Avis client

Les Lectures d'Anne-Sophie (Annesophiebooks)
Actif depuis le 10 juillet 2018
Dernier avis le 14 octobre 2019
98 avis rédigés
4/5 évaluation moyenne
116 notes utiles

Note générale
Bien
A tester sans tarder. L’Expérience, d’Alan Glynn, est le genre de roman qui ne laissera personne indiffèrent. En 1953, Ned Sweeney, publicitaire New Yorkais, teste (bien malgré lui) du MDT-48, une drogue mise au point dans la continuité du programme MK Ultra. En quelques minutes, il se retrouve emporté dans un tourbillon de sensations plus fortes les unes que les autres. La plus formidable d’entre elles étant sa capacité à entendre, comprendre et analyser tous les sujets auxquels il se trouve confronté. Soixante ans plus tard, Ray Sweeney, le petit-fils de Ned, travaille à son compte dans l’analyse et le traitement de données pour certains politiques ou entreprises. Au cours de l’une de ses missions, il va rencontrer un ancien politicien pour le moins énigmatique qui lui apprendra que son grand-père ne s’est pas suicidé comme tout le monde l’a toujours cru. L’alternance des chapitres nous permet donc de suivre d’un côté Ned et les expériences qu’il vit grâce au MDT, et de l’autre Ray et son enquête pour découvrir ce qui est véritablement arrivé à son aïeul. L’écriture est vive, le rythme idéalement soutenu, que l’on soit en 1953 ou en 2014. Le lecteur pourra donc tout autant apprécier l’une ou l’autre des deux histoires, voire les deux, tant on ressent l’attrait de l’auteur pour cette thématique (auteur à qui l’on doit d’ailleurs « Champs de Ténèbres », le roman qui a inspiré le film Limitless). Personnellement ce sont les chapitres avec Ned Sweeney qui m’ont le plus emportée, même si j’ai également beaucoup aimé l’enquête. Sûrement parce que, confrontée au même dilemme, j’aurais sans hésitation fait les mêmes choix que lui. Comment ne pas succomber à une substance capable de faire fonctionner notre cerveau quasiment à 100% de ses capacités ? Qui plus est, si l’enquête de Ray est très bien menée et racontée, les ressentis de Ned sous MDT sont eux absolument captivants. Un roman qui va très vite et très loin, et qui emporte sans difficulté le lecteur à la suite de Ned, dans sa recherche constante de nouvelles connaissances. J’aurais préféré que ce roman soit un tout petit peu plus long, afin d’avoir une fin un peu moins abrupte. Mais ça reste excellent même ainsi. À découvrir !
Note générale
Bien
Encore du grand Goddard. Avec L’Héritage Davenall, son nouveau bébé de plus de 700 pages, le roi du polar britannique nous offre une nouvelle fois un de ses grands romans rempli de mystères dont il a le secret. . 1871. James Davenall disparaît subitement après avoir écrit un mot qui laisse entendre qu’il va mettre fin à ses jours. 1882. Alors que Constance, l’ex fiancée de James, est devenue l’épouse de William Trenchard, ils reçoivent un soir la visite d’un individu se faisant appeler James Norton mais prétendant être en réalité le James Davenall disparu depuis 11 ans et dont on n’a jamais retrouvé le corps... . Si le postulat de départ laisse supposer une lecture mystérieuse mais à la finalité forcément simple (il sera prouvé que l’homme en question est ou n’est pas James Davenall), Robert Goddard nous prouve une fois de plus qu’il n’en est rien et qu’il n’y a pas de petits sujets chez un grand auteur. Car, dans cette histoire, rien n’est simple. . Qui a tort, qui ment, qui cache quoi, à qui, pourquoi, ne sont que quelques-unes des très nombreuses questions dont cette histoire regorge, pour le plus grand plaisir du lecteur. . Comme toujours avec cet auteur, on ne s’ennuie pas une seule minute durant ces 700 pages. . Les personnages sont, comme à son habitude, complets et complexes à souhait. Si bien que, du début à la fin on ne sait à qui se fier. Quant à l’ambiance, c’est encore et toujours un des grands points forts de Mr Goddard. Le bruit des calèches, le clair soleil de certains après-midi de campagne et l’humidité du brouillard londonien deviennent notre décor quotidien autant que celui des protagonistes. Et nous nous laissons prendre avec délectation, les nombreux faux-semblants des uns et des autres. . Un seul tout petit bémol (sur plus de 700 pages rappelons-le) porte sur l’une des toutes dernières révélations qui va pour moi trop loin dans la noirceur de l’humain. Mais ce n’est qu’un minuscule bémol au milieu d’un millier de ravissements. . Donc, si vous aimez les mystères à rebondissements, les personnages forts, les ambiances palpables, et bien évidemment les plumes ensorcelantes, n’hésitez pas à vous perdre dans cet excellent nouveau polar !
Note générale
Bien
Une très belle réussite ! Si j’ai commencé ce thriller parce qu’il présentait une histoire susceptible de m’intéresser, j’étais loin de me douter qu’il allait me plaire à ce point là ! La vie de Gina implose littéralement lorsqu’un simple accident révèle que son mari est un tueur en série. Comme si cela ne suffisait pas, elle et ses enfants se retrouvent alors traqués comme des bêtes par tous les apprentis justiciers du pays. Leur seule chance de s’en sortir est de fuir et se cacher. Mais à l’heure d’internet et des réseaux sociaux, rester cacher parmi la foule relève la gageure. On a là plusieurs sujets qui laissent présager une bonne intrigue : un tueur en série particulièrement tordu, une femme désespérée et prête à tout pour protéger ses enfants, les avantages et inconvénients de nos « merveilleux » outils de communication. Bref d’excellents ingrédients de thriller, possiblement capables de nous offrir de belles heures de lecture. Et c’est ici parfaitement réussi. Le rythme, déjà, est excellent. Dès la troisième page on est dans le vif du sujet. Pas de longue amorce inutile, ici ça claque dès le début. S’il ne demeure pas constant tout du long, c’est uniquement pour aménager des temps de « descente » afin de nous redonner un grand coup d’adrénaline dès le chapitre suivant. Les personnages, ensuite. Là aussi, dès les premières pages, le ton est donné : vous ne pourrez vous fier à aucun des protagonistes. Vraiment aucun. Un choix risqué mais qui est parfaitement maîtrisé par l’auteure et nous tient en haleine de façon très efficace. L’histoire, enfin. Si, comme dans tout thriller, il faut lui pardonner quelques menues invraisemblances, elle reste solide et nous ferre de la première à la dernière page. La fin, à demie ouverte, clôture très bien le roman, apportant le bon nombre de questions aux questions du lecteur, tout en semant ce qu'il faut pour pouvoir faire une suite. Et ça tombe bien puisque c’est ce qui est prévu : elle devrait paraître l’année prochaine. Rachel Caine signe là son premier thriller, et après l’avoir lu on a qu’une hâte : lire le prochain. Bref, un pur thriller efficace et haletant que je recommande vivement à tous les amoureux du genre !
Note générale
Bien
Un sujet grave traité avec une grande délicatesse. Certains romans laissent de profondes marques dans le souvenir d’un lecteur. C’est précisément ce qui se passe pour moi avec Et Pour Le Pire. Tout d’abord, n’allez pas croire que ce n’est qu’un énième livre qui traite de violences conjugales. Celui-ci va beaucoup plus loin. L’histoire s’ouvre il y a 10 ans, au moment où Kathryn Brooker assassine son mari. J’ai d’ailleurs commencé par sourire, tant la scène où elle appelle elle-même la police pour leur demander de venir suite à son geste est racontée avec une saveur étonnante et détonnante. Oh bien sûr, après je n’ai plus beaucoup souri, loin de là, mais ce n’est pas pour autant que j’ai pu reposer ce livre, qui en 3 pages seulement m’avait déjà complètement accrochée. Si ce roman aborde un sujet très difficile, jamais l’histoire ne tombe dans le voyeurisme ou la surenchère de scènes choc. Tout est très clair dès le départ, et au fur et à mesure le lecteur découvre ce qu’a enduré Kate pendant de longues années. Mais le roman ne parle pas que de ça, loin s’en faut. Grâce à l’alternance de chapitres nous voyageons, entre 10 ans auparavant, au moment du drame, et tous les grands moments qui se sont déroulés après cela : la détention, la remise en liberté, la recherche d’un but, d’une renaissance, l’adaptation (souvent délicate) de Kate à sa « vie d’après »... Donc si les violences sont bien au cœur de l’histoire, elles ne la délimitent pas pour autant. Amanda Prowse a cette plume, très britannique, à la fois tout en véracité et en pudeur, qui lui permet de nous raconter l’horreur vécue par Kate, mais également l’espoir, la résilience, le courage et la force dont elle fait preuve dans « l’après ». Ce roman nous alerte une fois de plus sur un fait de société qui, hélas, perdure. Mais grâce à son style élégant, sans fard mais délicat, Amanda Prowse ne nous en offre pas seulement un aperçu, elle nous donne également matière à de nombreuses réflexions, sur la société, les victimes ou sur comment leur venir en aide. C’est bien sûr une fiction et non une histoire vraie, mais elle n’en est pas moins criante de vérité. À découvrir et à lire, pour l’histoire et pour la plume.
Note générale
Moyen
Un polar tout en finesse et en férocité. Un soir de novembre Bertrand Barthelme trouve la mort au volant de sa voiture. L’inspecteur Gorski, venu pour constater l’accident, se dit qu’aller annoncer la nouvelle à la famille du défunt sera très certainement l’aventure la plus palpitante qui lui sera donné de vivre ces derniers temps. Car, croyez le ou non, mais dans la petite ville de Saint-Louis il ne se passe (presque) jamais rien. Mais une fois devant la veuve, force est pour lui de constater 2 choses : la première étant que Mme Bartelme a une réaction pour le moins étonnante face à la mauvaise nouvelle qu’il vient lui annoncer. Et la seconde, que la dite veuve est plus que séduisante. Alors, puisque sa femme est partie et que Saint-Louis ne croule pas sous la criminalité, pourquoi ne pas faire plaisir à la jolie Lucette et essayer de savoir ce que son mari faisait sur cette route à un moment où il aurait dû se trouver en réunion ? D’autant que Raymond, le fils Barthelme, semble lui aussi cacher des choses... Graeme Macrae Burnet nous livre ici un polar dans la plus pure traduction du genre, avec pour décor une petite ville dont toutes les contradictions sont passées au microscope. En plus de nous offrir une enquête à l’ancienne, avec calepins, filatures et appels depuis des cabines téléphoniques, il dissèque sous nos yeux, et pour notre plus grand plaisir, les mœurs des petites villes de province. Et son coup de scalpel est absolument jubilatoire. Mensonges, trahisons et petits secrets inavouables se partagent les pages pendant que les sourires de façade, l’excessive pondération et l’abus de faux-semblants nous sautent au visage. Petites phrases assassines assénées par des gens de (presque) bonne éducation, et extrême mesquinerie cachée derrière les masques de convenances, relèvent encore un peu plus le menu dont l’auteur nous régale avec un style devenu bien trop rare. Ce polar ne se lit pas pour son rythme, il se savoure pour sa justesse et son impertinence. Si nous en avions déjà eu un bon aperçu avec La Disparition d’Adèle Bedeau, avec L’Accident de l’A35 il confirme son talent et imprime sa marque. G. M. Burnet est décidément un auteur à suivre de près !
Lost man
Lost man Bien
Note générale
Bien
Une histoire à l’ambiance brûlante ! Après Canicule et Sauvage, Jane Harper revient avec Lost Man, son troisième roman à la construction toujours aussi efficace. Nathan, Cam et Bub Bright sont trois frères aussi différents qu’il est possible de l’être. Si Cameron a toujours fait figure de fils, frère, mari et père parfait, et que Bub semble s’accommoder de sa place de « petit » dernier, Nathan, l’aîné, est lui le plus renfermé des trois. Mais, le jour où le corps sans vie de Cameron est retrouvé en plein milieu des terres familiales, et que l’on conclut à un suicide, Nathan se met à douter. Car si tout le monde est d’accord pour admettre qu’à Cam n’allait pas bien depuis quelques temps, il est difficilement envisageable pour son frère aîné qu’il ait opté pour une mort aussi douloureuse. Conviction qui ne fait que se renforcer quand il retrouve sa voiture à 10 kilomètres de là, en parfait état de marche et remplie comme d’habitude de bouteilles d’eau. Et dans ces terres arides de l’outback australien, où l’on a pas pour habitude de s’épancher, et où chacun s’occupe de ses affaires sans se mêler de celles de autres, fussent-elles celles de sa propre famille, Nathan est décidé à retourner chaque caillou pour faire jaillir la vérité. Quitte à faire surgir de terribles secrets. Avec son style direct et incisif, Jane Harper nous plonge sans ménagement dans la chaleur étouffante de l’outback, et nous place au cœur de cette famille secrète et dysfonctionnelle. L’intrigue s’installe calmement, presque doucement, et monte crescendo mais sans que le lecteur ne s’ennuie une minute tant l’atmosphère est bien racontée. Le ressenti est particulièrement présent et prenant dans ce roman, tant sur les sentiments et ressentiments des protagonistes, que sur la nature, sauvage et magnifique, qui les entoure et qui, peu à peu, devient la nôtre. La fin, quant à elle, est particulièrement bien ficelée, à la fois logique et émouvante. Jane Harper est décidément très douée pour nous transporter sur son continent et pour nous donner envie d’y rester toujours un peu plus. Bref, c’est un très bon thriller d’ambiance, que l’on suit avec plaisir et que l’on referme avec nostalgie. À lire !
UnPur
UnPur Moyen
Note générale
Moyen
Poétique et douloureux. Août 1976. Benjamin et Julien, 8 ans, se trouvent avec leur mère en vacances à Venise. Entre cette mère, solaire et extravagante, et ses jumeaux, les liens sont forts. Pourtant, comme trop souvent, le mal rôde. Et ce jour-là, place Saint Marc, quelques secondes suffiront pour que Benjamin soit arraché à sa famille. Quarante plus tard, c’est pourtant lui qui est jugé, et non le monstre qui l’a enlevé. Pourquoi ? Qu’a t-il pu se passer pour que la victime soit assise à la place du bourreau ? Et pourquoi n’a-t-il pas repris contact avec sa famille plus tôt ? Dans ce court roman (221 pages) Isabelle Desesquelles donne la parole à Benjamin, pour qu’il raconte. Qu’il se raconte, lui. Pour qu’il raconte ce qu’il s’est passé de pire. Mais aussi pour qu’il raconte sa mémoire de leur vie à trois, avant l’horreur. Avec des phrase d’une beauté douloureuse, des mots d’une douceur déchirante, Benjamin nous dit tout. Dès le début j’ai été happée, hypnotisée par la mélopée des mots. Le lent tempo des douleurs. Les notes aiguës de l’espoir qui s’envole, le murmure de l’enfance qui s’en va, et le refrain des souvenirs qui réchauffent parfois les âmes en peine. Oui, pendant les 100 premières pages, j’ai été ébahie par la forme, fascinée par la plume. Terrifiée par l’histoire. Puis, vers la moitié du livre, se glisse une contre mélodie, un peu comme un point de bascule, qui m’a fait oublier la poésie, la beauté des mots et la tendresse des phrases. Je ne voulais pas, ou plus. Je n’étais pas d’accord. En colère parfois. Révoltée souvent. La fin elle m’a laissée terriblement triste. Non pas parce qu’il se passe quelque chose de terrible (le terrible a déjà eu lieu dès le départ), mais à cause de la tonalité. Je suis donc passée par beaucoup de sentiments, énormément d’émotions contradictoire et puissantes. Clairement ce roman ne plaira pas à tous. Certains seront dérangés par l’histoire qu’il raconte. D’autres par la tournure très poétique. D’autres par les messages qu’il véhicule. Pour d’autres ce sera peut-être un coup de cœur. Ce roman est à la fois trop beau et trop terrible pour être conseillé ou dénigré. Chacun est libre de le ressentir à sa façon. En bien ou en mal.
Les refuges
Les refuges Super !
Note générale
Super !
Le GRAND thriller psychologique de cette rentrée ! Coup de coeur phénoménal, Les Refuges, de Jérôme Loubry, vous emmènera très loin. Si l'auteur n'en est qu'à son troisième roman, il franchit pourtant déjà, avec celui-ci, un cap qui sera difficile à concurrencer. N'allez pas imaginer, à la lecture du synopsis, que c'est le genre d'histoires cent fois racontée, car vous vous méprendriez grandement. J'ai moi-même commencé ce roman presque en dilettante, et j'ai rapidement compris mon erreur. D'abord légèrement sonnée par la première surprise qu'il nous réserve, le rythme des gifles et des uppercuts s'est ensuite enchaîné à une allure telle que je suis restée, en refermant ce livre, deux bonnes heures assise sur mon canapé à ne rien faire d'autre que d'y penser et y repenser encore et encore. Comment avais-je pu me faire avoir à ce point ? Ne rien voir venir ? Avoir pensé à tout sauf à ça ? Tout simplement parce que Mr Loubry s'est donné le mal de construire une partie redoutable, dans laquelle il nous tient en échec durant 360 pages, avant de retourner complètement le plateau à la toute dernière. Et c'est à la fois cruel et parfaitement délicieux. J'ai été tour à tour stupéfiée et épatée, j'ai eu la chair de poule, et le souffle coupé. Car si la fin est tout simplement remarquable, tous les chapitres qui nous y mènent ne le sont pas moins. Et si Jerome Loubry installe au départ une ambiance sombre mais à la mécanique assez douce, c'est pour mieux nous tromper, et croyez-moi, à ce jeu là, il gagnera à de nombreuses reprises durant cette lecture. Même en tentant d'imaginer tout est son contraire, chaque twist nous prend de cours. Mais surtout, chacun d'eux à ce côté fascinant qu'ont toujours les choses auxquelles on ne s'attend pas. Ce thriller, véritable bombe atomique dans son genre, ne vous laissera pas une seconde de répit, et sa fin vous laissera sans voix. C'est un roman que vous ne pourrez pas l'oublier, ni vous empêcher de le recommander à vos proches, pris entre la hâte de discuter avec eux du grand final et l'idée sadique, mais Ô combien satisfaisante, de voir leur réaction en le découvrant. À lire, à dévorer, à conseiller, sans retenue aucune !
Note générale
Bien
Un thriller rural incandescent. Si nous avons pléthore d’excellents auteurs de thrillers à travers le monde, il y en a aussi que nous gardons jalousement pour nous. Parmi ces fabuleuses plumes françaises, celle d’Elena Piacentini se taille une place de choix. Mathilde Sénéchal, flic à l’excellent flair (avec ou sans jeu de mot), est une jeune femme toute en contradictions. Pour dépasser le mal-être qui la ronge il lui faudra se rappeler ce qui l’a généré, et surtout l’accepter. Ce qu’elle n’imagine nullement possible. Aussi quand son ancien chef lui force un peu la main pour l’amener à enquêter sur une ancienne affaire dans le petit bourg d’Arcourt, où se trouve justement sa maison de famille, Mathilde pense qu’elle arrivera à faire la part des choses. Mais si Arcourt semble plaisant et paisible au touriste qui passe, celui qui s’attardera un peu comprendra vite qu’ici tout le monde se connaît, la majorité se déteste, et surtout personne ne parle vraiment. Peut-être parce qu’il y a des démons qu’il vaut mieux ne pas nommer de peur de les voir ressortir du bois… Si les Maugris, les Sénéchal et les Jobenne sont les trois principales familles de ce si joli coin de France, ce qui les lie entre eux n’apparaît pas dans le guide touristique. Et pour cause. Des secrets, du sang, une date, il n’en faut pas plus pour transformer le présent en passé, et le passé en présent. Le lecteur et Mathilde devront aller au-delà de l’épais voile des apparences et replonger au cœur de souvenirs qui trouvent leur source dans les recoins les plus sombres de l’humanité. Dans « Vaste Comme La Nuit », Elena Piacentini parvient à garder la juste note tout au long d’un thriller aussi mélodieux que diabolique. Ses personnages sont profonds et attachants (avec une mention toute particulière pour la petite Adèle), la trame est souple, addictive, et le rythme, oscillant entre passé et présent, a un côté hypnotique particulièrement plaisant. L’auteure nous offre ici un cold-case parfait, dans lequel illusions et superstitions s’entremêlent et ferrent le lecteur jusqu’à la fin. Oui, vraiment, je vous conseille d’aller passer quelques jours à Arcourt, vous ne serez pas déçu ! À lire !
Note générale
Déçu
Deuxième roman de C J Tudor. Ce thriller, qui ne manquera pas de plaire aux fans d’histoires semi horrifiques, n’a hélas pas du tout fonctionné avec moi. Comme bien souvent avec les lectures, le moment choisi et l’état d’esprit comptent beaucoup. Mais parlons d’abord du livre. Alors qu’il était adolescent, la petite sœur de Joe Thorne a brutalement disparu. Pour mystérieusement réapparaître deux jours plus tard… Si Joe remarque rapidement que sa sœur n’a plus l’air d’être elle-même, il n’aura malheureusement pas le temps de comprendre pourquoi. En effet, quelques jours plus tard, un autre tragique événement lui arrache de nouveau sa sœur et son père. Devenu adulte, il reçoit un étrange message d’un inconnu, l’avertissant que « ça recommence ». Joe décide alors d’accepter un poste d’enseignant dans sa petite ville natale afin d’essayer de résoudre cette énigme. Et, par la même occasion, met de la distance entre lui et un dangereux usurier à qui il doit une grosse somme d’argent. Si réponse il y a, elle doit se trouver dans la mine abandonnée où il allait jouer avec ses amis à l’époque… L’auteure de « L’Homme Craie » (que j’avais beaucoup aimé) nous offre donc ici une sombre histoire aux multiples facettes, qui ravira les amoureux du genre. Pour ma part, je n’ai, cette fois, adhéré ni à la trame de fond, ni à son rythme. Pour la trame, la raison est simple : j’ai lu ce roman juste après avoir perdu mon frère. Lire un thriller parlant de deuil fraternel n’était évidemment pas une bonne idée, et même en le reprenant quelques semaines plus tard, je n’ai jamais pu m’immerger dans l’histoire. Mais c’est là un ressenti purement personnel, et beaucoup de lecteurs y parviendront sûrement sans peine. Pour ce qui est du rythme, la mise en place des différentes intrigues et des nombreux personnages m’ont longtemps fait attendre que l’histoire démarre. C’est un choix parfaitement logique, vu le nombre d’informations que l’auteure nous fournit, mais qui, dans ce thriller, n’a pas du tout fonctionné avec moi. C’est donc un avis mitigé, mais très largement influencé par une difficile période personnelle. Une opinion étant par définition forcément partiale, n’hésitez pas à vous faire la vôtre !
Mon territoire
Mon territoire Super !
Note générale
Super !
Énorme coup de cœur de la rentrée littéraire. Raconte leur, mon Harley. Comment les McKenna sont devenus ceux qu’ils sont. Comme ça en a rendu certains serviles, d’autres jaloux, et parfois les deux à la fois. Dis leur, mon Harley. Qui on est. Pourquoi on l’est. Et ce qu’on est prêts à faire pour le rester. Alors, durant ces 560 pages, Harley McKenna va nous raconter. Comment Duke, son père est devenu le grand patron du North County. Comment ça a coûté la vie à sa mère. Comment son enfance est devenu un constant entraînement pour reprendre le flambeau. Comment tout cela lui a appris à raisonner, à agir, à haïr. Et à tuer. Parce que chez les McKenna, on a la vengeance chevillée au corps. Mais également comment ça lui a appris à écouter, à évoluer, à comprendre. Et à aimer. Parce que chez les McKenna, on a le sens de la justice enchaîné au cœur. Alors entre passé et présent, on suit l’évolution de Harley. Et on ne s’ennuie pas une seule seconde. Entre bikers, trafiquants, hommes de main et femmes battues, on assiste à ses combats, ses défaites et ses victoires, ses doutes et ses certitudes. On apprend à la connaître. À tous les connaître. À en aimer certains, à en détester d’autres. Parce que dans le North County, rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. On peut avoir le cœur bon et les mains tachées de sang, tout comme on peut avoir les mains propres et le cœur sec. Tout n’est toujours qu’une question de point de vue. Avec Mon Territoire, Tess Sharpe nous offre une lecture mémorable, à la fois roman social, récit d’apprentissage et thriller familial. Un roman qui dénonce, également. Les violences faites aux femmes. La facilité de corrompre. L’addiction au pouvoir, pour l’argent et pour le plaisir de voir la peur dans le regard de l’autre. Une histoire sur la famille, la vraie et celle que l’on se crée, sur l’amitié, la loyauté. Sur l’hérédité et l’éducation, enfin. La part d’acquis et la part d’inné. Bref, une aventure à couper le souffle, vécue par une héroïne inoubliable. Une trame profonde et intense, alliée à un rythme effréné et efficace Un superbe roman, difficile à lâcher et impossible à oublier. À lire et à savourer au plus vite.
Note générale
Bien
Une excellente longue nouvelle.. Une petite pépite glaçante d’à peine 156 pages, mais qui vous marquera durablement... Ira Levin avait décidément un talent phénoménal pour nous faire frissonner grâce à des écrits aussi variés que réussis. On doit notamment à cet auteur (dont on parle trop peu selon moi) des titres passés à la postérité comme l’excellente dystopie « Un Bonheur Insoutenable », ou encore le terrifiant « Rosemary’s Baby ». Avec Les Femmes de Stepford, il nous offre une histoire à mi-chemin entre la satire sociale et le roman d’anticipation sur la robotique. Et quand on sait que ce roman a été écrit au tout début des années 70, cela laisse songeur sur ce qu’il aurait pu écrire s’il était toujours de ce monde... À Stepford, petite ville américaine dans laquelle Joanna vient d’emménager avec sa petite famille, tout semble absolument parfait. Jolies maisons, enfants polis, familles unies, voisins dévoués, tout les éléments semblent réunis pour mener une vie calme et sereine, loin de du tumulte et de l’agitation de la « grande ville ». Pourtant, rapidement Joanna va être amenée à se poser des questions... Pourquoi les femmes semblent-elles devenir les unes après les autres tellement absorbées par leur intérieur ? D’où sortent leurs réactions si semblables, tellement peu... humaines ? Et que peut-il bien se passer dans ce Club des Hommes où les maris se rendent parfois plusieurs fois par semaine ? Quand sa meilleure amie devient elle-même méconnaissable, Joanna décide de faire le nécessaire pour savoir enfin de quoi il retourne. Est-ce vraiment Stepford qui ne tourne pas rond ? Ou est-ce Joanna qui perd peu à peu la tête ? Ira Levin fait en sorte que le lecteur se pose les mêmes questions que la principale protagoniste, et il y parvient sans peine. Une chose est sûre, une fois commencé vous ne pourrez plus lâcher ce livre avant la fin, oscillant entre sourire et chair de poule. Cette longue nouvelle (ou ce court roman, c’est au choix) se déguste avec une avidité croissante et nous prouve, s’il en était besoin, que parfois les meilleures histoires partent d’une idée toute simple. Et si elle est servie par une plume comme celle-là, le résultat est parfait. À (re)découvrir sans hésitation !
Note générale
Bien
Un roman qui se dévore. Un superbe roman noir qui dissèque les conséquences d’une relation toxique poussée à son paroxysme. Sincèrement, à la réception de ce roman, je n’étais pas certaine d’y adhérer totalement. Les livres traitant du sujet sont devenus légion, et, même si chaque point de vue est toujours interessant à connaître, je craignais un peu une sensation de « déjà-lu ». Et j’avais tort. Non seulement le style de l’auteure m’a totalement conquise dès les premières lignes, mais en plus j’ai été totalement emportée par cette histoire sombre à souhait. Il y a 15 ans, après avoir vécu une relation passionnelle avec Lucian, Catherine décide soudainement d’épouser Sam. Pourtant, il y a 4 mois, la vie s’est chargée de les remettre en présence. Et aujourd’hui, Catherine est devenue totalement mutique et a dû être hospitalisée dans un service spécialisé. Pourquoi a t-elle fait ce choix il y a si longtemps ? Que s’est-il passé il y a quelques mois pour qu’elle se retrouve maintenant dans cet état de détresse psychologique extrême ? Les chapitres, très bien découpés, alternent sur ces trois périodes, et donnent, tour à tour, la parole à Catherine et à Lucian. Sorte de puzzle à la trame très addictive, ce roman psychologique se dévore d’une traite. Même si ça joue forcément un rôle important, ce n’est pas tant la recherche des réponses à ces questions que la manière dont elles sont amenées qui maintient le lecteur jusqu’à la toute dernière page. J’avais, pour ma part, compris quasiment dès le début la tournure qu’allait prendre l’histoire. Et même si j’avais effectivement vu juste, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Alors si (comme souvent avec les auteur(e)s britanniques) la plume maîtrisée et le verbe élégant de Claire Empson y sont évidemment pour beaucoup, c’est le sujet, intemporel, tellement humain, presque commun, mais trop souvent dramatique pour ceux qui le rencontrent, qui permettra à tout lecteur de se reconnaître dans l’un ou l’autre des protagonistes. Ne vous fiez pas au titre, ce livre est tout sauf un roman sentimental à l’eau de rose. Les amoureux de thrillers psychodomestiques devraient passer un excellent moment de lecture avec cette nouveauté. À découvrir !
Note générale
Bien
Un thriller sombre et délicat Bryan Reardon nous avait régalé l’année dernière avec son premier titre, Jake. On découvrait alors sa plume, noire et profonde, et son grand talent pour conter et mettre en relief les recoins les plus sombres de la cellule familiale. J’avais adoré Jake l’année dernière et, cette année, je suis de nouveau totalement conquise par Le Vrai Michael Swann, le nouveau roman de l’auteur. On retrouve son style efficace, abouti, parfaitement littéraire et tout en sobriété. Quelques minutes après que la communication téléphonique entre Michael Swann et sa femme, Julia, soit brusquement interrompue, la nouvelle tombe : une bombe vient d’exploser à Penn Station, où Michael se trouvait justement. Et tandis que Julia tente de faire face à son chagrin, elle apprend que le principal suspect de l’attentat n’est autre que son mari. Ballotée entre la certitude de son innocence, et le bon sens qui lui dicte de regarder en face les preuves à charge qui s’accumulent, Julia fera tout pour retrouver et protéger Michael. Mais pour cela, encore faudrait-il savoir s’il est en vie... Avec ce nouveau thriller qui nous entraîne dès le départ dans les affres et questionnements d’un couple dont on a du mal à savoir s’il est fusionnel ou au bord de la rupture, Bryan Reardon se révèle toujours aussi efficace et talentueux pour décortiquer et retranscrire les relations et réactions humaines au sein d’une famille et d’amis proches. Certains diront peut-être que ce roman manque de rythme, ou qu’il ressemble à Jake. Personnellement je ne suis pas d’accord. L’auteur prend son temps, c’est vrai, pour nous conter cette histoire sans omettre de détails (nécessaires, toujours) et en la plaçant dans le contexte de l’Amérique de Trump afin d’apporter également au lecteur un éclairage sur l’étrange époque que traverse ce pays. Ce qu’il y a de certain, c’est que l’on ne s’ennuie à aucun moment et que page après page on déguste cette plume qui nous prend tellement aux tripes qu’on ne parvient jamais à poser le livre plus de quelques minutes. Alors, thriller, roman sociétal, roman noir ou suspens psychodomestique ? Le Vrai Michael Swann est un peu tout ça à la fois. Bref, j’ai adoré et je vous le recommande !
Note générale
Super !
Petites merveilles. John Connolly a un talent incontestable. Ce n’est pas là une nouveauté, et que ce soit à travers ses thrillers ou ses nouvelles, il n’est plus besoin de le démontrer. Dans sa série Charlie Parker, ses recueils de nouvelles, ou n’importe lequel de ses autres romans, l’univers qu’il développe sous les yeux du lecteur est aussi sombre que remarquable. Le sens du détail, la finesse des tournures, la complexité des personnages, la noirceur des âmes ou des situations, sous sa plume tout semble prendre forme avec une facilité déconcertante. Le recueil de nouvelles Musique Nocturne n’échappe évidemment pas à cette règle, et nous offre en plus le plaisir de (re)découvrir l’auteur à travers plusieurs genres. Certaines nouvelles vous glaceront d’effroi, d’autres vous donneront une étrange sensation de malaise, d’autres encore vous feront à la fois frémir et sourire. Quoiqu’il en soit, aucune ne vous laissera indifférent. Tout au contraire même, chacune vous captivera. Pour ma part, j’ai aimé me perdre dans chaque histoire de ce recueil. J’ai adoré être obligée de refermer le livre pendant quelques minutes à la fin d’une nouvelle, afin de pouvoir y rester un peu plus longtemps par la pensée. J’ai parfois eu la chair de poule, non pas à cause de détails trop explicites, mais grâce aux non-dits et à l’ambiance qui les entoure. À d’autres moments, je me suis retrouvée totalement immergée dans un univers créé de toutes pièces et parfaitement présenté. Comme dans la bibliothèque Caxton, par exemple, lieu glaçant et féérique à la fois. Glaçant parce qu’il s’y passe des choses très étranges, et féérique parce que vous pouvez y croiser tous les plus grands personnages de la littérature. Le temps et l’espace sont des concepts que vous oublierez durant ces lectures. Alors si vous désirez lire du noir, du fantastique, du terrifiant, ou même parfois les trois à la fois, et découvrir des endroits et des temps décrits par un auteur incontournable et servis par une plume remarquable, je ne peux que vous conseiller de rapidement vous procurer Musique Nocturne. John Connolly a la capacité de vous emmener très loin. Alors laissez-vous aller, et appréciez ce voyage aux multiples étapes !
Note générale
Bien
Du pur Slaughter. Un thriller dans lequel on retrouve tout le talent de plume de Karin Slaughter. Charlie Quinn, jeune femme à l’enfance bouleversée, est une avocate aussi douée et tenace que profondément humaine. Il faut dire que chez les Quinn, le sens de la justice se transmet de père en fille, quitte à ne pas toujours respecter la Loi, si c’est pour la bonne cause. Aussi quand Flora, une adolescente de 15 ans, vient demander à Charlie de l’aider pour obtenir son émancipation, la jeune avocate ne met pas longtemps à se laisser convaincre. Comment le pourrait-elle, d’ailleurs, alors que la jeune fille lui rappelle tellement celle qu’elle était elle-même ? Flora ayant perdu sa mère dans un terrible accident, l’assurance a ouvert un fonds qui lui paiera ses études universitaires et l’aidera à bien commencer dans la vie. Mais il semblerait que les grands-parents de l’adolescente puisent de façon inconsidérée dans le pactole, qui diminue très vite. Dès lors, Charlie va tout faire pour assembler le plus de preuves possibles afin de lancer la procédure d’émancipation. Surtout qu’elle est persuadée que l’orpheline ne lui a pas tout dit, et qu’elle est sûrement également victime de maltraitance. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette enquête va l’amener à découvrir de bien vilaines choses... En 215 pages l’auteure nous fait vivre, comme d’habitude, une histoire pleine de rebondissements. Pour ceux qui ont lu Une Fille Modèle, c’est l’occasion de retrouver Charlie et quelques autres personnages du roman, dans une nouvelle aventure tout aussi mouvementée. Cependant ceux qui ne connaissent pas encore ce titre peuvent lire Dernier Souffle sans problème, car les deux histoires sont totalement indépendantes l’une de l’autre. Et Karin Slaughter parvient même à ne jamais spoiler aucun des événements de son thriller précédent. Vous pouvez donc les lire dans l’ordre qui vont convient. À noter que le titre Une Fille Modèle est maintenant disponible en format poche. Avec son talent habituel, l’auteure nous offre une fois de plus un roman qui se dévore d’une seule traite. Sans compter que cette lecture vous aidera à patienter jusqu’à la publication de son prochain titre. À lire donc !
Note générale
Bien
Original et addictif. Un livre que vous ne lâcherez plus une fois commencé. Imaginez. Vous êtes Alex, la petite trentaine, journaliste, très sportif, en excellente santé... et vous vous réveillez allongé dans un lit d’hôpital, après des mois de coma, et dans l’impossibilité de communiquer. Dans l’impossibilité TOTALE. Vos membres ne vous répondent pas, pas plus que le moindre de vos muscles. Mais vous entendez tout. Et vous ressentez le moindre contact. C’est ainsi que vous apprenez que pour les médecins, vous êtes dans un état végétatif avancé, sans aucun espoir de réveil. Que vous entendez les membres de votre famille essayer de se faire à l’idée d’accepter l’arrêt des soins. Et surtout, c’est comme ça que vous comprenez que si vous êtes là, ce n’est pas du tout suite à un simple accident d’escalade. Mais que pouvez-vous faire ? Comment leur faire comprendre que vous êtes conscient ? M Que vous les entendez, les sentez, les comprenez ? Comment leur faire savoir que vous voulez vivre ? Que vous aimeriez qu’ils attendent encore ? Qu’ils y croient encore ? Et surtout comment faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé le jour de votre chute ? Pour cette question, votre mémoire fissurée, les quelques bribes de discussions que vous entendez, et de longues journées de réflexion peuvent vous aider à y répondre. Quant aux autres questions... Avec ce thriller psychologique Emily Koch fait très fort. En nous immergeant totalement dans la tête d’Alex, elle nous fait ressentir, percevoir et réfléchir de la même façon que lui. Tout comme lui, on se sent incapable de bouger, de parler, de se faire comprendre ou entendre de qui que ce soit. Tout comme lui on cherche désespérément un moyen d’y parvenir. On ressent son désespoir, ses douleurs et même son ambivalence pour sa survie face à ce quasiment rien qui est son quotidien. Et on aimerait tant l’aider à se souvenir de qui l’a poussé, et surtout de pourquoi. Est-ce en rapport avec une des affaires qu’il couvrait ? Ou l’un de ses proches aurait-il intérêt à le faire disparaître ? Et arrivera-t-il finalement à s’en sortir ? Vous le saurez en lisant cet excellent thriller. Il Était Une Fois Mon Meurtre est un premier roman à ne pas louper.
Au loup
Au loup Bien
Note générale
Bien
Très bon. Un thriller qui ne laissera personne insensible. Ce qui m’a le plus marquée dans ce roman ? Sans conteste, les personnages. Ils sont très bien décrits, leur psychologie est très fine, et ils se complètent tous, à un moment où à un autre. Mais ce qui m’a vraiment frappée, c’est qu’à aucun moment Lisa Ballantyne n’essaie de nous pousser à les apprécier, ni même à ressentir de l’empathie pour eux. C’était risqué, et pourtant ça a superbement bien fonctionné avec moi : l’absence d’attachement à leurs égards m’a permis de me méfier de tous et de douter de la parole de chacun. Jusqu’à la surprise finale qui en a réellement été une. Mais reprenons du début. Angela, 13 ans, est une toute jeune fille au physique plutôt ingrat. Elle est violente, sujette aux sautes d’humeur, grossière et agressive envers ses camarades et sa famille. Nick, jeune professeur de théâtre et ancienne star du petit écran, est un homme séduisant, profondément épris de sa femme et l’heureux papa de 2 enfants. Quand la première avoue à sa mère avoir été agressée par le second, la vie des tous les protagonistes vole en éclats. Mais la vérité sort-elle toujours de la bouche des enfants ? Dès les premières pages, il apparaît clairement au lecteur que tous les personnages mentent et ont de (lourds) secrets. Très rapidement, victime et bourreau s’interchangent. Et si l’on ne peut croire personne sur parole, on ne doute pas que les révélations seront forcément fracassantes. Avec Au Loup, Lisa Ballantyne nous offre un pur thriller psychologique à la construction est parfaite. Au cours des chapitres qui donnent tout à tour la parole à Nick, sa femme, Angela, ou ses parents, nous tentons de démêler le vrai du faux de toutes ces vies cabossées. En choisissant de ne pas jouer sur l’empathie du lecteur, l’auteure nous permet de réfléchir et analyser chaque passage avec un recul qui semble nous laisser toute latitude pour trouver la vérité. Mais ce n’est qu’une illusion, et malgré cette approche le virage final qu’elle a choisi nous surprend forcément. Une bonne et agréable lecture, qui crée une vraie surprise grâce à une approche peu conventionnelle. À lire pour tous les amoureux de thrillers psychologiques !
Cogito
Cogito Super !
Note générale
Super !
Enrichissant, original, addictif. L’intelligence Artificielle est-elle une bonne ou une mauvaise chose ? Cette thématique a certes déjà eu son heure de gloire à une certaine époque, mais il était temps de la dépoussiérer. Et c’est précisément ce que Victor Dixen fait avec Cogito. Ici l’intelligence artificielle est partout. Elle n’a pas pris le pouvoir, mais les personnes qui sont en mesure de la faire évoluer, elles oui. Dans un monde constamment plus compétitif et toujours plus déshumanisé, le taux de chômage a explosé. En cause ? L’IA, qui à quasiment tous les niveaux arrive à produire le même travail, tout en étant beaucoup plus rentable. C’est dans ce monde totalement asphyxié qu’évolue Roxane, jeune fille aussi futée que désabusée. Si son passé est douloureux, son avenir n’est pas très engageant non plus. Jusqu’au jour où on lui propose de suivre un stage d’apprentissage intensif hors de prix et réservé à l’élite afin de pourvoir intégrer les meilleures corporations. Alors pourquoi l’avoir choisie comme boursière ? Pour qu’elle devienne la preuve que la preuve que la programmation neuronale fonctionne. Pourtant, une fois les stagiaires arrivés sur les îles où se déroule le stage, des événements non prévus vont commencer à se produire. Faisant ressortir le meilleur, mais également le pire de chacun d’eux. Qui se cache derrière tout ça, et pourquoi ? Qui de l’homme ou de la machine est le plus monstrueux ? Et surtout qui apprend le plus de l’autre ? Grâce à une approche atypique de ce sujet, l’auteur nous offre une dystopie entraînante et très enrichissante. En effet, dans une grande première partie le lecteur est amené à faire connaissance avec les différents courants de pensées qui ont toujours divisé la science et les philosophes au sujet de l’IA, ou même de l’humain face à la machine, et ce depuis des centaines d’années. La seconde partie du roman est plus rythmée que la première, mais elles m’ont tout autant passionnée l’une que l’autre. La première parce que j’ai appris quantité de choses interessantes, et la deuxième pour l’action particulièrement addictive. Le tout dans un objet livre unique et particulièrement bien fait qui renferme une histoire qui devrait faire date. À lire !
Note générale
Moyen
Agréable lecture. Encore un bon roman signé Gilly MacMillan. Avec Je Sais Que Tu Sais, l’auteure nous invite une fois de plus pour une histoire sombre et prenante, dans laquelle elle fait une fois de plus la part belle à la psychologie de ses personnages et aux difficultés des rapports familiaux et sociaux. 1996. Charlie, Scott et Cody, âgés de 10 ans, sont les meilleurs amis du monde. Jusqu’a ce terrible soir d’orage où Charlie et Scott ne rentreront pas. On retrouvera les corps le lendemain, battus à mort et dissimulés sur un chantier. 2017. Cody, qui ne doit sa survie qu’à une punition qui l’avait empêché de rejoindre ses amis ce soir-là, décide de lancer une série de podcasts pour faire toute la lumière sur le drame. Car si à l’époque un certain Sidney Noyce avait été arrêté, jugé et condamné pour ce double meurtre, le récent suicide de ce dernier, qui a toujours clamé son innocence, et la découverte d’un nouveau corps au même endroit, soulèvent nombre de questions. Questions qui déplaisent à certains, et Scott ne tarde pas à recevoir des menaces très explicites... Avec un inspecteur pour qui la culpabilité de Noyce ne fait aucun doute, un journaliste judiciaire pour qui elle est tout sauf évidente, une mère qui ne semble pas désirer savoir qui a tué son fils, et un entourage aux versions contradictoires, nul doute que Cody a de la matière pour alimenter son podcast. Surtout lorsque l’on découvre les divers événements survenus à cette époque... Gilly MacMillan nous offre ici un thriller psychologique dense, au rythme lent mais aux personnages terriblement complexes et intéressants. Comme toujours elle explore la psyché de chacun avec dextérité et ne cesse, tout au long des 360 pages, de nous faire douter de tous. De la mère aux réactions dérangeantes, au flic durablement marqué par cette affaire, en passant par toute une galerie de protagonistes pas si innocents que ça, les questions, suspicions et autres retournements de situation jalonnent ce thriller difficile à lâcher. L’atmosphère dégagée par le roman est elle aussi très forte, et enveloppe le lecteur du début à la fin. Un nouveau titre à ne pas manquer pour tous les fans de thriller psycho-domestique.