Avis client

27011213
Actif depuis le 17 juillet 2011
Dernier avis le 24 septembre 2018
519 avis rédigés
4.5/5 évaluation moyenne
361 notes utiles

Note générale
Super !
Un vrai film des années 60 En adaptant Thérèse Desqueyroux, de Mauriac, avec la participation de l'auteur et de Claude Mauriac, Franju a choisi de ne pas faire un film d'époque (le roman date de 1927). Forcément, il y a un décalage et certains discours ne seraient plus de mise après la guerre. La voix off, très littéraire et très (trop ?) présente peut faire croire à la vassalisation du cinéaste par le romancier. En réalité, Franju a gommé l'inspiration chrétienne, mais en revanche il a bien saisi l'esprit des années 60 qui préparaient la révolte et les remises en cause que l'on sait. Une jeune femme d'autrefois, déçue par l'incompréhension dans le couple, par la sexualité subie, par un mari péremptoire, sans imagination ni indépendance d'esprit, partisan conformiste de la domination masculine, inconsciemment égoïste, en vient à tenter d'empoisonner son époux. Et c'est elle qu'on comprend, c'est à elle qu'on s'intéresse. On pourrait reprocher quelque chose à Franju : en choisissant dans le même film les deux actrices au physique le moins sensuel de leur génération, Emmanuelle Riva et Édith Scob, celle-ci dans un rôle moins important, il semble accréditer l'idée qu'il faut choisir entre l'intelligence et l'incarnation dans le monde. Le film n'est pas traité comme 'un fait divers, il s'agit d'une histoire intérieure, que le visage et la voix d'Emmanuelle Riva, d'une extraordinaire richesse de nuances et d'expression, nous transmettent directement. Philippe Noiret est aussi admirable dans son personnage raide, mais pas inhumain. Et à la fin du film, c'est la femme tournée vers la vie de l'esprit qui nous semble manquer d'empathie, alors que le mari obtus s'humanise.
Note générale
Moyen
Ruiné par la voix off... Ce film aurait pu être une réussite, mais hélas la voix off qui lit des extraits du roman de Jean Cocteau et qui nous indique ce que nous avons déjà compris à l'écran le rend souvent pénible. De plus, la voix très particulière, insistante et rugueuse, de Jean Marais, rend ce choix plus désagréable encore. Dans Thérèse Desqueyroux, aussi de Franju, la voix off avait une utilité, puisqu'elle indiquait les pensées de Thérèse. Ici, on se demande... Ce qui fait néanmoins l'intérêt du film est la manière dont il traite un cas psychologique et surtout le regard qu'il porte sur la guerre (de 14) du point de vue de ceux qui la subissent, sans aucune concession aux sentiments héroïques et à l'action, qui fait les films de guerre en général. Il se dégage de la guerre comme une étrangeté et c'est assez unique. Côté acteurs, Fabrice Rouleau a pratiquement l'âge du rôle et convainc (on a pris soin de le montrer sans lui faire tenir de longs discours, mais ce qu'il dit et fait sonne juste). Hélas, la grande Emmanuelle Riva, si elle réussit à incarner une aristocrate brillante, gêne par sa diction hachée, artificielle. Jean Servais, sombre, est lui sans reproche.
Note générale
Moyen
Contraintes Ce CD correspond exactement au premier CD de l'intégrale des symphonies de Beethoven. Chailly se fixe des contraintes : se rapprocher du style baroqueux avec un orchestre moderne comme le Gewandhaus, adopter les tempi préconisés par Beethoven (mais pourtant le résultat n'a jamais convaincu). Hélas, ces contraintes ou cette méthode artificielle ne remplace pas le vrai sentiment des oeuvres (écoutez Jochum DG ou Keilberth dans la Première, par exemple). Tout de même, les qualités du Gewandhaus ne sont pas détruites et la mise en place indique que les répétitions ont été attentives. La première symphonie est plutôt ratée. Chailly traite le premier mouvement avec une énergie agressive (et fatigante !), là où d'autres exaltaient sa sérénité.C'est à peu près pareil pour le menuetto. L'andante va vite, mais il ne va nulle part. La deuxième symphonie est mieux réussie, sauf le premier mouvement. L'ouverture de Prométhée est réussie, mais les tentatives artificielles d'animation de Leonore III déçoivent. La rapidité excessive est pénible, mais le résultat en valait-il la peine ?
Note générale
Bien
Un Schubert un peu péremptoire La grande qualité de Böhm dans Schubert, c'est sa mise en valeur de la beauté de l'orchestre de Berlin, son ampleur sereine et confortable, avec un certain poids. C'est ce que faisait Münchinger pour celui de Vienne, aux caractéristiques très opposées. Les autres grandes qualités sont la solidité de la construction et la justesse des phrasés, avec une grande régularité de tempo, un peu raide parfois. Dans son genre, cela peut donner l'impression d'une certaine perfection. Il n'y a pas l'approfondissement, qui peut étouffer le charme et la poésie, de Sawallisch : le Schubert de Böhm va tout droit et s'il a été pensé, il ne donne pas l'impression de chercher midi à quatorze heures ou de détailler à l'excès. C'est très beau, mais on peut avoir des réserves. Une symphonie paraît réussie, dans un style très traditionnel évidemment, mais un mouvement devient insupportable de lenteur, souvent le menuet ou le scherzo, parfois le finale. Böhm est-il un vrai schubertien ? Ses interprétations ne sourient guère quand il le faudrait. Il manque aussi un peu de souplesse et surtout de mystère nocturne. Böhm fait de Schubert un rationaliste. Mais l'Inachevée et la 9e sont souvent le point faible des intégrales. C'est là qu'il faut être schubertien. Certes, la 9e est remarquable par son autorité. Mais à la fin du 1er mouvement, le retour inattendu du thème de l'Andante peut apporter comme une révélation (voir Bruno Walter avec Columbia). Ici, c'est survolé. Dans le deuxième et dernier mouvement de l'Inachevée, on peut apprécier cette direction calme et la beauté formelle, mais il ne se passe rien dans la conclusion. Cependant, Böhm n'est pas aussi froid que Kertész et surtout Maazel. Dans le Menuetto de la 5e, il donne au trio un charme qu'on n'attendait pas de lui.
Note générale
Super !
Schumann clarifié sans trahison Sawallisch, chef rationnel, ne semblait pas le plus apte à traduire la fièvre schumannienne et pourtant elle y est comme jamais, à la différence de la version Kubelik-DGG. L'orchestration souvent touffue et compacte de Schumann avait été simplifiée en catimini par Szell. Ici, tout y est, mais clarifié. C'est la fidélité même, quoique on puisse aimer aussi le caractère plus massif de Konwitschny, qui assume pleinement le manque d'aération de l'orchestre. Certes Furtwängler avait donné une grandeur indépassable à la 1ère et à la 4e symphonies. Il reste que cette intégrale est probablement la meilleure et la plus complète, et ceci depuis 45 ans, malgré Eschenbach à Bamberg. Chose assez rare chez EMI, la technique d'enregistrement est assez optimale, claire, aérée. Le vif-argent de Schumann, qui cohabite avec un foisonnement profus et qui peine à trouver son ordre, est d'autant plus présent que Sawallisch dirige ici les musiciens d'élite de la Staatskapelle de Dresde. Leur absence d'inertie collective rend possibles le dynamisme, la clarté et l'impression relative de spontanéité que dégage cette interprétation. Il existe une édition plus récente (2015) de ce double CD.
Note générale
Super !
Schumann clarifié sans trahison Sawallisch, chef rationnel, ne semblait pas le plus apte à traduire la fièvre schumannienne et pourtant elle y est comme jamais, à la différence de la version Kubelik-DGG. L'orchestration souvent touffue et compacte de Schumann avait été simplifiée en catimini par Szell. Ici, tout y est, mais clarifié. C'est la fidélité même, quoique on puisse aimer aussi le caractère plus massif de Konwitschny, qui assume pleinement le manque d'aération de l'orchestre. Certes Furtwängler avait donné une grandeur indépassable à la 1ère et à la 4e symphonies. Il reste que cette intégrale est probablement la meilleure et la plus complète, et ceci depuis 45 ans, malgré Eschenbach à Bamberg. Chose assez rare chez EMI, la technique d'enregistrement est assez optimale, claire, aérée. Le vif-argent de Schumann, qui cohabite avec un foisonnement profus et qui peine à trouver son ordre, est d'autant plus présent que Sawallisch dirige ici les musiciens d'élite de la Staatskapelle de Dresde. Leur absence d'inertie collective rend possibles le dynamisme, la clarté et l'impression relative de spontanéité que dégage cette interprétation.
Note générale
Super !
Compilation de grande qualité La présentation pourrait faire fuir l'amateur et de telles compilations ne sont bien souvent que des alignements de passages censés plaire à l'auditeur néophyte. Rien de tel ici. On a 5 CD séparés (ce n'est pas un coffret) comprenant des interprétations des catalogues Decca et Philips souvent très bonnes, quoique sans aucun texte de présentation et les minutages sont généreux. Deux cas, soit le CD est déjà sorti comme tel avec une présentation plus valorisante, soit il s'agit d'une combinaison faite pour l'occasion. Les CD 3, 4 et 5 correspondent au 1er cas, les CD 1 et 2 au second. Voici le contenu. CD 1 : la musique de scène de Rosamunde par Haitink, un sommet, avec une bonne version de l'Inachevée (Philips l'avait publiée, mais incomplète). CD 2 : Un extrait de l'intégrale des symphonies par Kertész, les 5 et 9. CD 3 : La Jeune Fille et la Mort par les Italiano, version célèbre mais un peu extravertie, suivie du Quintette La Truite par le Beaux-Arts Trio, version superbe techniquement mais qui ne sourit guère. CD 4 : la célébrissime version du Quintette pour deux violoncelles et du Quartettsatz par le Weller Quartett. CD 5 : la sonate en ré D 850, les Moments Musicaux et deux Impromptus par Clifford Curzon, de bonnes versions, quoique il en est de meilleures. Il s'agit toujours d'enregistrements postérieurs à 1960, bien que j'ai un doute pour les deux Impromptus.
Note générale
Moyen
Film à sketches d'époque Dans l'exemplaire que je connais et qui correspond à cette présentation, les cinq sketches sont bien présents. Il s'agit d'un film franco-italien de 1965, en noir et blanc, et l'esprit de notre époque n'est plus le même. Certain(e)s peuvent rejeter. Les deux meilleurs sketches sont de Jean Delannoy et sont au début et à la fin, les autres sont de réalisateurs italiens assez obscurs et ce ne sont pas les meilleurs (d'où certaines éditions qui éliminent le second). Bien. Dans un lit à deux places, on peut certes dormir, mais un film qui prend ce sujet peut glisser vers le grivois. Ça n'a pas manqué, même s'il y a aussi du curieux, de l'ingénieux. Le premier sketch est une farce bien construite, mais souffre du fait que Jean Richard en fait des tonnes. Les personnages principaux sont deux adolescents amoureux, même si le jeune homme semble s'être trompé d'orientation, ce qui ajoute un intérêt psychologique à cette histoire (et, question de tromperie, on se trompe beaucoup de lit, mais je ne dévoile pas l'intrigue). Dans le dernier, un fiancé au caractère faible, joué par Jacques Charon, qui subit un futur beau-frère abusif, reçoit une compensation à ses mésaventures avant le mariage, sous la forme attrayante de la sympathique Dominique Boschero... Le film finit donc bien et la mariée aura peut-être un partenaire un peu plus expérimenté. A mon avis, ça se regarde sans trop d'ennui, mais pas plus. Il semble bien que l'éditeur n'ait pas respecté le format d'origine.
Note générale
Bien
Compilation Cette compilation comprend le quatuor "La Jeune Fille et la Mort" par le Quartetto Italiano et le Quintette "La Truite" par le Beaux-Arts Trio (dans sa seconde formation, avec Isidore Cohen au violon ), Samuel Rhodes, alto et Georg Hörtnagel, contrebasse. Pour le 14e quatuor, l'interprétation des Italiano n'est pas ma préférée. Elle est magnifique instrumentalement et l'enregistrement est de plus admirable, comme souvent chez Philips, mais je lui trouve des emballements assez péremptoires et à la limite du spectaculaire, surtout dans le premier mouvement. L'extraversion convient peu à Schubert. La Truite est cependant bien plus critiquable. Là aussi, la perfection du jeu est incontestable et l'enregistrement de 1975, donc plus tardif, est bon, malgré une certaine réverbération (mais il y a bien pire à l'époque). Ce qui manque, c'est le sourire dont cette oeuvre légère et bon enfant a besoin. C'est une version qui a grande allure, qui est approfondie, très articulée, mais qui souffre de l'esprit de sérieux. Une autre version très fouillée et sérieuse que certains placent au sommet, celle de Serkin, a tout de même plus de poésie.
Note générale
Super !
Interprétations approfondies, légères et vibrantes Münchinger est maintenant oublié, d'autant qu'il s'était spécialisé en fin de carrière dans le Bach non baroqueux, ce qui n'était pas un choix d'avenir. Il savait pourtant faire autre chose, notamment Haydn, Schubert. Hélas, son intégrale n'est pas complète, car il y manque la Première Symphonie, certes la moins significative, mais c'est fâcheux pour être concurrentiel. Enregistrements de 1955 (les Danses et Menuets) à 1974 (Rosamunde). Dans les symphonies, les mieux réussies sont les 4e et 6e, ensuite la 2e. Comme d'habitude, on cherchera l'Inachevée et la Grande en dehors des intégrales (et même des quasi-intégrales !). Il peut y avoir un certain déficit d'émotion dans le cas de l'Inachevée et de certains mouvements lents, par rapport aux versions les plus profondes. Quant à la 9e, c'est la seule qui ne soit pas avec les Wiener Philharmoniker, mais surtout Münchinger gâche l'effet de l'introduction en la prenant trop lentement; le reste est satisfaisant. Mais aucune symphonie ni aucune autre œuvre n'est ratée. Mais à part ça, que de qualités et quelle originalité, qui font de ces interprétations quelque chose d'unique ! Le Schubert de Münchinger est juvénile, qualité pour un compositeur mort à 31 ans, il est printanier. Münchinger réalise avec l'orchestre de Vienne un travail d'orchestre magnifique : de la légèreté, celle que cet orchestre permet, de la grâce, des sonorités fines et acérées, qui font penser à ce que fera Carlos Kleiber. Le travail sur les partitions, clair et précis, est impeccable, rien de survolé ou de superficiel, ni dans l'architecture ni dans les détails, rien de routinier, tout vit, tout frémit. Les tempi sont toujours proches de l'idéal. Une conséquence peut être cependant un certain manque d'élégance de la ligne, qu'on trouve dans des interprétations plus lisses. On aime ou on n'aime pas et je sais que d'autres seraient moins élogieux. La musique de scène de Rosamunde a les mêmes caractères, en un peu moins réussi peut-être.
Note générale
Super !
Métaphore du communisme Ce film de 1966 de Jan Nemec est d'une incontestable originalité. Dans une journée à la campagne, des personnes ordinaires sont victimes du comportement envahissant, à la limite du sinistre, d'un groupe de nouveaux arrivants. On est un peu dans l'atmosphère cruelle et absurde d'un roman de Kafka. C'est une satire des communistes, bien déguisée. Le communisme est une structure d'accueil, mais dont on n'a pas le droit de sortir. Vous êtes invités, vous n'avez pas le choix. Et pourquoi sortirait-on, puisque ces gens se veulent si sympathiques, sans chercher à masquer qu'au besoin ils sauront user de l'arbitraire et de la brutalité ? Chacun des nouveaux maîtres a sa personnalité, la brute épaisse, le sadique pervers, le patron bonhomme et faussement bienveillant, qui comme dans l'article de Staline Le Vertige du Succès, rend ses subordonnés coupables des excès. Face à eux, chacun réagit selon ce qu'il est, leur sert la soupe avec servilité, mais il y a aussi des dissidents, silencieux (le personnage que que joue Evald Schorm). Il fallait cependant que le vrai tragique soit dissimulé afin qu'on reste dans la métaphore, d'où la fin elliptique de ce film qui dure à peine plus d'une heure. Les bureaucrates ont forcément compris qu'il s'agissait d'eux, ce qui n'a pas servi la carrière du film et de Nemec. Très belle restauration de Malavida, avec notamment la bande son très travaillée, et qui nous est rendue dans toute sa pureté.
Note générale
Bien
Sujet original et acteurs de légende Le réalisateur de ce film de 1948 n'est pas un génie et un peu d'habileté aurait permis d'éviter les voix off. Mais le scénario rend crédible cette histoire de meurtre indirect par téléphone (pour une version plus légère, un passage du Père Noël est une Ordure ! ) et les dialogues incisifs de Pierre Laroche donnent au film une atmosphère d'intelligence, ce qui n'était pas forcément prévisible. Enfin, le mérite du résultat revient aussi aux acteurs, surtout à deux d'entre eux. Charles Vanel, personnage dominateur et rugueux comme à son habitude, mais ici rongé par la culpabilité, Pierre Larquey, sa prosodie inimitable et son ambiguïté dans un personnage dont le caractère ne se précise que progressivement. Les autres mettent beaucoup de talent, y compris à faire vivre et à rendre vraisemblables des personnages conventionnels et quelconques.
Note générale
Super !
Générosité Le vrai sujet de Die Frau ohne Schatten est, l'acceptation de la générosité et de la vie, sous la forme, que notre époque est libre de trouver conventionnelle, de l'amour conjugal et procréateur. C'est pourquoi cette interprétation de Joseph Keilberth en 1963 est peut-être la plus adéquate de toutes, même si les deux versions Böhm en 1955 sont sans doute plus grandes encore. On le doit à la personnalité de Joseph Keilberth dans un de ses enregistrements les plus incontestables, mais la distribution est également magnifique. Dès le début, face à la Nourrice de Martha Mödl, Hans Hotter, Wotan donc, est un puissant, immense, rayonnant Geisterbote. Et le reste de la distribution est d'un niveau remarquable : l'Empereur de Jess Thomas, l'Impératrice d'Ingrid Bjoner, le Barak de Dietrich Fischer-Dieskau, la Femme d'Inge Borkh. Certes Mödl est en déclin depuis longtemps, Borkh n'est plus à son sommet, la voix de miel de l'adorable Bjoner ne fait pas oublier Rysanek, DFD est un peu trop patricien pour un Barak et d'ailleurs un baryton-basse est plus adéquat dans le rôle. L'atmosphère, cependant, dépend du chef. Est-ce l'émotion de la réouverture du Nationaltheater München, reconstruit après son bombardement en 1943, qui explique que Keilberth crée une atmosphère exceptionnelle tout au long des trois bonnes heures que dure l'opéra ? La chaleur et la bonté qui se dégagent de cette direction sont ce qui rend cette version unique.
Note générale
Super !
Une édition d'une rare qualité Il y a quelques années, l'orchestre de Bamberg a été considéré comme le 6e d'Allemagne en qualité, mais il n'a pas forcément toujours eu une réputation aussi enviable. Autant dire que Deutsche Grammophon, qui a obtenu le droit d'exploiter des enregistrements d'autres firmes, était tenu de faire un travail excellent afin de faire valoir un orchestre moins vendeur que Berlin, Dresde ou Vienne. Et justement, cette édition est un vrai miracle, miracle de goût dans l'ordre des morceaux, mais surtout miracle dans le traitement des enregistrements. L'orchestre a maintenant une salle ultra-moderne, mais jouait jusque là dans le Dominikanerbau, une église à l'acoustique redoutable. Or, on ne s'en douterait pas à l'écoute de ce coffret. Comparez par exemple ce qui a été fait pour l'enregistrement de la 1ère symphonie de Beethoven par Joseph Keilberth avec le résultat plus confus qu'on trouve dans l'édition Icon consacrée à ce chef. Avoir rendu sa noblesse à la pensée musicale de Joseph Keilberth mérite tous les éloges, toute notre reconnaissance. On retrouve l'orchestre avec presque tous ceux qui ont été ses chefs principaux depuis 1946, époque où des musiciens venus notamment de l'ancien orchestre allemand de Prague, expulsés donc, ont fondé un nouvel orchestre dans cette petite mais magnifique ville. Keilberth, Horst Stein et Jonathan Nott ont le plus longtemps eu la responsabilité des Bamberger Symphoniker, mais on retrouve aussi dans les 17 CD un grand nombre de chefs invités, d'ailleurs plus de remarquables Kapellmeister que de vraies vedettes internationales.