Avis client

Esther R.
Actif depuis le 09 mai 2019
Dernier avis le 15 septembre 2019
63 avis rédigés
4.5/5 évaluation moyenne
27 notes utiles

Note générale
Bien
Une belle découverte Il s’agit ici d’un recueil de nouvelles, porté par des femmes fortes et ayant toutes le même point d’orgue, à savoir l’infidélité et l’adultère sous toutes ses formes. Ainsi, le lecteur découvrira à tour de rôle Sasha, qui ira boire un verre avec l’épouse de son amant, Gwen qui trouve son colocataire des plus séduisants et bien d’autres histoires. J’ai trouvé ce recueil de nouvelle très original, et ce qui m’a le plus plu, c’est le fait que ce soient des femmes simples qui sont mises en avant. Malgré le côté immoral de la situation de chacune d’entre elles, l’auteure a su nous les rendre attachantes et j’ai suivi leurs aventures avec plaisir. J’aurais cependant un bémol à émettre quant au dénouement de ces nouvelles que j’ai souvent trouvé abrupt et sans réel aboutissement, ce qui m’a laissée sur ma faim à plusieurs reprises. C’est pourquoi j’ai fortement apprécié de retrouver Maya, l’une des protagonistes, pendant trois nouvelles différentes à diverses étapes de sa vie. J’ai eu une impression de continuité en quelque sorte. La plume de l’auteure est très entraînante et les pages ont défilé. J’ai fortement apprécié d’avoir retrouvé une certaine unité dans la qualité des nouvelles proposées, et un certain fil rouge. Un recueil de nouvelles très réussi, même si j’aurais apprécié un dénouement plus abouti. J’ai aimé suivre les tranches de vie de ces femmes attachantes et toutes les nouvelles ont été intéressantes à suivre. Une belle découverte.
Note générale
Bien
D’une grande densité émotionnelle Los Angeles. Richard Kraft est chirurgien pédiatre au Carver Hospital. Il va décider de s’occuper d’un groupe d’enfants malades auprès de sa collègue thérapeute, Linda. Le contact avec ces enfants sera l’occasion pour nos deux protagonistes de sonder l’âme humaine et aboutir à bien des questionnements. J’aime autant vous prévenir d’emblée. Ce roman est d’une densité incroyable et il vous faudra être actif pendant votre lecture pour ne pas vous perdre et rester concentrés. En effet, dès les premières pages, j’ai eu un aperçu de ce qui m’attendait tout au fil du roman. C’est sûrement ce schéma narratif qui m’aura empêchée d’apprécier incontestablement ce roman. Et pourtant, ce récit m’a plu à bien des égards. La densité accompagnera la dimension émotionnelle du texte, parce que je dois le reconnaître, ma sensibilité a été mise à rude épreuve et a été à fleur de peau pendant tout le roman. La grande noirceur qui se dégage de ce récit est bien rendue, de manière très réaliste et j’ai été bouleversée. J’ai eu parfois du mal avec le personnage de Kraft, que j’ai souvent trouvé froid, même s’il se protège sous sa carapace pour supporter tous les malheurs auxquels il voit ces enfants confrontés. J’ai nettement préféré celui de Linda, bien nuancée et sensible. J’ai totalement accroché à elle, et j’ai eu tendance à trouver qu’elle portait presque mieux l’histoire que Kraft. La plume est vraiment très belle. Cependant, je n’ai pas accroché au schéma narratif. Effectivement, Richard Powers nous livre son texte avec des chapitres longs, voire beaucoup trop longs. D’autre part, beaucoup de digressions ont à maintes reprises coupé mon rythme de lecture. C’est dommage au vu de la qualité de la plume de l’auteur. Au final, cela a été une belle découverte qui a réussi à me donner un aperçu de la plume de Richard Powers, que je découvre avec ce roman. Malgré tout, quelques éléments ont fait que je n’ai pas été en mesure de totalement apprécier cette lecture, notamment à cause de toute la noirceur qui émane du récit et les diverses digressions qui parsèment les pages. À découvrir ne serait-ce que pour la belle plume de Richard Powers et la dimension émotionnelle qui ressort de ce roman.
La folle ardeur
La folle ardeur Super !
Note générale
Super !
Incursion dans le monde de l’art réussie Pendant plusieurs années, trois grandes figures du romantisme ont vécu dans une étroite relation. George Sand, Chopin et Delacroix se sont côtoyés, unis, désunis. Le lecteur suivra cette intimité décrite avec pudeur et réalisme. Voilà un très beau roman, dont le postulat de départ a tout de suite attiré mon attention. Effectivement, suivre ces trois grands génies de leur époque avait tout pour me plaire et c’est une réelle réussite. Le tout reste très romancé et se lit très bien. C’est indiscutablement ce qui m’a le plus conquise dans ce récit. Je ne me suis pas ennuyée. J’en ai énormément appris sur ces trois grands de leur époque. Cette incursion dans le monde de l’art a été réussie. Musique, écriture et peinture s’entremêlent dans un chassé-croisé incessant au fil des pages. J’ai aimé pouvoir découvrir le côté le plus humains de ces personnages et oublier presque leur côté inaccessible. L’auteure a su nous les créer attachants, profondément bouleversants, humains. La plume est splendide, tout en lumière et en totale adéquation avec ce récit. En effet, une plume lumineuse est essentielle pour décrire cette incursion dans le monde l’art. Les chapitres sont courts, cela dynamise énormément le récit. Ce roman constitue un véritable hommage à trois grands génies du romantisme, le tout servi par une écriture sublime et qui ravira le lecteur tout au fil des pages.
Note générale
Bien
Immersion totale en Corse Huma va retourner sur son île natale, la Corse, d’où elle est partie sans y remettre les pieds depuis plusieurs années. Pour quelles raisons est-elle partie ? Quels secrets cache sa famille ? C’est ce que le lecteur va suivre au travers du récit d’Huma, au fil des ans. Je tenais à lire ce roman en premier lieu pour le cadre environnemental. Effectivement, dès que j’ai lu que l’intrigue se déroulait en Corse, j’ai eu envie de découvrir ce récit. Je n’ai pas été déçue. Laure Limongi nous offre une immersion totale dans l’île de beauté, où je me suis laissée transporter par les paysages. C’est un véritable roman d’ambiance que l’auteure réussit à merveille. À chaque page, on sent son amour pour la Corse. Le deuxième point qui a attiré mon attention, c’est la présence d’un secret de famille, thématique que j’aime particulièrement retrouver dans mes lectures. Une fois de plus, c’est rondement mené. Les non-dits, les silences se font de plus en plus pesants au fil des pages. Même si parfois l’auteure m’a quelque peu perdue dans les méandres d’une intrigue très riche, je me suis laissée transporter par le récit d’Huma. Le point fort de ce roman réside sans aucun doute dans la force de l’écriture. La plume est très belle, parfois véloce mais toujours avec une pointe de poésie qui se marie à la perfection avec le décor idyllique que nous propose Laure Limongi. C’est donc une réussite. Avec une plume à la limite de la poésie, l’auteure aura su m’immerger dans un décor somptueux, le tout mêlé à une histoire de famille où les secrets ne demandent qu’à se dévoiler.
Les Yeux fumés
Les Yeux fumés Super !
Note générale
Super !
Une pépite Philippe, jeune homme de dix-huit ans, passe son quotidien dans la cité qui l’a vu naître. Entre une mère qui le délaisse complètement au profit de son frère aîné, un père totalement effacé, et toute une panoplie d’amis particuliers, Philippe devra tout faire pour s’en sortir. Sans travail, sans but, il déambulera jusqu’au drame qui bouleversera tout. Ce roman est tout simplement un petit bijou, livré brut et sans fioriture par l’auteure. Une véritable petite pépite de noirceur que j’ai dévorée quasiment d’une traite. Ici, c’est la psychologie qui est mise en avant et pas tant l’action. Cela ne va pas à toute vitesse mais happe plutôt le lecteur dans un univers rude, sans quartier et noir. Nathalie Sauvagnac a réussi à m’immerger totalement dans la cité où évolue Philippe. C’est d’une grande densité psychologique et émotionnelle. Au travers des yeux de Philippe, on ressent tout son mal-être d’être tant à l’étroit, ses envies de liberté, d’évoluer. J’ai avancé dans ce roman en apnée, tant je sentait que la tension montait crescendo. Le personnage de Philippe va longtemps me rester en tête. L’auteure a su créer un personnage qui va porter à lui tout seul l’intrigue. Le choix de narration de la première personne est plus que judicieux, puisqu’il permet une immersion totale dans le microcosme proposé par Nathalie Sauvagnac. La plume de l’auteure est d’une fluidité incroyable. Les pages ont défilé. Le style est très épuré, mais riche, et surtout l’émotion transparaît au travers des mots, ce qui n’est pas chose aisée. Un roman d’une rare densité psychologique, servi par un personnage principal fort et très bien dépeint. Ne cherchez pas l’action dans ces pages, mais plutôt l’émotion. Un roman auquel je vais beaucoup repenser. Une pépite.
Note générale
Bien
La fidélité dans tous ses états Milan. Carlo et Margherita vont commencer à douter à tour de rôle l’un de l’autre. Margherita va se mettre à douter sur la fidélité de son mari et mettra tout en œuvre pour le garder auprès d’elle. Mais l’ombre de l’infidélité plane beaucoup trop pour permettre un bonheur complet. Voilà un roman où tout est réellement dans la psychologie. Ici, pas vraiment de place pour l’action, mais plutôt pour les questionnements des personnages. L’auteur va habilement sonder les émotions humaines. Effectivement, ici, c’est la fidélité, la confiance en l’autre et la capacité à se reconstruire après une éventuelle infidélité qui seront analysées tout en finesse. Les deux personnages sont très travaillés psychologiquement. Les caractères sont bien brossés et cela donne beaucoup de réalisme à l’histoire. Le tout reste très subtil et je me suis particulièrement attachée au personnage de Margherita, que j’ai trouvée touchante à bien des égards. Le schéma narratif est très particulier. On passe d’un personnage à l’autre et le tout sans réelle délimitation. Cela peut perturber le lecteur, et pourtant, je dois reconnaître ne m’être jamais perdue au fil du récit. La plume est subtile et délicate. Le tout se lit de manière très fluide et les pages défilent sans même s’en rendre compte. Un roman très psychologique et qui soulèvera des questionnements intéressants sur la fidélité et la confiance au sein d’un couple. Une belle découverte.
Note générale
Super !
Rugby et amitié Lucas, douze ans, va se voir dans l’obligation de déménager en Auvergne avec ses parents. De nature très timide, il craint énormément la rentrée scolaire. Son rêve, c’est intégrer l’équipe de rugby locale. C’est ce qui lui permettra d’accéder ensuite à la All Blacks Academy et où il pourra ainsi jouer en Nouvelle-Zélande. Malheureusement, il échoue à cette première sélection. Une seule solution s’impose : créer lui-même son équipe. J’ai été conquise par ce roman jeunesse. Étant une néophyte totale en matière de rugby, j’avoue en avoir appris énormément sur le sujet. Tout est remarquablement expliqué, avec des notes en fin de chapitre, qui permettent de comprendre le jargon relatif à ce sport. C’est idéal pour les plus jeunes qui ne se sentiront jamais perdus lors de leur lecture. J’ai trouvé les personnages attachants au possible. J’ai beaucoup ri avec eux. Chacun d’entre eux a son caractère bien dessiné. Il y a certains passages très drôles. J’ai suivi avec plaisir toutes leurs aventures. Ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman, ce sont les valeurs que l’auteur essaie de véhiculer et qui transparaissent à chaque page. Effectivement, Samuel Loussouarn mettra en avant l’esprit de cohésion, l’amitié, l’effort, la persévérance pour réussir ses rêves. Le texte s’adressant en premier lieu à un jeune public, j’ai trouvé cela fort judicieux et réussi. La plume de l’auteur est dynamique et pleine d’entrain. Les chapitres sont courts et le tout reste facile à lire, mais n’en reste pas moins très bien écrit et avec de belles sources d’informations tout au fil des pages. Un premier tome très réussi qui saura ravir tous les publics. Nul doute que cela m’a donné envie de découvrir la suite.
Nobelle
Nobelle Super !
Note générale
Super !
Sensible et délicat Annette, grande écrivaine, s’apprête à recevoir le prix Nobel de littérature. C’est lors du discours qu’elle fera lors de cette réception qu’elle se souviendra comment elle est devenue écrivaine et qu’elle fera appel aux souvenirs de son tout premier amour, Magnus, avec qui elle a passé un été inoubliable l’année de ses dix ans. Ce roman n’est pas loin du coup de cœur, tant par la délicatesse de l’histoire que par la sensibilité qui émane de chaque phrase. Dès les premières lignes, je me suis totalement laissée porter par l’histoire d’Annette. Certes, elle est simple et pourtant elle est très touchante. Le choix narratif de la première personne est très réussi. Il ne faudra pas oublier que le récit est raconté au travers des yeux d’une fille de dix ans, et que, par conséquent, les mots sont simples. Le tout reste très délicat, sans jamais tomber dans la mièvrerie. Les sentiments sont purs et j’ai totalement été conquise par le récit d’Annette. Au travers de cette histoire d’amour, la protagoniste va se livrer et nous en dire plus sur ce qui lui a permit de réaliser son grand rêve de devenir écrivaine. J’ai trouvé le personnage d’Annette très attachant et très bien travaillé. Les émotions sont bien rendues. La plume est tout en douceur et en totale adéquation avec l’histoire. Chaque mot est choisi avec soin et le tout sonne juste et réaliste. Le récit est découpé en plusieurs petits chapitres et cela donne un très bon rythme à l’ensemble. C’est donc un roman tout en finesse, empli de délicatesse et de sensibilité, sans jamais tomber dans la mièvrerie, bien au contraire. J’ai été conquise par cette très belle histoire.
Note générale
Moyen
Trop acerbe Dorlange, village enclavé au centre de la France. Néo-ruraux et agriculteurs de toujours se livrent une lutte acharnée qui va se voir bouleversée par un événement. Effectivement, ils vont se voir dans l’obligation d’accueillir des réfugiés syriens dans leur village. Antoine, reporter à L’Écho du Temps, se fait chroniqueur de ces événements. C’est malheureusement assez perplexe que je ressors de ma lecture. C’est tout d’abord le côté roman rural qui a attisé ma curiosité. Je trouve qu’il y avait matière à faire mieux, et surtout à faire avec moins de clichés, de poncifs. J’ai eu l’impression constante d’une caricature. Je pensais trouver un ton léger mais il n’en fut rien, bien au contraire. Tout le roman est beaucoup trop caustique à mon goût. Le ton est acerbe, et le personnage d’Antoine a réussi à m’agacer à plusieurs reprises. Le sujet de départ me plaisait beaucoup. J’aurais aimé le voir traité avec plus de sensibilité et plus de finesse. Au niveau de la plume, je n’ai aucun grief, bien au contraire. C’est très bien écrit, le roman est bien construit, mais il m’a manqué plus de finesse, de sensations. De plus, il m’a semblé qu’il manquait un fil rouge à ce roman. En effet, j’ai eu la sensation que l’auteur se perdait en digressions et s’éparpillait parfois un peu trop. Sans être une déception totale, j’avoue malgré tout être un peu passée à côté de ce que l’auteur nous proposait. L’idée de départ était excellente, mais le tout à manqué de sensibilité et je n’ai pas toujours accroché avec le ton acerbe et caustique.
Note générale
Bien
Un roman complexe Lucie Paugham, marionnettiste de son métier, va voir son quotidien totalement chamboulé lorsqu’elle décide de se rendre au cinéma un soir de réveillon. En effet, un inconnu prénommé Alexandre va s’assoir à côté d’elle, et lui fera une requête qui la bouleversera : « Donnez moi une bonne raison, une seule, de ne pas me suicider cette nuit !». Ces mots vont faire écho aux mots prononcés trente ans plus tôt par son propre père qui est passé à l’acte. Elle décidera donc de tout faire pour aider ce jeune homme. Voilà un postulat de départ original et je dois dire que ce roman m’a beaucoup plu, même si j’ai cette impression bizarre d’être ressortie avec une sensation d’inachevé. Cette histoire m’a quelque peu laissée sur ma faim, et j’ai le sentiment que le tout aurait pu être davantage étoffé. Il m’a semblé que par moments, l’auteure se perdait parfois en digressions qui n’apportaient pas un réel relief au propos du récit. Et pourtant, je dois avouer que j’ai dévoré ce roman sans même m’en rendre compte. L’auteure part ici dans une grande originalité et sort des sentiers battus en nous proposant une héroïne marionnettiste. Cela m’a donné l’occasion de mesurer l’ampleur des clichés qui entourent cette profession, les idées reçues que l’on peut avoir à ce sujet. De plus, cette profession sert à la perfection l’intrigue, puisque dans ce récit il sera maintes fois fait référence à la manipulation, au comportement gestuel de tout un chacun. L’héroïne est très complexe, peut-être même trop par moments. Malgré tout, elle reste totalement crédible, avec ses blessures, son quotidien soumis au regard des autres de par sa profession, sa vie de famille peu commune. Je l’ai trouvée très attachante, très bien dépeinte et tout en nuances. J’aurais aimé que l’auteure tente également d’approfondir ses personnages secondaires. Hormis la sœur de Lucie, les autres sont esquissés. La plume est très belle. Chaque mot est choisi avec soin et trouve sa place naturellement dans un assemblage parfait. Malgré tout, il m’a manqué le facteur émotion. Le tout reste un peu froid, un peu technique et laisse peu de place à l’émoi. C’est donc un avis qui peut sembler mitigé. Malgré tout, je ne peux que vous conseiller de découvrir ce roman et de vous faire votre propre idée. Entre originalité et complexité, le tout servi par une belle plume, Sophie Bassignac nous livre ici un roman qui saura faire mouche.
Note générale
Super !
Un roman à ne pas manquer Année 1975. Alors que c’est une époque charnière pour la France, avec bien des chamboulements à venir, cela n’empêche pas les familles d’instituteurs du groupe scolaire Denis-Diderot d’évoluer à leur rythme et presque en autarcie, tant ils s’y sentent bien. Professeurs et élèves vont se côtoyer dans un quotidien simple mais riche en émotions. Ce roman a été un véritable coup de cœur pour ma part. Tout m’a plu, j’ai été conquise et je n’avais pas envie de quitter cet univers que l’auteur a su créer. Jean-Philippe Blondel a su plonger son lecteur dans un microcosme scolaire, où les personnages sont attachants et émouvants. Il a réussi à m’immerger totalement dans cette petite société, dans laquelle je me suis laissée emporter sans jamais me lasser. J’ai beaucoup aimé suivre cette France en pleine métamorphose. L’auteur a su intégrer ces changements à la perfections dans son récit. Ainsi, c’est l’arrivée de la mixité dans les salles de classe, les femmes se battent pour leurs droits. Au travers de personnages simples, l’auteur a su nous parler de ces évolutions. Les personnages sont touchants, tant les instituteurs que les élèves. Tous sont très bien dépeints et émouvants. J’ai été séduite et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre leurs péripéties. L’histoire est simple, banale, mais pourtant d’une grande profondeur. La plume de l’auteur est tout simplement parfaite. Jean-Philippe Blondel a un réel talent de conteur. Chaque mot est placé de manière à créer une harmonie parfaite. J’ai dévoré ce roman sans même m’en rendre compte, tant le style est plaisant. Un véritable coup de cœur pour ce roman simple et pourtant très profond. J’ai adoré me plonger dans ce microcosme scolaire, pendant une période où la France se métamorphose. Un roman à ne pas manquer.
Note générale
Super !
Un thriller percutant Paris. Nathalie Lesage, capitaine de police, va se voir confier une affaire des plus délicates. Elle devra démanteler une branche de proxénétisme surnommée « Gorgona » et qui sévit depuis plusieurs mois dans la capitale. D’horreurs en horreurs, elle ne fléchira pas pour résoudre l’affaire. Voilà un thriller qui m’a totalement chamboulée, de par le côté cru de l’intrigue. L’auteur n’épargne pas son lecteur et le fait plonger dans tout ce qu’il y a de plus noir et de plus dur à supporter. J’ai été totalement happée dès la première ligne. L’auteur a su créer un personnage féminin qui portera l’intrigue, presque à elle seule. Avec son caractère bien trempé, elle ne va reculer devant rien pour découvrir la vérité et atteindre son but. J’ai totalement accroché à ce personnage haut en couleurs, mais qui est pourtant à fleur de peau. On sent ses fêlures, ses failles, mais sa force est bien présente. L’intrigue est complètement prenante. Une fois que j’ai débuté ce roman, il m’a été très difficile à lâcher tant je voulais savoir la suite. Le roman est très bien construit, et chaque chapitre a pour titre une date, l’endroit où l’on se trouve et l’heure, ce qui favorise totalement la compréhension de la temporalité. Beaucoup de rebondissements sont présents dans cette histoire qui va à toute vitesse. La plume de l’auteur est très plaisante et addictive. Elle est très acérée, incisive et percutante. C’est en totale adéquation avec l’intrigue. Ce thriller est très bien écrit. J’ai eu beaucoup de mal à le lâcher, même si j’ai fait quelques pauses pour souffler un peu et sortir de cette chape de plomb que l’auteur a su créer. Un thriller sans fard, incisif, percutant, puissant et qui ne laisse aucun répit à son lecteur tant l’auteur aura réussi à l’immerger dans son intrigue. Une excellente lecture que je vous recommande sans hésiter.
Note générale
Bien
En quête du passé Cléo est une jeune femme en quête de ses racines et de son passé. Elle décide d’en apprendre plus sur ce grand-père espagnol exilé, Adrián. Étant très petite lors de sa disparition et se souvenant très mal de lui, elle va décider de reconstituer le puzzle. Personne ne lui révèle quoi que ce soit dans sa famille et pour tout point de départ, elle n’aura qu’un cartable avec des documents importants. Une longue quête va alors débuter. C’est tout d’abord le contexte historique qui m’a donné envie de lire ce roman, et c’est une réussite, même si j’en attendais davantage malgré tout. Le passé de ce grand-père se situe pendant le régime de Franco et son exil. J’ai trouvé cela très intéressant. J’aime beaucoup les romans qui mêlent habilement la petite histoire à la grande Histoire. J’ai beaucoup aimé la quête de Cléo, ce besoin viscéral qu’elle a de savoir. L’auteure abordera la problématique des non-dits dans les familles, et ses conséquences désastreuses sur ses membres. Cleo est tout simplement touchante, mais j’ai également apprécié la force dont elle fait preuve pour se lancer dans cette recherche. L’intrigue est bien menée, mais j’avoue avoir ressenti quelques longueurs parfois. D’autre part, je n’ai pas réussi à toujours ressentir l’émotion que j’attends, en particulier dans ce genre d’histoire. Je suis restée parfois en retrait et je n’ai pas toujours pu m’impliquer totalement dans ce que je lisais. La plume de l’auteure est parfaite. J’ai vraiment accroché à son style délicat et empli de subtilité. C’est une très belle réussite pour un premier roman. C’est donc une très belle histoire de quête de soi, de ses racines, où l’auteure explore les non-dits et ses conséquences, le tout sous fond historique. Même si j’aurais aimé ressentir encore plus d’émotions, c’est une très belle découverte.
Note générale
Super !
Mensonges et conséquences Nymphea, jeune fille de dix-sept ans, mène une vie banale. Elle qui rêve de changement se voit bloquée dans un quotidien routinier. L’été, elle vend des glaces. Malgré tout, rien ne vient embellir ses journées. Un jour, alors qu’elle s’absente un laps de temps, Avishaï, ancien chanteur dans son déclin, va entrer dans la boutique. Lorsque revient Nymphea, elle va se faire insulter par Avishaï, qui trouve inadmissible de devoir attendre. La jeune fille fond en larmes et court se réfugier dans l’arrière-cour. Le chanteur lui court derrière, lui prend le bras. En criant, Nymphea va attirer les gens et l’on va enfin s’occuper d’elle, accusant Avishaï de tentative de viol. Elle ne fera rien pour démentir et mettra en route un engrenage duquel il lui sera très difficile de s’extirper. Voilà un roman qui va aborder la thématique du mensonge et ses conséquences pendant toute l’intrigue. L’auteure a su explorer à la perfection les affres du mensonge, les causes qui peuvent pousser à mentir et les conséquences désastreuses que cela peut engendrer. Elle traitera ce sujet sans fard, en usant un ton caustique, mais également sans juger et en impliquant son lecteur pour essayer de comprendre les raisons. Le personnage de Nymphea est très bien campé. Elle est tout en nuances et très travaillée, et l’on s’attache d’emblée à elle. Elle se sent totalement à l’étroit, vivant parfois même dans l’ombre de sa petite sœur. Il y a une réelle évolution de ce personnage tout au fil des pages. Elle n’est jamais statique. L’intrigue est très prenante, et l’on a réellement envie d’aider Nymphea à sortir au plus vite de l’engrenage où elle s’empêtre de plus en plus. On voudrait tellement qu’elle aille révéler la vérité et l’aider à le faire. La plume est très plaisante. Ce roman se lit vraiment très vite. L’auteure alterne un ton caustique et beaucoup de délicatesse dans l’écriture. C’est une totale réussite. Un roman sur les mensonges, sur ses conséquences, avec un personnage principal très bien campé. Une très belle découverte pour ma part et que je vous recommande.
Note générale
Bien
Un très beau roman Suite au suicide de son fils, une mère va imaginer un dialogue avec lui pour pouvoir faire face à cette terrible épreuve. On assiste à la rencontre intellectuelle de deux esprits créatifs. Il est très difficile de faire une chronique de ce roman tant le sujet est délicat et de se permettre de juger des mots d’une mère qui souffre l’innommable. Au travers des mots, cette mère va tenter de faire face à ce deuil, et tenter ainsi d’aller de l’avant. C’est un très beau roman, très intimiste, où le lecteur assiste aux échanges entre cette mère et ce fils, tout en étant presque gêné de s’immiscer ainsi. On est simples spectateurs et l’on se laisse bercer par les mots. Malgré le sujet très difficile, le tout est abordé avec énormément de pudeur et de sérénité. La plume de l’auteure est vraiment très belle. Par contre, je dois avouer que j’ai été perturbée par la schématique narrative de ce dialogue interne avec son fils, puisqu’il n’y a pas de tirets pour nous indiquer qui parle et cela peut perturber au début. Cela reste un détail. Un très beau roman abordant le deuil et la reconstruction, de manière très délicate.
Note générale
Super !
Un roman sur les affres de la culpabilité Pax, acteur de seconde zone et qui a du mal à percer, voit un jour son rêve se réaliser. Son agent l’appelle pour lui dire qu’il a été repéré par un grand réalisateur, pour tenir un rôle secondaire auprès de grands acteurs. Il décide donc de rentrer chez lui pour se changer avant son rendez-vous. C’est là qu’il va entendre des bruits suspects à l’étage du dessus. Persuadé qu’il ne s’agit de rien et ne pensant qu’à son rendez-vous, il n’agira donc pas. Lorsqu’il rentre et qu’il apprend que la victime est un jeune étudiant qui a été passé à tabac, la culpabilité va le ronger sans fin. Voilà un roman pour lequel j’ai réellement eu deux avis distincts pendant ma lecture. Et c’est finalement conquise que j’en ressors. J’avoue que j’étais sceptique au début. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, et surtout, je trouvais Pax assez arrogant et imbu de lui-même. Je me suis totalement trompée, puisqu’il va se dégager de ce personnage une grande humanité. L’auteure va explorer les affres de la culpabilité et elle le fait remarquablement bien. Outre les mots qui sont choisis avec soin, elle a su brosser une galerie de personnages très attachants, humains et ayant énormément d’empathie. Elle nous fait nous questionner en tant que lecteur, mais sans jamais avoir l’envie de juger la situation inextricable dans laquelle se retrouve plongé Pax. Grâce à la sensibilité qui se dégage des personnages, le lecteur se sent proche d’eux, tâche de comprendre les guerres intérieures qui les assaillent. Si, comme je le disais au début, j’ai eu du mal avec le personnage de Pax durant les premiers chapitres, je me suis rendue compte que je m’étais totalement trompée. Ce personnage a su me convaincre, me toucher, m’émouvoir. La culpabilité qui l’assaille est un véritable fardeau qui pèse sur ses épaules. Les autres personnages sont également réussis, notamment Alexis, le jeune homme agressé et sa mère. L’auteure a su rendre à la perfection le combat mené par Alexis pour se remettre de cette agression. La plume de l’auteure est belle, sans fioriture. Les mots sont choisis avec soin et sonnent justes. Je ne connaissais pas Valérie Tong Cuong et cela m’a donné envie de découvrir un autre de ses écrits. Voilà un roman sur les affres de la culpabilité, ses conséquences, traité avec beaucoup de délicatesse et au travers de personnages sensibles et profondément humains. Je recommande sans hésiter.
Note générale
Super !
Un roman très nostalgique Tous les étés depuis plusieurs années, un groupe d’enfants se retrouve sur une île grecque. Effectivement, leurs parents, archéologues, travaillent sur les fouilles d’un chantier. Dès lors, et pendant toute la durée de ces vacances, l’insouciance et l’amitié seront de mise. Voilà un roman de toute beauté et que j’ai dévoré, tant il m’a plu. Et pourtant, il ne se passe pas vraiment grand chose et le tout reste très contemplatif. Mais que c’est nostalgique. Ce court roman a toutes les allures du conte initiatique, avec pour toile de fond le temps qui passe et cette nostalgie d’une enfance insouciante. Le narrateur, dont on ne saura rien, même pas à la fin, nous raconte donc le quotidien de ces enfants sur cette île idyllique. On va les voir évoluer d’années en années, passer d’un espoir à chaque fois renouvelé de revenir dans cet île l’été suivant, à un état de lassitude au fur et à mesure qu’ils vont grandir. L’auteure nous conte cette enfance qui s’envole trop vite, ces moments d’éternité avant de devenir adolescent et adulte. Elle le fait remarquablement bien, au travers du portrait des quelques enfants qui vont tout partager pendant ces mois d’été. Elle a su faire évoluer ces personnages dans le temps, ne les a pas gardés statiques, bien au contraire, les a bien nuancés et très bien dépeints. La plume de l’auteure est très particulière, et ce sera mon petit bémol en ce qui concerne ce roman. Effectivement, je n’ai pas toujours adhéré à son style, trouvant parfois les phrases tournées d’une manière trop spéciale et qui ne facilitent pas forcément la compréhension. Malgré tout, ceci reste en l’occurrence un détail qui n’aura pas émaillé mon plaisir de lecture. Voilà donc un roman qui mettra en exergue l’enfance et son insouciance, et le temps qui passe et nous change. Un très beau roman aux allures de conte initiatique, que j’ai fortement apprécié et que je vous recommande.
Mon territoire
Mon territoire Super !
Note générale
Super !
Une pépite Californie, North County. Une lutte de territoire fait rage. Harley, jeune femme de vingt-deux ans va se battre pour la terre qui lui revient de droit. À huit ans, elle assiste à la mort violente de sa mère et voit son père, grand baron de la drogue, tuer un homme pour se venger. Dès lors, c’est avec la peur au ventre qu’il élèvera sa fille Harley. Il lui enseignera à se défendre, à se battre, tout ce qui lui permettra un jour de reprendre ce qui lui revient de droit : ses terres, le foyer pour femmes en détresse créé par sa mère et les affaires de son père. Voilà un résumé qui n’est en réalité qu’une esquisse d’une intrigue complexe, rondement menée, et aux multiples rebondissements. C’est pourquoi j’ai choisi de ne pas en dire plus, pour vous laisser découvrir au fur et à mesure ce thriller dense et parfaitement maîtrisé. Vous l’aurez compris, pour ma part, cette lecture s’est avéré être une totale réussite. S’il est vrai que le nombre de pages peut de prime abord faire peur, celle-ci s’est vite estompée et je n’ai pas vu défiler les presque 600 pages de ce thriller. L’auteure a créé un postulat de départ qui m’a conquise. Le fait de créer un personnage féminin complexe et très bien dépeint, évoluant dans un monde d’hommes, fait de brutalité, a été une excellente idée. Toute l’histoire sera narrée par Harley, et l’auteure va alterner les chapitres entre le présent et cette lutte acharnée de territoire, avec les épisodes du passé, pour ainsi comprendre les éléments qui ont construit Harley. Ce schéma narratif est tout simplement maîtrisé à la perfection. Je ne m’y suis jamais perdue, les indications temporelles sont très bien respectées. S’il est vrai que j’ai eu tendance à préférer les chapitres narrant le passé d’Harley, je ne me suis pas moins laissée entraîner dans ses aventures présentes. Je suis passée par beaucoup d’émotions dans ce thriller. Malgré un rythme qui ne laisse pas de répit au lecteur, il y a des scènes bouleversantes à plusieurs reprises. La relation entre Harley et son père est très bien décrite, avec toute sa complexité. L’auteure a su creuser ses personnages. Pas de superficialité ici, bien au contraire. L’un des éléments de la fin m’a laissé un goût amer, et je ne m’y attendais pas du tout, j’ai été totalement surprise et bouleversée. La plume est entraînante et ce thriller file à toute vitesse. C’est bien écrit, je n’ai jamais ressenti de longueurs. J’ai été totalement happée dès le départ, et l’auteure a su me faire rentrer dans son histoire pour ne plus avoir envie d’en sortir jusqu’au dénouement. Un personnage principal complexe, une intrigue qui ne laisse aucun répit à son lecteur, beaucoup d’émotions : ce sont les ingrédients principaux de cette petite pépite littéraire. À découvrir.