Livre / Sélection Les 10 meilleures bandes dessinées des années 2000
Par Lucle 29.08.2025
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Il est toujours aussi difficile de classer des meilleures bandes dessinées et de se restreindre à 10 titres ! Si nous décidons de mettre de côté la fin de Blast, L’arabe du futur (2014) et Les vieux fourneaux (2012) et bien tant bien que mal, nous arrivons à établir une liste.
Nous cherchons toujours l’équité en vous proposant autant de manga, de comics et de bandes dessinées franco-belge mais cette fois le manga ne saura représenter que par un titre. Exit donc, My hero academia (2014), One punch Man (2012) et Mob Psycho 100 (2012) par exemple. Nous avons aussi retiré des comics comme La cour des hiboux de Batman (2012) ou Old man Logan (2016).
Imaginez une société dans laquelle humains et robots vivent ensemble. Des robots qui ont une apparence humaine et qui sont complètements intégrés dans la vie quotidienne. Comme chez l’auteur de science-fiction Isaac Asimov, ils ne peuvent tuer les humains. L’inspecteur Gesicht est chargé d’enquêter sur une série de meurtres perpétrés sur des robots. Mais pas n’importe lesquels, les plus forts au monde…
Le mythe d’Astro le petit robot (Astroboy) revisité par l’auteur de 20th century boys et Monster, vous en pensez quoi ?
Plus qu’un hommage, cette bande dessinée est une enquête policière avec comme arc de fond un arc de la série originale d’Astroboy. Supervisé par Makoto Tezuka et Takashi Nagasaki, Naoki Urusawa prend beaucoup de plaisir (et nous aussi) dans cette enquête policière dont Astro n’est pas le personnage principal.
Le célèbre reporter de bandes dessinées Joe Sacco est allé plusieurs fois de novembre 2001 à mai 2003 à Gaza pour enquêter sur la tragédie perpétrée par l’armée israélienne. Son but est de démêler la fiction de la réalité en interrogeant et en sortant des sentiers battus. Un travail minutieux et passionnant sur l’exécution de près de 275 civils. Les dessins sont magnifiques et le récit est réussi. Une plongée sur près de 400 pages et qui représente 6 ans de travail pour ce massacre, oublié par les médias qui a eût lieu à Khan Younis et à Rafah. Une histoire violente d’un débordement de l’armée israélienne durant la crise du canal de Suez. L’auteur de Palestine ne nous épargne rien afin de lever le voile sur une atroce vérité.
Une histoire d’amour naissante entre deux jeunes personnes en passe de devenir des femmes. Clémentine et Emma tombent amoureuses l’une de l’autre. Clémentine découvre son homosexualité en rencontrant Emma. Une histoire touchante et passionnante de bout en bout adapté au cinéma par le réalisateur Abdel Kechiche avec le film La vie d'Adèle. DJul Maroh a réussi à dépeindre avec beaucoup de justesse cette histoire d’amour naissant malgré les préjugés encore vivaces de notre société. Une très belle bande dessinée à découvrir d’urgence.
Dodola n’est qu’une enfant quand elle est vendue par sa famille à un scribe âgé. Celui-ci s’apercevant qu’elle n’est pas encore femme va l’instruire. Malheureusement, Le scribe va se faire tuer par des bandits et Dodola va s’enfuir et se cacher dans une épave. Mais ce n’est pas seule qu’elle se cache. Elle a sauvé aussi Zam, 3 ans qui était aussi avec les bandits. Pendant *98 ans, elle va l’éduquer et l’instruire et une nouvelle forme d’amour va naître entre eux. Hélas, une nouvelle tragédie va les séparer sous la forme d’un sultan qui va l’emmurer de force dans son harem.
Les récits de Dodola et Zam sont entrecoupés par des extraits de l’ancien testament et du coran. Dans ce roman graphique, l’histoire s’étale sur 700 pages incroyablement calligraphié par Craig Thomson. La bande dessinée est en noir et blanc, et d’une finesse incroyable.
Dans Saga, deux clans se livrent une guerre sempiternelle. Deux personnes, Alana et Marko, appartenant chacun à un de ces clans, deviennent amant et ont un enfant. Cet enfant, Hazel, représente peut-être un espoir de paix pour le cosmos. Ce comics a remporté plusieurs fois le prix Eisner, un prix très convoité chez les artistes.
Urban réédite la série de bande dessinée dans un format luxe permettant de profiter pleinement des superbes dessins de Fiona Staples. Saga est un monument des BD de science-fiction.
Le synopsis de Mauvais genre : Déserter pendant la première guerre mondiale est synonyme de peine de mort pour un soldat français, les fameux « poilu ». Mauvaise gestion de la puissance ennemie a fait que l’armée française subit un véritable massacre. Paul fait partie des déserteurs et il s’est réfugié chez sa femme. Louise a une idée. Proposer à son mari Paul de se déguiser en femme et de se faire passer pour sa cousine à l’atelier de confection dans lequel elle travaille.
Son mari est offusqué par l’idée mais un habit en chêne et en clou l’intéresse encore moins. Il se fait passer pour la cousine de sa femme et découvre qu’il exerce un certain charme sous ses habits. Il va progressivement continuer à s’habiller comme une femme même en dehors du travail. Tirée d’une histoire vraie, dans cette bande dessinée historique, Chloé Cruchaudet nous emmène dans une histoire très intéressante sur la vie de couple et le dédoublement. Un récit qui a gagné le fauve du prix du public Cultura d’Angoulême en 2014.
Dans Un océan d’amour, c’est l’histoire d’un couple âgé bretons dont le mari exerce la pêche en mer. Un jour, un grand bateau passe dans son filet de pêche et emmène le bateau et le pauvre pêcheur vers l’Amérique ! Sa bigouden l’attend le soir mais ne le voyant pas revenir, ses amies lui suggèrent qu’il a sûrement disparu définitivement. Pourtant, elle est sûre qu’il est en vie quelque part et décide de partir à sa recherche.
Une bande dessinée théâtrale qui est sans paroles mais avec beaucoup d’émotions. Vainqueur de nombreux prix dont celui de la Fnac en 2015, cette histoire a la force d’être universelle grâce à une narration sans texte. Wilfrid Lupano, connu pour Alim le tanneur ou encore les vieux fourneaux et Azimut prend un plaisir fou à nous raconter cette histoire superbement mise en image par Gregory Panacione, le roi de la BD adulte sans texte.
David Smith est Le Sculpteur. Il peut sculpter tout ce qu’il veut à mains nues. Un pouvoir que le Diable lui a donné en échange de son âme. Il lui reste 200 jours à vivre. L’amour qu’il vient de rencontrer pourra-t-il le sauver de la damnation éternelle ?
Scott Mc Cloud nous propose une relecture du pacte de Faust de Goethe. L’auteur de L'Art invisible nous livre un récit poignant sur la maladie, l’amour et l’inspiration. Un classique pour votre bibliothèque qui a reçu le prix de la bd Fnac en 2016.
Un classique de l’humour nouvelle génération qu’instaure Fab Carro ou Emmanuel Reuzé : Zaï Zaï Zaï. Des dialogues croustillants digne des Monty Python avec un dessin minimaliste font de cette bande dessinée, un indispensable pour vos zygomatiques.
C’est une histoire parodique mettant en scène un auteur de bandes dessinées en cavale. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas présenté sa carte de fidélité dans un magasin et prétextait qu’il l’avait oublié chez lui. Un film d’ailleurs a été tiré de la BD en remplaçant le métier du protagoniste principal interprété par Jean-Paul Rouve par celui d’acteur. Une petite anecdote au passage, dans le film réalisé par François Desagnat, Fabcaro joue la personne qui dessine le portrait-robot du fugitif dans le commissariat.
Dans la bande dessinée Moi ce que j’aime c’est les montres, l’histoire se passe dans le Chicago des années 60 avec comme héroïne, une jeune fille de 10 ans. Karen lutte contre son genre et la monotonie de sa vie quotidienne. Elle aime les monstres et se voit lycanthrope ! Pourtant sa vie va être bouleversée par l’enquête qu’elle va mener sur « le suicide » d’Anka Silverberg, sa voisine.
Un roman graphique incroyable uniquement réalisé à l’aide de stylo bille par Emil Ferris dont elle a reçu 3 prix Eisner et le fauve d’or d’Angoulême en 2019. Un travail qui lui a pris des années et qui lui a permis de se concentrer sur sa rééducation. En effet, elle a contracté le virus du Nil occidental à la suite d’une piqûre de moustique. Cette maladie l’a plongée 3 semaines dans le coma et en est ressorti paralysée. Ne pouvant reprendre son travail d’animateur, elle décide d ‘écrire ce livre avec un stylo scotchée à sa main. Elle s’inscrit et passe le diplôme à l’école de l’institut de l’art de Chicago.
Ce qui me paraît marquant, c’est que toutes ces œuvres, malgré leurs différences de style ou d’origine, partagent un même fil rouge : elles parlent de nous. Qu’il s’agisse d’un pêcheur breton muet perdu en mer, d’un sculpteur maudit, ou d’une enfant qui se rêve monstre dans le Chicago des années 60, toutes explorent à leur manière la condition humaine, nos peurs, nos désirs et nos contradictions.
En définitive, ces dix titres rappellent que la bande dessinée n’est pas seulement un divertissement : c’est un art narratif majeur, capable de raconter le monde avec autant de puissance qu’un roman ou un film. Et si le choix est douloureux tant les chefs-d’œuvre abondent, cette liste témoigne de la vitalité d’un médium qui continue, décennie après décennie, à se réinventer.
Voilà c’est fini ! Nous avions commencé avec les meilleures bandes dessinées des années 70.