Avis client

JeanLeGoff Paris
Actif depuis le 11 juillet 2009
Dernier avis le 13 septembre 2014
223 avis rédigés
4/5 évaluation moyenne
1301 notes utiles

Note générale
Bien
Une histoire de Robespierre et de la révolution à travers celel de Robespierre Cette nouvelle biographie de Robespierre se lit comme un roman: le style est clair et démonstratif. L'auteur a effectué d'importantes recherches qui lui permettent de débusquer beaucoup d'erreurs véhiculées, notamment, par les adversaires irréductibles du révolutionnaire. L'ouvrage est particulièrement intéressant sur la naissance de la conscience révolutionnaire de Robespierre, son avance idéologique par rapport à ses contemporains, la lutte pour être élu député d'Arras, tant d'épisodes souvent négligés jusqu'à présent. Après les années de jeunesse, c'est toute l'histoire de la révolution que nous suivons et revisitons à travers celle de Robespierre. Je n'ai que deux critiques, l'une envers l'auteur, l'autre envers l'éditeur. Le seul épisode qui laisse sur sa fin est Thermidor: pourquoi Robespierre n'a-t-il pas surmonté cet obstacle alors qu'il avait résisté et remporté tant d'autres crises. L'auteur explique que Robespierre n'était plus en phase même avec la population parisienne, pourtant bien plus révolutionnaire que celel de province, mais pourquoi ce décalage qui a précipité sa chute et pourquoi cette relative absence de réction efficiente à la tournure prise par les évènements. L'on aurait aimé que cet épisode essentiel qui doit faire réfléchir tout homme, d'action ou de pensée, ou dse deux, soit traité de façon beaucoup plus approfondie. Mais ce n'est qu'une critique vénielle compte tenu de l'apport de l'ouvrage. S'agissant de Fayard, l'on peut se montrer pluss évère: visiblement, le colalge de l'ouvrage n'est aps au point, les feuilels se détachent de la reliure et après une heure de lecture, sont toutes détachées. Bref, un vice caché de reliure étonnat de la part d'une grande maison d'édition.
Le Samouraï
Le Samouraï Super !
Note générale
Super !
Une extrême sobriété et une infinie richesse Le Samouraï est un chef d'uvre du cinéma français et du cinéma mondial,qui a influencé les plus grands cinéastes mondiaux. Jeff Costello (Alain Delon)) est un tueur à gages d'une trentaine d'années. Il a reçu un contrat : exécuter le patron d'une boîte de nuit. Il se forge un alibi parfait. Cette mécanique imparable dysfonctionne et Costello se retrouve poursuivi à la fois par la police et le milieu. Le film de Melville est d'une très grande sobriété. Le scénario et la photographie sont épurés à l'extrême. L'action est ramassée dans le temps, à peine trois jours. Les dialogues sont réduits au minimum. Les sentiments sont suggérés. Cette extrême sobriété décuple la puissance de suggestion du film et permet une palette infinie d'interprétations. En voici une, mais qui est bien loin de se vouloir exclusive : dans un monde de plus en plus froid, qui fait appel à des techniques d'organisation de plus en plus élaborées, l'homme seul n'a plus vraiment sa place. Les sentiments demeurent d'une force inattendue : le tueur épargne la femme sous le charme de laquelle il tombe, tant au début qu'à la fin du film et les deux femmes qui tiennent entre leurs mains le destin du tueur refusent chacune tour à tour de le livrer au système, la pianiste du bar lors de la reconnaissance des suspects et la petite amie du tueur, au moment où elle lui fournit un alibi et lors de la perquisition de son appartement pendant laquelle elle résiste par amour à la pression et aux menaces de la police.
Note générale
Bien
Une clé d'entrée dans l'histoire romaine L'histoire de la Rome antique est un livre de Lucien Jerphagnon qui suscite toujours des commentaires très divers, qui vont de l'enthousiasme à la déception. Pour ma part, j'ai beaucoup aimé ce livre. Il permet d'embrasser en un seul livre, de lecture très agréable, l'ensemble de l'histoire de la Rome antque, de ses origines à sa chute. L'auteur ne se contente pas de retracer des faits historiques mais nous donne un aperçu parallèle de l'évolution de l'histoire de la pensée corerspondant à sa double formation d'historien et de professeur de philosophie antique. Le livre de Jerphagnon donne un aperçu global, permet de s'y retrouver, il n'a pas pour ambition d'entrer dans le détail et de résoudre des controverses de spécialistes. Il permet d'entrer dans l'histoire romaine, de ssuciter l'intérêt du lecteur et de l'amener à approfondir cet intérêt en ayant recours à des
Note générale
Bien
Entre amour et devoir Fondé sur un fait historique, le film force le spectateur à réfléchir sur les conflits auxquels un homme ou une femme peuvent être soumis dans la vie et sur la façon dont chacun peut ou non les résoudre. Le film refuse tous les clichés, toutes les conventions, tous les happy ends pour mieux nous rappeler la réalité.Des prisonniers sudistes s'échappent d'un camp nordiste sous la direction de leur major (l'excellent acteur Van Heflin). Ils retrouvent d'autres compagnons d'armes au Canada et mettent en oeuvre un plan désespéré de l'Etat-Major sudiste: détruire des villes du Nord en y semant la terreur et s'emparer des fonds des banques de ces villes. La première cible est la paisible bourgade de Saint Albans dans le Vermont. Le major s'y rend d'abord en se faisant passer pour un commerçant canadien, rejoint par ses hommes qui infiltrent la ville. Le major est hébergé par une jeune et jolie veuve de guerre, Ann Bancroft. L'attrait est réciproque. Il devient un héros local en étant obligé d'abattre en pleine église un de ses hommes exalté. L'absurdité du conflit est mise en évidence par cette ironie du sort qui fait d'un espion sudiste un héros nordiste malgré lui. Le jour de l'opération fatidique arrive enfin. Le major va devoir choisir entre son devoir de soldat et l'amour qu'il porte à la jeune veuve et la protection qu'il doit à son fils. Chaque personnage évolue vers plus d'humanité, l'officier sudiste, son pendant nordiste et la veuve dont les deux homems sont amoureux. Ils résoudront chacubn du mieux qu'ils peuvent la situation de conflit inextricable dans lquelel la vie les a placés, soit par une solution de compromis, soit par une solution de rupture.
Note générale
Bien
Un beau western trop peu connu Le titre américain du film, Two Flags West, rend bien mieux compte de la thématique du film que Les rebelles de Fort Thorn. Vers la fin de la guerre de Sécession, des prisonniers sudistes se voient offrir la possibilité de s'engager dans l'armée nodiste à condition de participer aux guerres indiennes. Un colonel sudiste, Tucker (Joseph Cotten),et ses hommes acceptent le marché afin d'échapper à leurs conditions de détention misérables. Ils sont envoyés à l'ouest en territoire hostile. Le commandant du fort, Kenninston (Jeff Chandler), est un homme torturé: mutilé lors de son évasion d'un camp de prisonniers, il hait autant les sudistes que les indiens. Son frère est mort au combat contre les sudistes et il ressasse sans arrêt le passé. Il entretient par ailleurs des rapports très ambigues avec la veuve de son frère qui vit au fort et souhaite rejoindre sa région d'origine. Entre tous ces groupes et ces hommes et femmes vont se développer des relations complexes exacerbées par la pression des indiens assiégeant le fort. Ce film est une oeuvre forte sur le thème de l'honneur, de la fidélité à la parole donnée, l'importance du groupe et sur l'absurdité de la guerre. Robert Wise est un réalisateur de films de guerre, comem La cannonière du Yang Tse, qui développe des idées pacifistes. Le film est bien mené, le jeu des acteurs est bon, en particulier celui de Jeff Chandler, même si le scénario souffre de quelques incohérences.jo
Note générale
Bien
Un excellent western, trop méconnu Ce film est un petit chef d'oeuvre.Un joueur professionnel, se fait expulser d'une petite ville. Il faut dire qu'il ne travaille pas, gagne sa vie aux cartes et a la gachette facile, de quoi énerver le maire et le pasteur qui veulent donner une certaine respectabilité à leur bourgade en faisant partir tous les symboles du vice, les prostituées comme les joueurs. Notre homme est bien obligé de partir, à contrecoeur, car la femme qu'il aime se trouve dans cette bourgade. Il rejoint le charriot qui emmenait les prostituées qui ont été massacrées par des indiens mescaleros. Il rebrousse chemin pour prévenir les habitants du village du danger qui les menace. Personne ne le croit et il est même roué de coups car il est soupçonné d'avoir inventé cette histoire pour retrouver la femme qu'il aime et dont le maire est également amoureux. Mais le danger s'avère fondé et les habitants, rejoints par un petit détachement de l'armée, sont pris à parti par les Indiens. Toute la population est obligée de se retrancher dans l'église. Une longue attente commence, sous le roulement des tambours. Quand ils s'arrêteront, les Indiens attaqueront et ce sera peut-être la fin.Tourné avec très peu de moyens, ce film est très réussi. Il allie une bonne intrigue, une merveilleuse photo, des contrastes de couleur très beaux, et une ingéniosité du réalisateur et du producteur, qui arrivent à faire ressentir le danger sans le montrer. Le film aborde de nombreux thèmes: l'importance du groupe par rapport à l'individu, de la ville par rapport à la nature et la faculté de transformation d'un homme sous le poids des évènements et la quête de l'amour d'une femme. Il faut dire que le producteur du film est Val Newton, producteur habituel des meilleurs films de Tourneur, et le rélisateur, Hugo Fregonese.
Note générale
Super !
Un western magnifique Saddle The Wind (mal traduit en français par Libre comme le vent) est un des plus beaux westerns jamais réalisés. C'est une oeuvre malheureusement peu connue qui vient seulement d'être éditée en DVD zone 2 dans la collection des Introuvables Fnac. Le film de Robert Parrish est exceptionnel. Il se dégage de ce western une force peu commune, une violence palpable dont l'objectif est de lutter contre la violence.Le jeune Tony Sinclair (John Cassavetes) rentre de la ville où il est allé vendre un troupeau. Il ne revient pas seul mais avec une jeune et jolie femme, Joan (Julie London) qu'il veut épouser. Les retrouvailles avec son frère aîné, Steve (Robert Taylor) sont un peu difficiles. Le jeune frère supporte de plus en plus mal d'être commandé par son frère aîné; surtout, il a une envie folle de s'affirmer, il aime les armes et veut s'en servir. Il tue un premier homme qui était venu en ville pour tuer son frère. L'engrenage de la violence continue. C'est au tout d'un deuxième homme de tomber sous ses balles. La jeune femme s'éloigne de lui. Toute cette explosion de violence doit trouver une fin, qui prendra le spectateur totalement au dépourvu. Tout dans ce western est magnifique, de la scène initiale inspirée du roman d'Hemingway et des films qui l'ont inspiré (Les tueurs) à la scène final du duel au milieu des fleurs, le scénario sobre et puissant qui organise l'engrenage de la violence, la distribution choisie par Parrish qui oppose le jeune fou et le frère aîné, animés tous deux d'un amour fraternel extrêmement fort, les paysages.Le DVD comporte un très beau supplément, un entretien émouvant avec Bertrand Tavernier.
L'Opérateur
L'Opérateur Super !
Note générale
Super !
Un magnifique film muet Si un soir vous rentrez chez vous énervé par une journée professionnelle accablante, regardez L'opérateur (Tne Cameraman). C'est un très beau film muet, qui ne dure qu'un peu plus d'une heure (1H19 exactement), mais qui vous fera oublier tous vos soucis et pleurer de rire et de joie. C'est un des derniers films muets, tourné en 1928, alors que le parlant commençait à arriver sur le marché, mais c'est un film muet extrêmement bien réussi. Un petit photographe ambulant qui fait des portraits dans les rues tombe amoureux d'une secrétaire d'un studio de reporters cameramen de la MGM. Pour faire ses preuves et conquérir la femme qu'il aime, il achète une vieille caméra et commence à filmer, aidé et encouragé par sa belle. Tout va de mal en pis: ses premiers reportages sont ratés, le reportage de sa vie sur un règlement de comptes à Chinatown a été filmé alors qu'il n'y avait semble-t-il plus d e pellicule dans son appareil, un matuvu fait croire à sa promise qu'il lui a sauvé la vie en s'appropriant un sauvetage réalisé par notre petit photographe, mais finalemnt il devra son salut amoureux et professionnel à sa caméra et à un petit singe qu'il a recueilli. Le film fourmille de scènes drôles: celle de l'escalier monté et descendu quatre à quatre pour arriver au téléphine commun, la scène de la piscine où il se retrouve tout nu, celle de la cabine d'essayage ou de la pluie.
Note générale
Super !
Une excellent ouvrage de stratégie comparée L'art du commandement est un très bon livre de John Keegan. L'auteur est un historien réputé, particulièrement connu pour ses ouvrages sur la première et la deuxième guerre mondiae, et plus largement pour ses livres sur la guerre. Il confirme la très grande vitalité de l'école anglaise d'histoire militaire et stratégique. L'idée force de l'ouvrage consiste à mettre en parallèle 4 grands chefs de guerre, Alexandre, Wellington, Grant et Hitler et à en tirer des enseignements sur l'art de commander au fil de l'histoire (sur la même idée, chez keegan:Anatomie de la bataille, et Ian Kerhaw, Choix fatidiques : Dix décisions qui ont changé le monde 1940-1941L'ouvrage de Keegan présente un double intérêt, par ses récits historiques qui sont passionnants (4 chapitres d'une centaine de pages environ chacun analysant l'art de la guerre d'Alexandre, Wellington, Grant et Hitler) et par ses réflexions stratégiques, qui essaient d'analyser l'évolution de l'art de commander et de s'interroger sur sa dimension actuelle. Cet ouvrage de 566 pages est absolument passionnant. Il témoigne d'idées originales qui apportent un apport certain à la question de l'art de commander qui est cruciale dans toute organisation qu'elle soit militaire ou non. Les erreurs de commandement illustrées par Keegan sont extrêment instructives pour le lecteur afin de le mettre en garde contre les erreurs à ne pas commettre dans sa propre action.
Note générale
Super !
Une écriture cristalline La joueuse d'échecs est un très beau livre. Il est difficle de le qualifier précisément: l'on hésite entre une merveilleuse longue nouvelle ou un très beau et court roman. Le récit est l'un des plus beaux qu'il m'ait été donné de lire récemment. Le style est très proche du très beau livre de Stefan Zweig, le joueur d'échecs. L'écriture est cristalline, fine, intelligente. Il est quasiment impossible de s'arrêter de lire le récit quand on l'a commencé. On est envouté par le texte. L'histoire est celle d'une femme d'une quarantaine d'années qui vit une vie réglée, ordinaire, avec un mari et deux enfants, sur une île grecque. Elle travaille comme femme de chambre dans un petit hôtel pour touristes et son mari est garagiste. Rien ne vient jamais troubler l'écoulement des jours. Un beau matin, en faisant les chambres, la femme est émerveillée par un petit jeu d'échecs et une partie en cours. Elle imagine de faire cadeau d'un tel jeu à son mari. Premier saut dans l'inconnu: pourquoi cette idée de cadeau. Elle demande conseil à son ancien professeur qui lui procure un jeu d'échecs électronique. Le cadeau est fait mais le mari ne l'utilise pas. Sa femme va s'y mettre, en cachette, et cette passion va entraîner des bouleversments inimaginés. Ce petit livre est un hymne optimiste à l'action et à la passion, la croyance que la volonté peut changer la vie, qu'il faut lutter contre le conformisme et qu'il n'y a pas d'âge ni de situation qui empêche de se prendre en main et de changer. C'est vraiment un livre admirable et une écriture d'une réelle beauté, avec la circonstance d'autant plus admirable que le français n'est pas la langue maternelle de l'auteure.
Note générale
Bien
Une série prometteuse Les éditions du Lombard multiplient actuellement les initiatives éditoriales. De nombreuses séries ont été lancées ces derniers temps qui sont toutes d'assez grande qualité: Blackline, Sisco, Narcos, IRS, All Watcher,Alpha, Noklos Koda, Healer et District 77. L'une des dernières créations est la série Sherman, une aventure en 6 albums programmés sur 2011-2012. Les deux premiers tomes sont assez prometteurs. La famille Sherman est au sommet des affaires et de la politique. Le patriarche, Jay Sherman, a très bien réussi dans le monde des affaires. Robert Sherman, le fils, est en passe d'être élu Président des Etats-Unis. Mais il est abattu à l'issue d'un meeting électoral, sous les yeux de son père. Celui-ci se voit annoncer qu'il va devoir payer pour le mal qu'il a fait par le passé, qu'après avoir perdu son fils, sa fille sera tuée également et qu'il perdra toute sa fortune. Jay Sherman est victime de plusieurs tentatives d'assassinat. Il essaie de découvrir qui est son ennemi. Nous assistons en flash back aux différentes étapes de son ascension et aux inimitiés qu'il a causées au long de sa carrière. Le thème choisi, vidiblement inspiré de l'histoire de la famille Kennedy et de quelques grands films du cinéma américain, est intéressant. Le tout est à présent de savoir si les prochains albums parviendront à tenir le rythme et à fournir une explication crédible à l'acharnement destructeur dont le héros fait l'objet.
Note générale
Bien
Très bon film de prétoire de Billy Wilder Témoin à charge est un film de prétoire très drôle, plein de rebondissements, qui invite le spectateur à prendre beaucoup de recul par rapport aux procès et à la vie.Comme l'y invite un mot du réalisateur à la fin du film, il ne faut surtout pas dévoiler l'intrigue à tous ceux auxquels l'on conseille d'aller voir ce film. Nous n'en dirons donc que le strict minimum, juste assez pour mettre le spectateur en appétit. Un sous-officier anglais (Tyrone Power) rencontre en Allemagne occupée en 1945 une chanteuse allemande (Marlene Dietrich) dans un cabaret. Elle devient sa femme. Rentré en Angleterre, il fait par hasard la connaissance d'une veuve plus âgée dont il devient le confident. La veuve fortunée est assassinée. Elle venait de changer son testament à son profit en le faisant hériter de 80.000 livres, un vrai pactole à l'époque. Il devient le principal suspect, est arrêté et passe en procès. Un vieil avocat convalescent (Charles laughton) prend sa défense, persuadé de son innocence. Et c'est à partir de là que l'intrigue et le procès connaissent rebondissement sur rebondissement.Ce film est plaisant à beaucoup d'égards. Billy Wilder comme à son habitude manie en permanence l'humour, un humour toujours un peu grinçant. L'intrigue, adaptée d'un roman d'Agatha Christie, est plaisante et prenante à la fois. Le thème principal du film est la manipulation, l'avocat est manipulé par son client, la femme du suspect joue un double jeu et manipule à souhait l'avocat de son mari mais se trouve à son tour manipulée. La morale sous-jacente de Billy Wilder est douce amère comme dans beaucoup de ses films: comme souvent rien n'est vrai, il vaut mieux rire de tout, et en tout cas prendre beaucoup de recul par rapport aux apparences.Le film plaira naturellemnt à tous les adeptes des films de prétoire. Le procès à l'anglaise est très bien rendu. Les interrogatoires et contre-interrogatoires des témoins par l'accusation et la défense sont un régal d'humour et d'intelligence.
Note générale
Bien
Un livre sur les avocats par un magistrat cinéphile Plus quun livre sur les avocats au cinéma, il sagit dun livre sur les avocats en France et aux Etats-Unis, le rôle quils jouent dans la société et le procès, illustré par un ensemble de films et de séries les mettant en scène. Sont ainsi évoqués tour à tour : - lavocat et lenquête, - lavocat et son client, - lavocat et largent, - lavocat et les juges, - lavocat à laudience, - lavocat et la morale, - lavocat, ce héros. Tous les avocats qui liront ce livre seront heureux de découvrir un magistrat avocatphile, qui reconnaît la beauté de cette profession, la passion de défendre et limportance du rôle joué par les avocats pour le bon fonctionnement de la société, rôle encore très insuffisant en France. Du point de vue de la critique cinématographique, louvrage est très fouillé. Lauteur a vu et revu nombre de films judiciaires, quil appelle « films de prétoire » et les analyse souvent avec beaucoup de profondeur. 270 films sont évoqués au total, parfois en quelques lignes, mais souvent sur plusieurs pages pour les plus importants comme Autopsie dun meurtre par exemple. Lon na que deux critiques à formuler qui pourraient facilement être corrigées lors dune prochaine édition : lindex des 270 films cités nest pas paginé et lon aurait aimé une liste des 20 ou 30 films de prétoire préférés de lauteur pour faciliter la tâche du lecteur cinéphile.
Note générale
Super !
Un chef d'oeuvre d'Otto Preminger Autopsie dun meurtre est un très grand film judiciaire. DA dune petite ville, battu aux élections,Biegler(James Stewart) est devenu un avocat désuvré qui occupe ses journées à la pêche aux truites et ses soirées de célibataire à des causeries arrosées avec son seul ami, un vieil avocat alcoolique.Mais un lieutenant de larmée, Frederik Manion, a tué de cinq balles à bout portant un tenancier de bar pour avoir violé sa femme,belle et sensuelles(Lee Remick).Manion se dit que lancien district attorney du comté est lhomme ad hoc pour le défendre. Laventure judiciaire commence(2H34)jusqu'à la chute pleine dhumour. Preminger sinterroge:la justice est-elle un jeu ? Elle en a tout lair. Un meurtre a été commis. Lavocat teste son client pour savoir sil est capable de jouer le jeu, il le met sur la voie et constate quil est suffisamment intelligent pour comprendre la règle du jeu. Le vainqueur nest pas la vérité mais le meilleur des joueurs.Mais de ce jeu émane une solution qui amène la paix sociale.Et en refaisant participer le district attorney au jeu judiciaire, elle le fait revivre: c'est un film judiciaire optimiste car il est en même temps la rédemption du héros principal qui reprend goût à la vie et de son ami qui parvient à surmonter son penchant trop prononcé pour lalcool. Ce thème de la renaissance est typique de Preminger. Pour les acteurs de la vie judiciaire, Autopsie dun meurtre est aussi un film dune infinie richesse, une anthologie de stratégie et de tactique judiciaire, allant du droit de la défense et à la préparation du client à adopter « spontanément » la défense requise à la lutte féroce, presque au corps à corps avec laccusation, utilisant tous les ressorts de laction judiciaire, le bluff, la recherche studieuse des précédents, la manière dentrer dans les bonnes grâces dun Président,lutilisation habile des questions et des réponses irrecevables, les colères feintes.
Note générale
Super !
Un très grand film Mark Dixon est un très grand film. Un inspecteur de police, Mark Dixon (Dana Andrews), est tancé par son chef. Il traite les voyoux trop brutalement et se trouve bloqué dans sa promotion. Mark Dixon fait en particulier une fixation sur un chef de bande que son père a lancé. Il se rend au domicile d'un suspect. Celui-ci le frappe, Mark Dixon réplique, l'homme s'écroule, mort. Dixon maquille cet accident en meurtre et cache le corps. Un chauffeur de taxi, père de la jeune femme (Gene Tierney) du truand qu'elle avait quitté, devient le principal suspect. Dixon, qui tombe de plus en plus amoureux de la jeune femme tente d'innocenter le père, dont la culpabilité semble évidente aux yeux des autres policiers. Tous ses efforts demeurent vains. Il s'agit d'un magnifique film d'Otto Preminger, réalisé en 1950 en noir et blanc. Preminger refait jouer le couple d'acteurs de Laura, tourné six ans auparavant, la très belle Gene Tierney et Dana Andrews, dont le jeu s'est encore amélioré.Le titre français du film est trompeur et réducteur. Il ne s'agit pas d'une histoire de détective. Le titre américain Where The Sidewalk Ends reflète beaucoup mieux l'intrigue, celle d'un policier qui se veut un modèle d'honnêteté et de droiture pour se démarquer de son père et qui se trouve confronté à un problème moral terrible, choisir entre le bien et le mal, en sachant que toute sa vie et son avenir sont en jeu. Restera-t-il sur le trottoir ou descendra-t-il dans le caniveau? Le film débute sur une scène qui pose symboliquement la question. Le héros est pris sans arrêt dans une contradiction: la volonté d'éviter de mal tourner comme son père le conduit à la violence, et cette violence même le confronte au choix entre le mensonge et la vérité. Otto Preminger pose la question et son film fournit une réponse possible. La photo du film est particulièrement bien soignée, l'intrigue est ramassée et le suspense intense et les acteurs sont excellents et très bien dirigés.
Note générale
Bien
Un recueil de chroniques de 113 films noirs Pendez moi haut et court est un recueil de chroniques de films écrites pour la plupart pour un magazine de San Francisco, Mystery Scene, par Barry Gifford, écrivain, critique de cinéma, scénariste et réalisateur. Publié dans la collection Rivages des Cahiers du cinéma en critique 1998, ce petit livre de 192 pages rassemble des chroniques consacrées à 113 films noirs. Le livre vaut le détour par la justesse des choix et la finesse des commentaires. Barry Gifford a choisi de commenter tout à la fois des monuments du film noir (Assurance sur le mort, Boulevard du crépuscule, le carrefour de la mort, Chinatown, En quatrième vitesse, High Sierra, Linconnu du Nord Express, Key Largo, Laura, Le port de la Drogue, Quand la ville dort, Shock Corridor, Sur les quais, Les Tueurs) et des films moins connus mais qui ont marqué leur époque ou méritent dêtre vus en tout état de cause (La Griffe du Passé qui a donné son titre au livre sous son autre titre, Tuez Charley Varrick, Lhomme qui a trop parlé, La Maison dans lombre). Les commentaires de 2 pages environ chacun sont intelligents et fins et se gardent bien de dévoiler tout lintrigue contrairement à de trop nombreux livres critiques. Pour découvrir le film noir, il faut avant tout en voir, si possible de bons. Ce livre de Barry Gifford constitue une excellente porte dentrée qui aiguille le lecteur sur des films à voir absolument en lefaisant progresser dans la réflexion et le sens critique.
Note générale
Moyen
Un bon outil d'autoformation en anglais Les langues vivantes sont l'une des matières les plus mal enseignées dans notre beau pays. Nous passons des années à les apprendre et nous trouvons souvent bien démunis lorsqu'il s'agit d'affronter une situation concrète, un rendez-vous, une conversation privée ou une conférence téléphonique. Sauf lorsque nous avons eu la chance d'étudier ou de séjourner à l'étranger. En outre, plus le temps passe et plus nos maigres connaissances linguistiques ont tendance à s'amortir de façon plus ou moins accélérée si nous ne pratiquons pas régulièrement. Ceci est tout particulièrement le cas de l'anglais dont nous avons de plus en plus besoin dans la vie professionnelle de tous les jours. The Press Book, Les grands thèmes de l'actualité dans la presse anglo-saxonne, constitue un bon outil d'auto-formation permanente ou un support à des cours collectifs ou particuliers pour ceux qui possèdent des bases en anglais, mais manquent d'exercice, de vocabulaire contemporain sur les grands problèmes de notre temps, de tournures usuelles et de réflexes grammaticaux pour éviter de faire des erreurs. L'ouvrage permet de s'entraîner à s'exprimer sur toutes sortes de sujets d'actualité en fournissant le vocabulaire, les expressions et les tournures de phrase nécessaires. 11 grands thèmes d'actualité sont abordés. Un premier test sommaire vous permet de mesurer vos connaissances et vos lacunes. Ensuite, l'ouvrage vous propose une série d'extraits d'articles de la presse anglaise et américaine d'aujourd'hui avec les mots qu'il faut connaître pour arriver à exprimer sa pensée et des alertes de grammaire à maîtriser. Ce livre de 240 pages se prête à un exercice quotidien et vous permet de progresser à votre rythme.
Note générale
Moyen
Pour (re)découvrir Paris à pied Paris Randonnées, Les traversées buissonnières de la capitale s'inspire du thème du film de Claude Autant-Lara sur La traversée de Paris pour nous proposer 8 parcours pédestres dans Paris, commentés (avec des anecdotes historiques ou des observations architecturales), et faisant découvrir toutes sortes de lieux insolites, à l'écart des grands axes. Ces randonnées à travers Paris, il faut de préférence les faire le week-end pour être moins gêné par la circulation, même si Dominique Lesbros a pris soin de choisir les parcours les plus verdoyants et les moins empruntés par les voitures. Au total, l'auteur propose 8 randonnées de 3 à 4H00 chacune, qui peuvent être faites isolément ou enchaînées: - d'est en ouest: 1. de Saint-Mandé à Saint-Michel; 2. de Saint-Michel à Boulianvilliers; - du nord au sud: 1. de la porte de Clignancourt au Pont-Neuf; 2. du Pont-Neuf à la Porte d'Orléans; - rive gauche, une courbe plein sud: 1. du quai de la Gare à la Cité universitaire; 2. de la Cité universitaire au parc André-Citroën; - quand la rive droite fait le dos rond: 1. de la porte d'Auteuil à la place des Abbesses; 2. de la porte de Pantin à la Porte Dorée. Ces circuits ne sont pas offerts en boucle d'un point de départ qui correspond au point d'arrivée mais en ligne droite ou courbe d'un point à un autre. L'ouvrage est agréable et les circuits plutôt bien choisis. On aimerait parfois avoir davantage de commentaires, mais ce guide est une invitation à découvrir un Paris à pied trop souvent négligé.
Note générale
Bien
Comédie de remariage et satire de la presse La Dame du Vendredi (His Girl Friday) est une très belle comédie réalisée en 1940 par un Howard Hawks au mieux de sa forme. Cette comédie combine deux thèmes: celui de la comédie de remariage qui a inspiré de nombreux réalisateurs américains à cette époque et une satire sociale très réussie du monde de la presse et du monde politique. En résumé, le directeur d'un journal à grand tirage (Cary Grant) reçoit la visite de son ex-femme (Rosalind Russell, très bonne actrice qui n'a pas eu la carrière qu'elle méritait) dont il est divorcé. Elle lui présente son futur nouveau mari (Ralph Bellamy, qui semble abonné au rôle qu'il a tenu également dans The Awful Truth, Cette sacrée vérité). A partir de là, tous les moyens sont bons pour reconquérir son ex-femme et son pauvre fiancé passera plusieurs fois par la case prison suite aux manigances de Cary Grant. Les journalistes sont présentés sous leur plus mauvais jour, prêts à tout pour un scoop, sans coeur et sans scrupules. Les hommes politiques n'échappent pas à la critique; ils vont jusqu'à tenter de cacher un sursis à une exécution d'un condamné à mort dans l'espoir de faire monter leur cote pour les prochaines élections. Le film est très plaisant, inventif, mené à un rythme soutenu avec des rebondissements inattendus.