises en lisant Les refuges. Le nombre de fois où je me suis exclamée : « Non, ce n’est pas possible ! Je ne comprends plus, là. ». Un besoin frénétique me prenait de lire, lire et ne plus arrêter de lire, pour avoir des explications. Et à chaque certitude, une révélation effondrait tout le scénario que j’avais envisagé. J’ai été baladée de bout en bout. Ce livre va beaucoup plus loin que le thriller qui retourne le cerveau. Il regroupe des thèmes qui évoquent l’horreur dont l’humain est capable. Ce n’est pas un déballage, mais une interpellation sur la place des victimes et sur les moyens utilisés pour se sauver, dans tous les sens du terme. Au milieu de toutes les atrocités perpétrées dans cette histoire et des enquêtes qui en découlent, Jérôme Loubry remet les victimes au centre. C’est l’humain qui est le cœur de ces refuges. L’auteur montre la force utilisée pour survivre quand la souffrance est trop forte. Il invite à regarder au-delà des apparences et au-delà des barrières de protection. Conclusion Je n’ai, que très rarement, relu des ouvrages et jamais des thrillers. Or, j’ai très envie de relire Les refuges avec les éclaircissements que je connais maintenant. Je suis sûre que cette lecture sera différente, je vais voir l’histoire avec un autre regard. Les refuges est un thriller grandiose. Oubliez tout, vous ne pourrez pas vous arrêter de le lire. Vous allez être giflé, vous serez K.O plusieurs fois et vous le terminerez complètement pantelant. Votre vision des autres et des événements sera modifiée, vous douterez même de vos souvenirs. Votre âme sera déchirée, l’émotion va vous étreindre. Enfin, vous allez être surpris jusqu’à la dernière page. Êtes-vous prêts à découvrir cette île mystérieuse ?
Note générale
Bien
Un superbe premier roman 1943, les lois anti Juifs se multiplient dans toute l’Europe. À Bruxelles, Youra, vingt-cinq ans, n’a pas le droit d’exercer son métier de médecin, car il est juif. Avec ses amis, il refait le monde, n’hésitant pas à défier le couvre-feu et à écouter du jazz. Un soir, presque sur un coup de tête, il décide d’arrêter un train en partance pour Auschwitz. Même les partisans ne s’y risquent pas, c’est trop dangereux. La fougue de son idéalisme en étendard, avec l’aide de deux amis, il réalise l’impensable. L’équipement est très sommaire : des vélos, une lanterne et un seul pistolet. Sylvestre Sbille partage les pensées de ceux qui sont dans le train, de Youra et de son frère, d’un nazi haut placé et d’un collaborateur. Youra s’interroge sur ce qui fait basculer d’un côté ou de l’autre. Il se questionne sur ce qui pousse certains à résister, à risquer leur vie et celles de leurs proches. L’auteur montre également la vision du peuple juif dans l’idéologie nazie. Il montre les difficultés pour survivre et se soigner quand on n’a plus aucun droit. Il montre le courage de ces Résistants qui ont tenté le tout pour le tout. L’auteur rend hommage à Youra et Choura Livitch. Je suis sûre qu’après avoir lu J’écris ton nom, comme moi, vous ferez des recherches sur ces jeunes hommes (je vous invite à lire le roman avant). Je ne les connaissais pas et je remercie Sylvestre Sbille d’avoir réparé cela. Je suis très émue par cette histoire et d’autant plus qu’elle est basée sur des faits réels. Une scène m’a donné des frissons : une action collective par des anonymes pour protéger des fugitifs. Aussi, même si ce roman est dur, avec des personnalités cruelles, telles que Kurt Asche, qui était chargé de la déportation des Juifs, certains actes donnent foi en l’être humain. Et c’est ce que montre Sylvestre Sbille, avec ce superbe premier roman sur la Résistance et la Collaboration.
Note générale
Super !
Bouleversant Daniel, un jeune rabbin américain, s’est engagé comme aumônier pour soutenir les troupes alliées. En 1945, il est l’un des premiers à entrer dans les camps d’Ohrdruf et de Buchenwald, pour libérer les personnes qui y sont emprisonnées. Cette rencontre avec l’horreur remet en cause toutes ses croyances. Sa foi est mise à mal. Comment Dieu peut-il laisser commettre de telles atrocités ? Il existe des livres qui bouleversent tant qu’on ne sait pas comment en parler. Le temps des orphelins en fait partie. Dans ce livre, ce ne sont pas les camps qui sont décrits, mais les sentiments de ceux qui les découvrent. Cette plongée dans l’horreur absolue les change à tout jamais. Que personne n’ait rien vu dépasse leur entendement. Le récit de Daniel est entrecoupé par des lettres de sa femme. Ethel est en Amérique, elle ne sait pas ce que vit son mari. Même si elle s’inquiète, la légèreté de ses propos tranche avec les atrocités que découvre Daniel. Cela renforce la puissance émotionnelle des paroles de ce dernier. Je me suis demandé quel ressenti il avait eu au sujet de ces courriers. Est-ce que cela lui a fait du bien ou est ce qu’il a été encore plus choqué que le monde continue à tourner comme avant ? Daniel croise un enfant, seul et qui ne s’exprime pas. Le jeune rabbin décide de tout faire pour retrouver ses parents. Cette mission qu’il s’est donnée est ce qui le garde dans le monde des vivants. Cet espoir de réunir une famille est ce qui l’empêche de sombrer. Pour le lecteur également, ce petit représente la lumière dans ce récit si dur. Comme je le disais, j’ai été bouleversée par la puissance de ce livre qui décrit le choc ressenti par ceux qui ont libéré les camps et leur désarroi si fort que leur foi en « l’Eternel » et en l’humanité a été remise en question. Le temps des orphelins laissera une forte empreinte en moi.
Note générale
Super !
Une magnifique saga Les Conquérantes est une trilogie qui va de 1890 jusqu’à nos jours. Le premier tome relatait la vie de Clémence de 1890 à 1930 (ma chronique est ici). Celui-ci relate la vie de sa fille, Noémie, de 1930 à 1960. Il est possible de lire les tomes indépendamment. En effet, l’histoire n’est pas centrée sur la même génération et au début du livre, Alain Leblanc fait un rappel de tous les faits importants. Cependant, cette saga est tellement passionnante que je conseille de la lire dans son intégralité. Comme sa mère avant elle, Noémie a épousé un homme choisi par son père. Son mari, Norbert, ébloui par les idées nazies, considère que les femmes ne connaissent rien en politique et ne peuvent pas avoir d’opinion. Alors que les idées de Norbert l’éloignent de sa famille, Noémie lit Mein Kampf. Ce moment marque un tournant dans la vie de la jeune femme. Elle comprend l’horreur qui arrive en Europe et décide de s’unir à sa mère et à sa sœur pour la combattre avec les moyens dont elles disposent. Comme dans Les Conquérantes – Tome 1 : Les chaînes 1890 – 1930, le récit est chronologique. Cela permet de ressentir l’évolution des personnages. Cette narration offre également une grande compréhension du contexte historique, que ce soit au sujet de l’Occupation, de la Collaboration, de la Résistance ou du rôle des femmes pendant la guerre. J’ai été impressionnée par la précision des faits et des changements de perception de l’époque par la population. Le tout est servi par une plume qui crée une très grande proximité avec le lecteur. J’ai été en immersion dans cette France occupée. Tous les points de vue et les aspects sont dépeints et j’ai ressenti l’oppression, le danger, les victoires, les doutes, les restrictions et les horreurs de cette période. Les femmes sont les personnages principaux de cette saga. Elles sont vraies, elles sont opprimées et héroïques, elles ont leur personnalité propre, leurs motivations, leurs intérêts et leurs combats diffèrent, mais elles sont toutes des battantes qui luttent pour ce qui leur tient à cœur. A travers elles, Alain Leblanc décrit leur place dans la société, leurs droits et leurs batailles pour les obtenir et les nombreux devoirs que les hommes leur imposent. Ces femmes, ce sont nos ancêtres. Merci à elles. Conclusion Comme le premier, ce deuxième tome de la saga Les Conquérantes est un gros coup de cœur. C’est une magnifique fresque historique et sociologique qui rend hommage à ces femmes et à ces hommes, grâce à qui nous vivons dans un pays libre. Je suis très émue en écrivant cette chronique, car j’ai été très touchée par ce roman. Heureusement, le troisième tome m’attend.
Note générale
Bien
Une femme pendant la guerre froide Katia, fille d’émigrés espagnols, grandit en Allemagne de l’Est. Elle sait que ses parents ont fui l’Espagne, mais ne connaît ni les circonstances ni les conditions de leur exil. Le sujet est tu. En 1961, le mur de Berlin est bâti. Peu de temps auparavant, Katia a rencontré Johannes, un jeune homme qui vit dans l’Ouest de la ville. Avec son aide, elle passe de l’autre côté du mur. Elle part sans prévenir ses proches et démarre une nouvelle vie. Pendant une grande partie du livre, tout est dans la suggestion. Alors que Katia semble agir avec insouciance, sans penser aux conséquences, en tant que lectrice, je pensais à sa famille restée en RDA. Le contexte historique est en filigrane, il est évoqué, vu par les yeux de Katia. Or, à cette époque, il n’y avait pas de transmission d’un côté à l’autre du mur. Il ne suffit pas de fuir pour se trouver. Fille de déracinés, Katia l’est à son tour. Cependant, elle n’a pas conscience qu’elle est dans une quête d’identité, ni que le passé ne s’oublie pas, il nous rattrape. La jeune fille est partie sans réfléchir à ce que son absence allait déclencher. Elle n’a pas pensé à l’inquiétude de ses parents. Elle n’a pas envisagé les éventuelles répercussions qu’ils pourraient subir. Le récit est intérieur, il est dans l’émotion. Malgré le contexte, il n’est pas dans l’action même si on la devine. On ressent aussi tout ce qui n’est pas dit. Je devinais des pensées de Katia qui n’étaient pas écrites. L’auteure me les soufflait, de manière laconique, avec délicatesse. Comme je l’ai dit, elle suggère et j’ai vraiment aimé ce que les mots choisis avec soin provoquaient dans mon esprit, comme si ce livre m’appartenait et que chaque lecteur aurait une partie qui n’appartiendrait qu’à lui. C’est cette subtilité qui fait, qu’à la fin, lorsque Katia a vécu une déflagration émotionnelle, j’ai reçu la même. Conclusion J’ai énormément aimé De l’autre côté, la vie volée qui relate la vie d’une jeune femme à l’époque de la guerre froide. Un livre pour ne pas oublier et penser à tous ces murs qui existent encore.
Note générale
Super !
Un magnifique roman intimiste Pax Monnier est un acteur qui n’a jamais percé. Pour gagner sa vie, il fait des interventions en entreprise à la demande des services de DRH. Mais un jour, son agent l’appelle : il a rendez-vous avec un grand réalisateur pour un rôle qui pourrait donner une impulsion à sa carrière. Pax minute son trajet, il a à peine le temps de passer chez lui pour mettre se changer. Alors qu’il est dans son appartement, il entend des bruits à l’étage supérieur. Est-ce un déménagement ? Une bagarre ? Pax tranche, influencé par son timing : quelqu’un bouge des meubles. Quelques jours plus tard, il est convoqué par la Police et apprend que son voisin a été agressé sauvagement. Il mesure les conséquences de son choix : il a privilégié son entretien au détriment de son intuition qui lui soufflait qu’une personne était en danger. Depuis ce jour, Pax jongle avec sa culpabilité. Est-ce la lâcheté, l’individualité de notre époque, la pression de décrocher un rôle qui l’a rendu coupable de cette non-assistance à personne à danger ? Alors qu’il se débat avec sa conscience, il rencontre une femme, Emi. Cette femme lutte, elle aussi, avec ses guerres intérieures. Responsable des ressources humaines, elle aussi n’a pas été là pour un salarié. Elle vit avec son fils qui a vu ses rêves s’effondrer, à la suite d’un drame. Ces personnages forment une relation triangulaire, avec au centre, la question : « Et si… ». A travers eux, Valérie Tong Cuong décrypte nos lâchetés ordinaires, celles dont on ne mesure pas les conséquences puisqu’on ne les apprend pas. Elle décrit la spirale du mensonge lorsque l’on est torturé par les remords. C’est un roman qui fait réfléchir sur la pression du temps, sur l’individualité de notre époque, sur le déni qui consiste à étouffer notre intuition pour coller à notre désir, mais aussi sur le dépassement de soi pour tenter de réparer en partie. Conclusion J’ai eu un gros coup de cœur pour ce roman intimiste qui parle de chacun d’entre nous : de nos choix ou encore des répercussions de ceux des autres. Il parle d’humains, les personnages sont comme nous. Avec une très grande sensibilité, Valérie Tong Cuong analyse ces attitudes qui semblent anodines et qui peuvent être déterminantes. Elle dépeint admirablement le remords qui peut en découler. C’est un livre qui continue à vivre en nous longtemps après la lecture.
Note générale
Bien
Une écriture poétique La sensation qui me reste après ma lecture est celle d’une cavalcade dans les escaliers, des phrases et des scènes qui s’enchaînent, et ce malgré une narration paisible. Les faits et les mots semblent s’agencer les uns avec les autres, comme dans un jeu de dominos, lorsqu’une pièce tombe et qu’elle entraîne les autres avec elle. Giosuè Calaciura montre toutes les facettes humaines, dans une langue poétique. Certaines scènes sont émouvantes, tristes à pleurer, mais elles sont énoncées avec beauté. Le lecteur est pris dans une ambivalence : c’est beau dans le texte et c’est affreux dans l’image. J’ai eu mal pour Cristofaro, battu par son père. Les voisins attendent ses cris, chaque soir, ils pensent qu’un jour, ce sera le dernier, mais personne ne bouge. Le seul qui tente de le sauver, c’est son ami Mimmo. Ce dernier est amoureux de Céleste, qui patiente sur le balcon, par tous les temps, quand sa mère, prostituée, reçoit ses clients. Et il y a Nana, le cheval de Mimmo. Sa vie m’a bouleversée. Enfin, il y a Totò, un pickpocket qui se faufile comme une anguille lorsqu’il est poursuivi. Lorsque j’ai su pour quelle raison, il pratiquait cette activité, j’ai été très touchée. Dès les premières pages, j’ai aimé Borgo Vecchio. Je ne sais pas pour quelle raison, mais à un moment, j’ai bloqué, je n’avais plus envie. L’auteur décrivait un déluge météorologique et il me manquait l’humain. J’ai mis ma lecture en pause pendant trois jours. Quand je l’ai reprise, j’étais, à nouveau, emportée par l’écriture et les métaphores de Giosuè Calaciura. Conclusion Borgo Vecchio est un livre très touchant. Le texte est magnifique. L’auteur décrit, avec des superbes figures de style, la misère humaine sous toutes ses facettes. L’émotion qui en ressort semble pure. Lors des passages relatant des souffrances, mon cœur se serrait, j’avais envie de pleurer, et paradoxalement, j’avais envie de sourire devant la beauté du récit.
Orléans
Orléans Super !
Note générale
Super !
Un roman qui m’a ébranlée Ce livre est divisé en deux parties. Dans la première, Yann Moix relate les maltraitances physiques et psychologiques qu’il a subies durant l’enfance et dans la deuxième, il décrit son comportement à l’extérieur de chez lui. Les deux sont construites de la même manière : un chapitre par an, de la maternelle aux études supérieures, dans lequel il décrit des événements marquants de l’année en cours. Ce déroulement chronologique n’est pas surprenant. Souvent, un enfant martyrisé date les violences en se souvenant de la classe dans laquelle il était. Évidemment, les souffrances infligées par ses parents empiètent dans la description de la vie en-dehors du domicile familial. Un fil conducteur est présent dans les deux parties. Il s’agit de la littérature, de la découverte de la lecture à l’écriture de ses romans, en passant par les premiers émois littéraires et ces auteurs qui n’ont jamais quitté son cœur. C’est un cri à ces livres qui sauvent tant d’enfants quand ils vivent l’enfer chez eux. Et même cela, on a souhaité lui retirer. C’est le deuxième livre que je lis de Yann Moix (le premier était Rompre). Je note un point commun entre les deux : l’auteur est lucide sur ses attitudes et ne fait preuve d’aucune complaisance envers lui-même. Il n’embellit aucun de ses actes. Un autre lien entre les deux est l’écriture qui me transporte. Son écriture très imagée me séduit et j’apprécie de rechercher certains mots dans le dictionnaire, tout en étant accessible. La plume est belle et m’enrichit. Par moments, elle devient exaltée et j’ai aimé les émotions que cela a déclenchées en moi. Enfin, j’ai été sensible aux souffrances de l’enfant qu’était Yann Moix. J’ai été révoltée par ses géniteurs, mais aussi par tous ces adultes qui n’ont pas vu, qui n’ont pas tenté de comprendre les appels à l’aide de ce petit, qui l’ont jugé sur ses attitudes sans en chercher la cause. Je ne sais que trop que c’est une réalité. J’ai compris cet adolescent qui croit trouver l’amour en chaque fille qu’il croise, cette quête perpétuelle d’affection et de reconnaissance. Conclusion Ce livre a, évidemment, résonné en moi. Yann Moix se livre entièrement. Ce qu’il dépeint est horrible, mais la manière de le faire est belle. C’est une lecture que j’ai adorée alors que le sujet est très douloureux. Certaines scènes sont dures, mais n’oublions pas que quand nous avons mal en lisant la souffrance d’un enfant, celui-ci a encore plus mal en la subissant.
Note générale
Moyen
La fille dans les bois Blair retourne dans la ville de son adolescence, après de nombreuses années d’absence, pour voir sa sœur qui perd son combat contre le cancer. Avant de mourir, cette dernière lui révèle qu’elle a menti, il y a quinze ans quand la meilleure amie de Blair a été tuée. Elle avait nié être avec l’homme suspecté du meurtre et celui-ci est en prison depuis. Elle n’avait pas voulu dire qu’elle était avec un Afro-américain, car l’oncle qui élevait les deux sœurs est un raciste connu de tous. Blair veut faire la lumière sur ce qu’elle considère comme une erreur judiciaire. Mais que veut la parole d’une mourante qui n’est plus là pour témoigner ? Blair comprend vite qu’il lui faut trouver le vrai coupable. Ce suspense m’a permis de prendre conscience que mes goûts avaient évolué. Ce thriller, que j’ai pourtant beaucoup aimé, m’a paru gentillet à côté du dernier que j’ai lu, à savoir De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic. J’ai lu tous les livres de Patricia MacDonald. Dans La fille dans les bois, j’ai retrouvé cette fluidité qui donne envie de tourner les pages sans s’arrêter. C’est un livre qui me semble parfait entre deux lectures difficiles. Il ne m’a pas provoqué de grandes peurs, mais il a aiguisé mon intérêt pour l’enquête. J’avais hâte de connaître la vérité. Cependant, une scène concernant les investigations de Blair m’a semblé un peu trop facile et peu réaliste. De plus, Patricia MacDonald m’a habituée à des conclusions qui me scotchaient. Cette fois, je n’ai pas eu la sensation de m’être faite piéger et je l’ai regretté. En même temps, j’ai adoré lire La fille dans les bois, car il m’a semblé être une récréation. Cela m’a fait du bien de me laisser porter et d’avoir hâte de connaître le dénouement. Avec ce dernier opus de l’auteure (sorti en mars 2018), j’ai eu l’impression de retrouver une amie, mais je n’ai pas éprouvé de surprise. Malgré cela, le plaisir de lecture était grand. Je l’ai dévoré comme tous ses autres livres, car Patricia MacDonald a su jouer avec mes inquiétudes. Elle est une auteure que je vais continuer à suivre.
Note générale
Super !
Glaçant et bluffant Alors que des touristes visitent Tchernobyl, un cadavre est découvert suspendu à un bâtiment. Les mutilations sont effroyables. Deux enquêtes sont menées en parallèle : celle de la Police et celle d’un enquêteur privé. Les investigations vont relier ce crime aux meurtres de deux femmes, la nuit de l’explosion de la centrale, en 1986. Ce livre est inclassable. C’est un thriller, mais c’est aussi un ouvrage historique, géopolitique et sociologique. J’ai eu la sensation d’être dans une dimension parallèle alors que Morgan Audic décrit des faits existants. Ma première surprise a été de découvrir que des personnes allaient volontairement sur le lieu de la catastrophe, alors que c’est extrêmement dangereux. J’ai appris aussi, avec effroi, que des gens vivent encore à proximité et l’auteur explique les conséquences sur la population. On se croirait dans un livre d’horreur tant les conditions de vie et les effets de la radioactivité sont effarants. La partie contemporaine se déroule pendant la guerre du Bondass. La nuit de l’explosion est dépeinte précisément, on sent que l’auteur s’est énormément documenté et j’ai vraiment pris conscience que je ne savais rien sur le sujet. C’est tout un pan de l’Histoire de l’Ukraine qui est révélé. Ce thriller traite également de trafics qui font froid dans le dos. En ce qui concerne l’intrigue, le suspense est mené de main de maître. L’enquête actuelle est menée en période de conflit entre la Russie et l’Ukraine, dans un climat dominé par la corruption. Celle de 1986 a eu lieu à l’époque de l’URSS, avec les méthodes soviétiques. J’ai ressenti la pression constante et oppressante sur les protagonistes et j’ai été épatée par les retournements de situation. Je n’avais rien deviné des mobiles ni résolu les enquêtes. Le brouillard qui pèse sur elles, en raison du contexte géopolitique, m’a emmenée dans de fausses directions, j’ai été manipulée pour mon plus grand plaisir. Au début, il m’a fallu me familiariser avec les noms des personnages en raison de leur consonance étrangère, une fois cette étape passée, plus rien ne comptait que de reprendre ma lecture. Conclusion J’ai eu un coup de cœur pour ce thriller qui m’a ouvert les yeux sur un monde que je ne soupçonnais pas et qui est, pourtant, proche de nous, géographiquement et temporellement. Je suis glacée par tout ce que j’ai appris et sur les répercussions encore visibles et aussi sur celles qui sont tues. J’ai aussi été captivée par l’intrigue qui m’a fait des nœuds au cerveau. De plus, des éléments de la fin m’ont complètement scotchée. De bonnes raisons de mourir est un thriller atypique en raison du travail extraordinaire de documentation de Morgan Audic. C’était un pari risqué, mais il est incroyablement réussi, de choisir Tchernobyl comme décor. Je ne me remets pas de ce livre qui m’a complètement soufflée.
Note générale
Super !
Beau et fort J’ai eu envie de lire ce livre, après avoir suivi l’auteure sur Instagram. J’étais attirée par les extraits de son livre et par ce qui semblait se dégager de sa personne, dans ses publications. J’avais une appréhension, car je n’étais pas certaine que le sujet me corresponde. J’imaginais un livre sur la danse et les sacrifices que cette passion engendre. En fait, je ne savais pas ce que j’allais découvrir dans ce roman… et c’est moi que j’ai trouvée dans ces pages. Après une rupture amoureuse, Véronique sombre, elle ne sort plus de chez elle et elle ne sait pas comment remonter la pente. Elle confie son manque de confiance en elle et son besoin perpétuel d’approbation. En lisant, je me suis dit : « Mais, c’est moi ! ». Je la comprenais, j’étais en totale empathie avec elle et j’avais envie de lui donner certaines clés pour l’aider à s’échapper de cette vision d’elle-même. Ensuite, la jeune femme remonte loin dans son passé. Et là, j’ai pris une gifle, car ce vécu a beaucoup de similitudes avec le mien. Par cette introspection, l’héroïne prend conscience de l’impact de sa jeunesse sur la femme qu’elle est devenue. Elle s’abandonne entièrement dans l’espoir de pouvoir s’envoler par la suite. Il faut sombrer pour remonter. Cette descente dans les souffrances anciennes est la voie de la résilience et de l’acceptation de soi. C’est le chemin nécessaire pour apprendre à s’aimer et à colorer sa vie. Véronique se transforme : ses émotions, son corps et le regard des autres sur elle prennent une autre dimension. Elle va jusqu’à modifier son prénom. Que ce soit dans sa détresse ou dans sa nouvelle naissance, elle est extrêmement touchante. Elle vibre de sensibilité. L’écriture de Vera Seret est magnifique. Elle est poétique, les mots sont étirés jusque dans leur sens le plus profond. Certains mots assemblés ensemble deviennent des phrases d’une très grande beauté et les émotions prennent une intensité incroyable. Conclusion J’étais très émue par L’instant même où l’on bouge. La touche d’humour qui parsème les pages, la musicalité des mots et la poésie des phrases créent un récit d’une très grande beauté. J’ai adoré ce roman qui montre que le chemin jusqu’au bonheur peut être long et difficile, mais n’est pas inaccessible. Il ne nie pas les douleurs tout en donnant un message d’espoir. C’est beau et c’est fort.
Perlou
Perlou Super !
Note générale
Super !
Une superbe amitié entre un homme et un enfant Arthur a une dizaine d’années. Sa mère est couturière et travaille beaucoup. Son père est allumeur de réverbères et boit beaucoup. Une grande amitié lie le petit garçon à un de ses voisins : Perlou, un homme noir d’une soixantaine d’années. Cet homme est un guide pour Arthur. Il lui transmet des valeurs importantes telles que le respect de l’autre, la tolérance, l’empathie, etc. Il lui parle de certaines de ses expériences de vie, avec pudeur. Arthur ne comprend pas tout, mais les messages restent ancrés en lui. L’enfant confie ses premières amitiés, les premières trahisons et ses premiers émois. Il décrit la vie à Montmartre, en 1885. La vie n’est pas toujours tranquille, certains voyous rôdent… Puis, lorsqu’il grandit, Arthur dépeint son apprentissage. Il est au cœur de la construction de la Tour Eiffel, ce grand projet qui a attisé certaines rancœurs. Il découvre aussi des pans du passé de Perlou. Ce dernier lui donne une leçon de vie qui le marquera jusqu’à ses derniers instants. J’ai adoré ce roman. La relation qui unit cet enfant et cet homme au seuil de sa vie est émouvante. C’est une histoire de transmission, celle du cœur. Perlou ne fait pas de leçons, il explique et il donne de lui-même. A son contact et entouré de l’amour de sa mère, Arthur ne peut que devenir un jeune homme bon. Cette merveilleuse amitié m’a énormément touchée. L’histoire d’Arthur est passionnante. J’ai pris énormément de plaisir à le regarder grandir et faire ses propres expériences. J’ai aimé suivre l’évolution de sa personnalité, riche de ses amitiés. Il est doux et espiègle, il fait des bêtises de son âge, il est généreux et innocent. D’autres rencontres, avec des garçons de son âge, ont aussi une grande influence sur sa vie. C’est aussi l’âge des premiers amours. Chérif Zananiri narre les événements majeurs de la fin du XIXème. Victor Hugo, Gustave Eiffel ainsi qu’un personnage dont je tairai le nom, tant j’étais amusée par sa présence, croisent la vie d’Arthur. Les faits sont décrits avec la vision de l’époque, sans le recul de l’Histoire, et j’ai énormément apprécié cette perception. La fin de ce livre est bouleversante et est dans la continuité des enseignements de Perlou. Conclusion Perlou est un roman d’apprentissage et de vie. C’est une superbe amitié entre un enfant et un homme. Plusieurs décennies les séparent et le plus âgé transmet sa philosophie au plus jeune, avec respect et tendresse, comme un père à son fils. C’est aussi une photographie de Montmartre en 1885, avec tous les bouleversements survenus dans ce quartier. C’est l’histoire d’un gamin devenu adulte, qui à son tour, a des choses à apporter. J’ai adoré Perlou. J’ai retrouvé la magie que j’avais tant aimée dans Gayané, l’Arménienne, Les pèlerins de la vie, cette manière émouvante de transmettre les sentiments, avec une touche d’espièglerie.
Note générale
Bien
Le combat d’une femme - blog Valmyvoyou lit Je n’avais jamais lu de livres de Sorj Chalandon, aussi je n’avais pas d’attentes particulières, contrairement à certains de ses lecteurs qui se sont sentis déstabilisés par ce roman, qui semble-t-il est différent des autres de l’auteur. La première scène décrit quatre femmes qui vont faire une « vraie connerie ». On comprend très vite qu’elles ne sont pas des professionnelles, que leur motivation n’est pas criminelle. Le récit retourne six mois en arrière, auprès de Jeanne qui apprend qu’elle a un cancer du sein, stade III. Alors qu’elle ne reçoit aucun soutien de la part de son mari, celui-ci étant même révoltant de lâcheté et d’égoïsme, elle rencontre trois autres femmes : Brigitte, Assia et Mélody. Les quatre nouvelles amies ont un autre dénominateur commun : une grande souffrance concernant un enfant. Pour moi, il y a deux histoires dans l’histoire : les faits relatés avec le combat de chacune et le rôle de chacune dans la lutte contre la maladie. J’ai eu l’impression que chacune était une représentation de ce que ressent une personne touchée par une pathologie grave. Au départ, Jeanne subit, elle s’excuse de tout, elle est même surnommée Jeanne Pardon. Et puis, il y a celle qui prend le traitement à bras-le-corps, celle qui continue à vivre sa vie, etc. Pour moi, ces femmes pourraient être les facettes d’une seule, elles sont les différents ressentis d’une personne atteinte du cancer. Cela doit être pour cette raison que lorsque j’ai commencé à écrire ma chronique, je me suis trompée dans le titre et j’ai écrit : « Mes joies féroces ». Conclusion Une joie féroce est une histoire de résistante face à la douleur, qui ne tombe jamais dans le larmoyant, et qui m’a semblé d’une grande justesse. En tant que femme, je me suis imaginée à place de Jeanne. Comme le rappelle Sorj Chalandon, le cancer du sein touchera une femme sur 8. Si Jeanne n’avait pas insisté pour faire une mammographie, elle n’aurait pas vécu ces amitiés féminines et ne se serait pas métamorphosée. Surtout, elle ne serait plus là. L’auteur montre aussi le regard des autres face au cancer. Une joie féroce est un roman intime dans lequel on devine l’exutoire qu’a dû être son écriture.
Note générale
Bien
Une belle représentation du Vivre-ensemble Héraultine vit avec son chat dans l’immeuble Boby Lapointe. Les voisins se connaissent, une bonne entente règne entre eux. Chacun fait preuve de bienveillance avec les autres sans s’immiscer dans la vie de l’autre. Ils savent mettre la limite entre l’attention à l’autre et l’ingérence. Héraultine qui a, elle-même, vécu des événements tragiques est une perle de bonté, elle est là pour tous. Dans ce roman, elle se confie sur son quotidien, sa recherche d’emploi, ses voisins et sur le drame qui a marqué sa vie. Chaque chapitre est une petite tranche de vie. Il m’a fallu être attentive, car les personnages sont nombreux. Il m’est arrivé de me perdre parfois dans les pensées de la narratrice. Ce roman est rempli d’optimisme. Chacun ne perd pas espoir de surmonter les douleurs. Et pour cela, il faut les exprimer. Ce sont les passages que j’ai préférés. Non pas que j’aime les épreuves, mais j’ai trouvé que la plume de Brigitte Prados excelle dans ce style. Tout le long du livre, l’écriture est travaillée, avec des jeux sur les mots et beaucoup d’humour, mais lors des passages dramatiques, elle prend une dimension différente, il y a une puissance dans le rythme, les mots interpellent et j’ai senti l’émotion monter. Mon impression est assez surprenante, car il m’a semblé que l’histoire se voulait pleine de vie, et elle l’est, mais ce sont les intermèdes tristes qui m’ont le plus emportée. La fin est une belle conclusion à l’histoire et permet de croire au bonheur. Conclusion Ce livre qui relate le quotidien d’Héraultine dans ses liens avec les autres et les difficultés de ceux-ci est une bouffée d’oxygène. Brigitte Prados s’amuse avec la langue française, agrémente son récit de références littéraires et il donne le sourire. C’est une belle représentation du vivre-ensemble. C’est personnel, mais j’aimerais beaucoup lire cette auteure dans un récit dramatique car, pour moi, elle transmet très bien les émotions douloureuses.
Note générale
Super !
Coup de coeur monumental Vendredi soir, minuit, je sens que je sombre dans le sommeil. J’éteins la lumière. Une heure du matin, je crie dans mon sommeil. Mon mari panique, il se demande ce qu’il m’arrive. Je lui parle de rebelles, de Mikael. J’ai peur pour le gamin. Mon époux ne comprend rien à ce que je lui raconte. Ce n’est pas grave, je me lève, il faut que je lise les cent pages qui me restent du magnifique roman Le soleil des rebelles du merveilleux Luca Di Fulvio. J’avoue que mon mari, qui n’est pas lecteur, me prend pour une folle. Oh qu’il m’a touchée le gamin ! J’en suis toute retournée. En 1407, Marcus II, prince du royaume de Saxe, âgé de neuf ans, assiste au massacre de toute sa famille. Il parvient à se sauver, grâce à une petite fille Eloisa. Cette dernière, aidée de sa mère, Agnete, le cache et lui donne une nouvelle identité. Il devient Mikael. Une vie de labeur et de soumission débute pour lui. Luca Di Fulvio a un véritable talent de conteur. Une fois ce livre commencé, j’ai dû lutter entre mon envie de dévorer ce roman et celui de le faire durer, malgré ses 824 pages. Ah ! Mikael ! Gros bêta ! Tes richesses, ce sont ton cœur, ainsi que ton désir de liberté pour tous et ta grandeur d’âme. Ce sont aussi ces personnes qui t’entourent, ces deux femmes exceptionnelles et le vieux Raphael. Tu n’as pas peur de mourir, tu as le désir de vivre. C’est ta force. Pourtant, tu es témoin, mais aussi victime de cruautés, de tortures, d’humiliations et d’injustices. Mais tu ne perds pas l’espoir de trouver le soleil, la nuit. Le soleil des rebelles est une magnifique fresque romanesque dans laquelle l’obscurité et la lumière s’affrontent. Dès les premières pages, j’ai été prise de passion pour ce roman. Je ne l’ai pas lu, je l’ai vécu. J’étais une serf au Moyen-Âge. J’ai appris à piocher, j’ai subi la servitude, j’ai haï et j’ai aimé. J’ai lutté pour survivre. Vous saurez si j’ai réussi à découvrir qui j’étais et si j’ai sauvé ma vie en lisant ce merveilleux roman. Dans mon cœur, il y avait Christmas du gang des rêves, Bohem de Nous rêvions juste de liberté. Mikael les a rejoints. J’aimerais que les livres de Luca Di Fulvio soient adaptés au cinéma pour que mon mari découvre ces histoires qui foudroient le cœur. Bien sûr, Le soleil des rebelles est un coup de cœur monumental. Les mots ne sont que peu de de choses pour vous dire à que point je l’ai aimé. Lisez-le et vous comprendrez ce que je veux exprimer.
Hs 7244
Hs 7244 Super !
Note générale
Super !
Énorme claque Alerte : énorme claque. Marius se réveille dans une cellule. Il ne sait pas de quelle manière il s’est retrouvé à cet endroit. La veille, il était avec sa moitié. Ils profitaient d’un voyage en amoureux. Et aujourd’hui, il n’est plus que le matricule HS7244. On lui a tout pris : sa dignité, son existence, sa liberté. Et comme ses co-détenus, il subit des tortures abominables, au nom de la science. Les expériences médicales réalisées dans ce camp rappellent les horreurs pratiquées pendant la guerre. Les personnes emprisonnées sont accusées de terrorisme. Le médecin qui dirige le centre a pour ambition de découvrir l’origine de ce mal. Pendant la première partie du livre, nous ne savons pas ce qui est reproché aux prisonniers, mais lorsque je l’ai su, mon sang s’est glacé. Et le plus horrible, c’est que l’auteure est partie d’un fait réel. Ce thriller est d’une noirceur extrême. Les scènes de tortures et d’expérimentations sont très dures à lire. Le plaisir que les tortionnaires prennent à les pratiquer est abominable. La manière dont ils justifient leurs actes m’a fait éprouver du dégoût. Et puis, il y a des hommes qui forcent l’admiration, ceux dont l’humanité et les sacrifices tirent les larmes et donnent espoir en l’humain. Il y a les petits gestes et il y a l’abnégation, mais aussi les trahisons qui questionnent sur le choix que nous aurions fait si nous devions subir ces horreurs. Conclusion HS7244 est un livre noir, glauque et qui révolte. Certains passages retournent l’estomac, les tortures physiques et psychologiques sont effroyables et j’ai ressenti une tension en le lisant. Cependant, ces descriptions ne sont pas gratuites : elles sont le sujet de HS7244. Il est rare qu’un thriller me provoque autant d’émotion que de révolte. J’ai énormément apprécié les notes de l’auteure, à la fin du livre, qui révèlent l’origine de l’histoire. Ce thriller est une lecture coup de poing, dont on ne ressort pas indemne et que je recommande sincèrement.
Note générale
Bien
Une femme exaltée En 1977, trois frères doivent se retrouver. La rencontre n’aura pas lieu : Bruno K. s’effondre en pleine rue : il meurt. Le livre remonte le temps et revient dans les années 20, lorsque leur mère, Koula, une Grecque de seize ans, tombe amoureuse de Paul Peter K. Ils se marient et partent s’installer dans le pays de Paul Peter K : la Suisse. Le conte de fées vire très vite au drame. Koula découvre, après la naissance de son fils Bruno K, que son mari volage lui a transmis la syphilis et qu’elle a contaminé son enfant in utero. Alors que le couple a un deuxième enfant, Koula étouffe en Suisse. Sa belle-mère l’aide à retourner dans son pays natal, à la condition qu’elle parte avec un seul de ses enfants. Koula rencontre un homme plus âgé avec qui elle aura un troisième fils. Ce sont ces trois frères qui devaient se réunir le soir de la mort de Bruno K. Chaque chapitre commence avec un extrait de la correspondance entre Bruno K et sa mère. Un indice laisse à penser que ces lettres sont authentiques. Les personnages principaux sont Koula et Bruno K. La partition parle de leur relation. Koula est une femme à la fois solaire et excessive, envahissante mais indépendante. Le revers de sa personnalité passionnée est son côté colérique. Elle est aimante et toxique à la fois. Il est difficile de trouver sa place auprès d’elle, encore plus si on est une femme. Je n’ai, souvent, pas compris Koula. Ses choix m’ont parfois choquée, ses attitudes m’ont énervée, et par ricochet, j’ai eu beaucoup d’empathie pour ses enfants et j’ai été fascinée par la relation qu’ils ont avec leur mère. Cette saga est l’histoire d’une femme, en avance sur son époque, qui veut être libre et qui veut aimer. Elle a un tempérament exalté qui dirige sa vie. La partition montre de quelle manière ses trois fils, qui n’ont jamais été réunis longtemps, se sont construits, que ce soit près d’elle ou sans elle. J’ai été captivée par l’écriture de Diane Brasseur. Elle est très poétique et imagée. L’atmosphère est feutrée et intime. Sans être un coup de cœur, La partition est un roman que j’ai beaucoup aimé.