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Muddy Waters and The Rolling Stones, les retrouvailles inédites du père et de ses fils spirituels !

Phil
Par Phil
Le 17.09.2012
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Sans Muddy Waters le roi du Chicago Blues les Rolling Stones n'auraient surement jamais existé. Tout d'abord ils ne se seraient pas baptisés ainsi en hommage au vieux Blues poisseux : Rollin' Stone que Waters enregistra en 1950. La légende dit aussi que Mick Jagger rencontra pour la première fois Keith Richards à la station de métro de Dartford, alors que celui-ci portait sous son bras un 33 tours de Chuck Berry et : le best of Muddy Waters, ce qui poussa notre homme à faire connaissance avec cet amateur de Blues éclairé et qui par la suite donna naissance au : Rolling Stones. Lorsque le groupe pour la première fois tourne aux États-Unis en 1964, leur premier rêve au pays de l'oncle SAM était d'enregistrer dans le mythique studio Chess à Chicago et de rencontrer leur idole : Muddy Waters. Ce qu'ils réaliseront avec l'EP : 5x5 en 2 jours, profitant de l'occasion pour déclarer toute leur admiration au maitre du Chicago Blues : McKinley Morganfield surnommé Muddy ! Comme l'a dit Muddy lui-même sur son titre : The Blues Had A Baby, le Blues a eu un bébé et on l'a appelé Rock'n'Roll, Waters a eu des fils spirituels, ils se sont appelés : les Rolling Stones et sont devenus dans les 70's le plus grand groupe de Rock du monde !

En 1981 les Pierres Qui Roulent sont au sommet de leur gloire, remplissant des stades avec des concerts géants devant des milliers de spectateurs, donnant des spectacles titanesques sur des scènes surdimensionnées. Muddy Waters lui se remet d'une période difficile depuis la fin des 60's et avec l'aide d'un autre de ses fans : Johnny Winter, il relance sa carrière avec les albums sortis sur Blue Sky (le label de Winter), dont le fameux : Hard Again. En juin de cette année il fut d'ailleurs rejoint sur scène par le guitariste Texan en personne au cours du traditionnel Chicago Blues Festival, concert qui est aussi filmé en vidéo. Ce soir de novembre 1981, l'icône du Chicago Blues retrouve le Southside, et le quartier black de Bronzeville, là où tout à commencé, il se produit dans le club de Buddy Guy : le Checkerboard Lounge, bien avant que Mr Guy en businessman avisé, relocalise son club dans le centre de la ville, plus touristique et le renomme : Buddy Guy's Legends. Le backing band chauffe la salle du minuscule club bondé et c'est Lovie Lee au piano qui chante : le Sweet Little Angel de B.B. King et le Flip Flop And Fly de Big Joe Turner. On reconnaît à la guitare un tout jeune John Primer arborant alors une superbe coupe afro et qui est devenu aujourd'hui un incontournable de la Windy City. Etonnamment une table est vide devant la scène et plusieurs caméras se trouvent sur place. L'harmoniciste Mojo Buford, prend le micro et déclare à l'auditoire : maintenant c'est le moment de la vedette, voici le seul et unique père du Blues : Muddy Mississippi waters ! Notre homme prend place sur son tabouret au milieu de la scène, empoigne sa telecaster rouge au verni écaillé, remercie son groupe et la lance : nous allons descendre un peu plus dans le Blues et on va le faire maintenant ! Le groupe au diapason attaque alors : You Don't Have To Go de Jimmy Reed, sur un shuffle nonchalant et balançant tranquillement de gauche à droite. Muddy chante les yeux clos, totalement habité et impérial ! Après un Country Boy lancinant à souhait où Waters fait gémir et hurler sa Fender à coups de bottleneck véloces comme à son habitude, le sortant un peu de sa sérénité apparente, il envoie les premiers accords du Baby Please Don't Go  de Big Joe Williams et c'est là que l'événement va se produire!

Les Rolling Stones se trouvant en ville pour leur tournée Tattoo You, profitent d'un day off pour débarquer dans le club afin de  voir leur mentor et retourner s'encanailler dans les racines du Blues urbain. Mick Jagger, Keith Richards, Ron Wood, le saxophoniste : Bobby Keys ainsi que le pianiste Ian Stewart prennent place autour de la table apparemment réservée sous les clameurs de l'assistance : surprise, surprise !!! Keith à peine arrivé débouche une bouteille de bourbon avec son couteau (on ne se refait pas!), et s'en jette une lampée comme pour s'envoyer un peu de carburant, Muddy appelle alors Mick Jagger qui s'exécute et prend le micro au côté de son héros, lançant lui aussi : Baby ne t'en va pas à la Nouvelle Orléans, cela me fait trop mal ! Keith est à son tour convié, traversant les tables la clope au bec jusqu'à atteindre sa telecaster, et c'est enfin au tour de Ronnie Wood de venir rejoindre ce beau monde coincé sur une scène exigue pour une jam session unique et mémorable !

Sur Hoochie Coochie Man, Mick se dandine et soutien Waters en ponctuant son propos, les regards et les rires entre les deux hommes en disent long sur leur complicité. Après un Long Distance Call magistral avec Ronnie Wood à la slide guitare grâce au bottleneck prêté par le Mud en personne, arrive un moment historique, l'énorme : Mannish Boy ! Une version de 10 minutes où le géant du Blues emporté par la ferveur et l'exaltation du titre se lève de son tabouret et se met à danser et à sautiller, possédé par l'esprit répétitif de ce morceau emporté par une transe de Blues preacher ! Bientôt rejoint par Buddy Guy, Junior Wells et Lefty Dizz, l'ambiance devient de plus en plus brulante et on sent la joie et l'allégresse sur le visage de nos protagonistes réunis pour cette Blues Party orgiaque ! Le maitre de cérémonie, laisse ensuite la place à ses enfants : tout d'abord Junior Wells qui s'empare du : Mojo Working avec son harmonica, suivi de Buddy Guy improvisant un: Next Time You See Me aux duels de solos de guitare avec Keith et Ronnie incandescents, et enfin Lefty Dizz plein d'humour mais un peu envahissant et brouillon sur son : One Eyed Woman ! Alors que le boeuf semble se dégonfler à cause de ce lourdaud de Lefty Dizz qui en fait des tonnes, Mr Waters reprend les commandes avec : Cloud In My Heart suivit de son ode au champagne et au joint : Champagne and Reefer, qui n'est pas pour déplaire à ses fistons de Stones. Ils reprendront d'ailleurs cette chanson bien plus tard en duo avec Buddy Guy (tiens, tiens), sur le film de Martin Scorcese : Shine A Light en 2008 ! Sur ce titre un autre moment mémorable se produit, lorsqu'un spectateur du premier rang fait passer une poignée d'herbes à Muddy, qui prend tout d'abord un air scandalisé, la renifle et la rend à son propriétaire en riant avec un Jagger à ses côté tout aussi mort de rires que lui et totalement complice !

Quel bonheur de voir enfin ce moment unique immortalisé, où les Rolling Stones devenu une grosse machine commerciale à l'époque, redeviennent humains au contact de leur idole de toujours, sur la petite scène de ce club enfumé. Quel bonheur de retrouver Muddy Waters deux ans avant sa mort mais toujours aussi impressionnant, remarquable, flamboyant entouré de sa descendance spirituelle, venue à nouveau célébrer leurs mentor ! De plus le travail de restauration sonore de Bob Clearmountain est impeccable. Malgré les fausses notes et les errances musicales durant cette prestation propre à une jam session, ce concert est un must pour tous les fans de Muddy et des Stones, et est maintenant gravé pour l'éternité dans l'histoire de la musique populaire Américaine.

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